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Mardi 18 décembre 2007
coteaux-001.jpgJeudi 20 Décembre aura lieu à Toulouse (centre des congrès Pierre Baudis, 20h) la conclusion du débat public relatif au grand contournement autoroutier (GCA) de Toulouse. Espèce de synthèse des débats, ce sera l'occasion d'entendre et de réentendre les arguments  portant essentiellement sur l'opportunité ou non de construire une telle infrastructure. Je ne reviendrai pas sur l'absurdité environnementale de la construction de nouvelles autoroutes (ce n'est pas moi qui le dit c'est une conclusion du Grenelle !). J'exposais mon point de vue à l'issue de la première réunion.

En fait je souhaiterais me pencher sur deux points. Le trafic de transit aux heures de pointes et les propositions  de Gabriel Jourdan exposées lors de la dernière réunion (28/11 à Labège) consacrée exclusivement à la problématique des transports  dans l'aire métropolitaine (verbatim).

Le dossier de base du débat public évoque les différents types de trafic sur le rocade toulousaine et en particulier celui de transit, le plus concerné par le GCA. Il représente entre 5% (à l'ouest) et 15% (à l'ouest) du trafic total en moyenne. Hors il me semble que le problème de congestion de la rocade existe essentiellement aux heures de points (7h30-9h30 et 16h30 - 19h). C'est à ces périodes qu'il faudrait chiffrer le trafic potentiel que le GCA retirerait du périph' , c'est à dire le transit, afin de juger de son intérêt. J'ai donc posé une question écrite à la commission. Je retranscris ci-dessous leur réponse :

"Dans le dossier, la partie du transit n'est chiffrée que par rapport aux moyennes journalières.
Avez-vous chiffré cette part aux heures de pointes car l'objectif d
e soulager le périph' actuel doit être étudié aux heures de pointes si l'on veut réduire les bouchons ?

Cette question portant sur le projet soumis au débat, elle a été communiquée à la personne publique responsable du projet dont voici la réponse telle qu'elle nous a été transmise.

Les enquêtes de circulation (cordon routier 2003- 2004) qui ont permis de calculer le trafic de transit ont été réalisées hors vacances scolaires sur des journées entières hors week-end durant des périodes "ordinaires" de circulation. Les chiffres fournis par ces enquêtes correspondent donc au trafic de transit quotidien d'un jour "ouvrable".

La méthodologie d'enquête qui respecte les règles de l'art en la matière ne permet pas d'indiquer un pourcentage précis de transit par heure avec une validité statistique suffisante.
Les marges d'insécurité sont en effet trop importantes en raison de la réduction de la taille de l'échantillon mesurée et des marges d'erreur sur les réponses des usagers enquêtés.
La répartition du trafic de transit sur la journée permet cependant d'indiquer que sa part dans le trafic global à l'heure de pointe doit être légèrement plus faible (1 à 2 %) que la part en moyenne journalière."

rocade-003.jpg Conclusion, ce chiffrage, qui me parait indispensable, n'a pas été réalisé et je pense que les 1 à 2% en moins évoqués sont très sous-estimés car les bouchons me semblent constitués essentiellement de personnes habitant l'aire urbaine et allant travailler dans celle même aire et non pas de personnes en transit (il n'y a d'ailleurs pas beaucoup de camions).

Concernant le brillant exposé de G. Jourdan (Maître de conférence, Institut d'urbanisme de Grenoble), il a rajouté de l'eau à mon moulin et à pas mal de monde je pense car son intervention a été sans conteste la plus applaudie !
Le GCA permettrait de décongestionner le périph'  temporairement et ainsi réduirait les temps de parcours sur ce dernier, donc accroîtrait  le trafic et éloignerait encore l'habitat des zones de travail ce qui fatalement conduirait à terme à une situation similaire à ce qu'elle était avant. L'offre créé en effet très rapidement la demande.
Or, la congestion est un facteur d'équilibre. La solution ? "l'autoroute apaisée" limitée à 70 km/h (rocade, autoroutes et voies rapides de l'aire métropolitaine). Cette vitesse est optimale pour la fluidification du trafic et la lutte contre les bouchons. D'autre part, elle permet de réduire le nombre d'accidents (et de polluer moins, c'est à cette vitesse que les moteurs ont leur meilleur rendement, NDLR). 
Cette vitesse est un point d'équilbre, elle "permet à la fois de maintenir une certaine accessibilité  pour les territoires périphériques mais permet aussi de ne pas avoir une accessibilité trop forte" et ainsi est un frein à l'étalement urbain. Elle donne également une chance au transports en commun en terme de temps de trajet. En effet pour que les TC soient efficaces et attractifs ils doivent concurrencer la voiture. Réduire la vitesse de ces dernières permet d'y arriver. 
A noter que seul le train est réellement concurrentiel sur des distances relativement importantes, il convient donc de créer un très bon réseau TER. 
Cette réduction de vitesse sur la rocade permettrait en outre de réduire la largeur des voies et de créer une voie réservée aux transports en commun (bande d'arrêt d'urgence élargie). Cela répondrait à la nécessité de créer une desserte entre les pôles d'habitat, de travail et d'achat, le réseau TC étant en étoile, centré sur Toulouse.

Finalement, la conclusion que j'ai retenue a été le fait d'un spectateur : "le débat a répondu à une vraie question, c’est « Que faut-il faire pour les transports dans la région toulousaine ? ». Malheureusement, la question qui est posée dans le grand débat, c’est « Faut-il ou non faire une autoroute ? » . Je pense que c’est mettre la charrue avant les bœufs. Quand on parle des problèmes de transport dans la région toulousaine, le fait est qu’on ne parle pas du grand contournement autoroutier de Toulouse." Applaudissements très fournis !! 
par Sébastien publié dans : Toulouse créer un trackback ajouter un commentaire
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Lundi 17 décembre 2007

Offrir un cadeau pour Noël devrait être synonyme de plaisir mais c'est de nos jours plus lié au stress du manque d'idée et de temps et aux bouchons près des temples de la consommation. Le désarmement de la course aux cadeaux les plus nombreux, les plus gros, les plus chers, les plus voyants, les plus inutiles et les plus polluants est désormais engagé grâce au "certificat d'exemption de cadeau" de nos amis Canadiens. Téléchargez-le (cliquez dessus) et imprimez-le puis distribuez-le à vos proches ! Pour ma part, je crains qu'il ne soit pas respecté  ;-)

cadeau.JPG

par Sébastien publié dans : Décroissance créer un trackback ajouter un commentaire
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Vendredi 7 décembre 2007

10-06pano-pds.jpgDemain samedi a lieu la journée mondiale pour le climat. En ces temps de Téléthon et d'élection de Miss France, n'oublions pas que le Grenelle de l'environnement est en cours de mise en application et que l'après-Kyoto est en discussion serrée à Bali. En vue de cette conférence, l'ONU, par le biais du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a publié son rapport intitulé " la lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé". Je vous conseille l'article de So-Ann, très complet sur le sujet. 

Pour ma part je n'ai lu que le résumé et la phrase qui a le plus retenu mon attention est la suivante :

"L’une des plus rudes leçons qu’enseigne le changement climatique est que le modèle économique de la croissance et la consommation effrénée des nations riches sont écologiquement insoutenables. On ne pourrait pas infliger de plus profonde remise en question à nos hypothèses sur le progrès que le réalignement des activités économiques et de la consommation sur les réalités écologiques.

Ce constat dur et à destination des dirigeants des pays riches est toutefois tempéré de manière plus politiquement correct un peu plus bas "Dans ce rapport, nous avons émis l’hypothèse que si l’on procède aux réformes nécessaires, il n’est pas trop tard pour ramener les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux tolérables, sans pour autant sacrifier la croissance économique : la prospérité croissante et la sécurité climatique ne sont pas des objectifs contradictoires." En tout cas ces deux phrases me semblent contradictoires. Dommage. 
Je conseille également vivement la lecture de la revue environnement des anciens de l'école polytechnique : "La jaune et la rouge" consacrée à "croissance et environnement"

Il est en effet temps de repenser la croissance économique. Presque tout le monde le dit mais presque tout le monde continue d'espérer 2 ou 3 % d'augmentation de PIB. Tout cela est décidément très contradictoire.

par Sébastien publié dans : Ca chauffe ! créer un trackback ajouter un commentaire
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Dimanche 2 décembre 2007
006.jpgLa saison de ski approche et de nombreux Toulousains se réjouissent. Pas moi.
La Dépêche du Midi fait la promo des stations de ski pyrénéennes et je suis assez alarmé de lire ses propos ou ceux qu'elle rapporte. Morceaux choisis :

"«La saison 2006-2007 a été mauvaise faute de neige, reconnaît Benoît Clocheret (Altiservice, exploitant filiale de Suez- Lyonnaise des Eaux). Notre volonté est de considérer cela comme un accident climatique qui ne doit pas remettre en cause la confiance dans notre politique d'investissements ».

Sur l'ensemble de ses stations, Altiservice a ainsi dépensé 9 millions d'euros, essentiellement pour améliorer encore l'efficacité de la neige de culture.(..) Et cette capacité de production renforcée ne pose pas de problème de ressources. A Superbagnères, les précipitations ont été satisfaisantes cet été pour remplir les réservoirs ». Le réseau de canons neige a été porté à 156 unités grâce à l'investissement du SIGAS (Syndicat intercommunal de gestion et d'aménagement de Superbagnères) et des aides qu'il a reçu des assemblées départementale, régionale et de l'Etat"

"Altiservice place la nouvelle saison de ski sous le signe du développement durable. « Il s'agit de ne pas surfer sur une mode mais bien d'agir », a expliqué Benoît Clocheret, le P-DG d'Altiservice (...) Symboliquement, les dameuses de l'ensemble des domaines tourneront avec de l'huile bio à partir de cet hiver. Les stations vont également s'intéresser de près au tri des déchets"

L'avenir de la station, tel que le perçoivent les acteurs du développement économique local, réside dans le projet d'extension du domaine skiable : trois pistes supplémentaires, dont l'une dessinée sur 4,5 km, qui mènerait les amateurs de glisse jusqu'aux cimes enneigées à 2 166 m(...). Ce n'est pas un projet démesuré et destructeur pour l'environnement, reprend Jean-François Poroli (Mijanès). Juste la possibilité de faire évoluer la station comme ont évolué les attentes de la clientèle»" Avec ce projet évalué à 2 075 000 € (subventionné à 70 %), Mijanès et les 530 âmes du canton le moins peuplé de France entrevoient un avenir plus radieux".

On a anticipé, cette année, la production de neige de culture en débutant le 29 octobre, ce qui est assez rare de commencer si tôt. On a produit 300.000 m3 de neige. On a des canons de dernière technologie qui permettent de produire à 1° avec 30 % d'hydrométrie. Chez nous, les canons ne sont pas un complément, mais un produit à part entière qui équipe 50 % des pistes damables (60 hectares) et 90 % de nos remontées mécaniques. Aujourd'hui, on ne pourrait pas ouvrir sans la neige de culture.»" Noël Lacaze Peyragudes

Président de la confédération pyrénéenne du tourisme qui regroupe les 38 stations françaises du massif, Pierre Casteras, n'élude pas le sujet : « L'accident climatique de la saison dernière oblige les professionnels à s'adapter. Nous devons d'une part promouvoir un tourisme à l'année dans les Pyrénées d'autre part investir dans des moyens pour fabriquer de la neige ». «On sait fabriquer de la neige en étant respectueux de l'environnement. Si on ne développe pas la neige de culture, on aura un accident industriel et social majeur »

« dans une station de ski, 75 % des émissions de gaz à effet de serre sont produites par les transports touristiques» Jean-Henri Mir, le maire de Saint-Lary, qui vient de lancer son bilan carbone."


006.jpg Le ski est un des sports les plus néfastes pour l'environnement. Il y a l'impact des aménagements des pistes sur la montagne, de l'urbanisme, la construction et l'exploitation des remontées mécaniques, des canons à neige et leurs réservoirs d'eau et, comme le dit le maire de St-Lary, les déplacements. Les stations Ménuires et Val Thorens ont ainsi fait leur bilan carbone : 73 800 tonnes eq. C sur une saison soit plus de 72 kg par skieur. 74% de cette pollution provient des déplacements des skieurs de leur domicile à  la station, en sachant que le bilan ne porte que sur les séjours avec au moins une nuit, les skieurs à la journée ou résidant loin ne sont pas pris en compte.

Si le sport d'hiver subit de plein fouet le réchauffement climatique, il en est également un bon contributeur. C'est un peu l'arroseur arrosé. L'arroseur s'arrose de plus belle car il intensifie sa pratique : plus de pistes, plus hautes, plus de canons à neige. Les extraits de la Dépêche ci-dessus en témoignent. Près de St Gaudens, où j'ai grandi, une petite station plutôt basse marchait bien, Le Mourtis. Puis dans les années 90, il n'y avait plus de neige, elle fermait. Les années d'euphorie 2005 et 2006 voyaient sa réouverture avec des investissements. Soyons certains que les années à venir seront difficiles. Beaucoup de stations projettent, au nom de cette embellie passagère, de doubler leur capacité d'accueil avec des projets immobiliers aussi polluants que laids. Certains préfets comme celui des Hautes-Pyrénées résistent heureusement au lobby de cette activité et au chantage à l'emploi et les "gèlent"  car les stations d'épuration des eaux usées sont insuffisantes en taille.

On assiste à une véritable fuite en avant en se voilant la face. Le manque de neige est "un accident" et on investit toujours plus pour repousser le problème et l'accélérer. D'ailleurs les skieurs jouent le jeu car ils sont toujours plus nombreux. Il fallait voir les stations de ski l'été et les routes qui y mènent. Tout était en chantier. Pour reprendre la métaphore du ski, on fonce tout schuss vers la catastrophe. Au cours de la traversée des Alpes à vélo que j'ai réalisée en juin, l'hôte d'un petit gîte déplorait cette fuite en avant, expliquant que les stations de l'arrière pays niçois étaient mortes pour le ski et qu'il fallait réfléchir à les réorienter vers un tourisme moins impactant et plus durable.

Alors bien-sûr on me répondra qu'il y a des emplois derrière, de l'activité. Mais sacrifier l'enviropnnement en vaut-il la peine ? N'est-ce pas déplacer le problème de quelques années et l'aggraver ? Plutôt que cette vision courtermiste et irresponsable, ne faudrait-il pas mieux réfléchir développement durable, non pas à l'échelle du canon à neige pour qu'il consomme moins, mais au niveau des massifs ? Favoriser un tourisme respectueux et l'alimenter par des transports en commun.

De l'autre côté, les skieurs doivent aussi réfléchir à leur pratique. Quel est le prix environemental de ce loisir ? C'est évidemment difficile à calculer. Il n'est pas question de faire une croix sur le ski mais il existe des gestes efficaces comme limiter le nombre de sorties (là je vais me faire insulter, notre mode de vie n'est pas négociable...)  ou s'orienter vers des stations desservies par le train ou le bus. Dans les Pyrénées, les stations d'Ax 3 Domaines et Superbagnères sont accessibles en train puis télécabine. La SNCF propose d'ailleurs des forfaits train+ski intéressants, les trains sont équipés pour recevoir les skis.

Pour ma part je n'aime pas trop ce loisir. Outre le fait qu'il se pratique dans des zones artificialisées, faire la queue aux remonte-pentes et parfois se battre presque pour y monter, se trimbaler le matériel inconfortable, s'entasser sur des pistes pour monter, descendre, monter, descendre avec des gens qui bien souvent veulent être vus... Je sature vite et en plus l'ambiance m'insupporte et me stresse. Je suis sans doute à contre-courant parce que c'est un loisir  "fun" ( et en plus les portables passent presque partout maintenant).On construit même des pistes de ski à Dubeï !

Photo : Tignes en novembre 2006, les canons à l'action. www.r-montages.com - Piste de Dubei : www.mysterra.org

par Sébastien publié dans : Ca chauffe ! créer un trackback ajouter un commentaire
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Dimanche 2 décembre 2007

10-06pds1.jpgLa rando que j'ai faite dans le désert sud-marocain s'est conclue par 2 jours de nettoyage. Les  personnes intéressées du groupe de touristes, une bonne partie des guides de l'agence au Maroc , les équipes de chameliers, et des cuisiniers, soit une bonne trentaine de personnes, ont pris part à ces 2 jours très chaleureux et conviviaux. 
Ce type d'opération avait déjà été réalisé sur le mont Toubkal (sommet du Maroc) il y a quelques années. Le tourisme randonnée est en effet de plus en plus important dans ces régions de l'Atlas, Anti-Atlas et du désert. Les campements et bivouacs se multiplient et par conséquent l'environnement est impacté.

Les motivations de l'agence de voyage pour organiser cette opération sont donc de 3 ordres selon moi :

- préserver la propreté  de ces régions afin de pérenniser l'accueil des touristes et l'activité économique liée.
- communiquer autour du développement durable afin de montrer que l'agence est exemplaire par rapport à ses concurrents (marketing)
- préserver l'environnement

Chacune de ces motivations est importante, y compris la troisième pour laquelle j'ai ressenti de la sincérité dans les mots et l'attitude de l'organisateur marocain.
L'agence veut aussi sensibiliser son personnel et ses prestataires (guides, chameliers et cuisiniers) à travers leur participation afin qu'ils soient respectueux durant les randonnées.

Concrètement (photos), nous avons marché aux endroits où se font les campements. Nous ramassions toutes les ordures trouvées . Les papiers et plastiques étaient brûlés sur place  (c'est la moins mauvaise solution) et le reste rassemblé pour être ensuite ramené à Marrakech et Ouarzazate où les ordures ménagères sont prises en charge et où des ferrailleurs reprennent les métaux.
Ce que nous ramassions avant tout sont les poches en plastique noir hyper répandues. Ce plastique est préféré au blanc, plus fin et plus rapidement dégradable, car meilleur marché. Les sacs plastiques ne sont arrivés au Maroc qu'il y a 20 ans. Avant les sachets papiers posaient peu de problème car ils se biodégradent vite mais le progrès est passé par là.... Maintenant, les sorties de villes telle Tanger sont des étendues impressionnantes de poches plastiques.

J'ai moins apprécié le ramassage  à proximité des villages, cela ressemble à de l'ingérence et à une moralisation par l'Occident... Si effectivement l'abord des villages est souillé de sacs poubelles (il n'y a pas de filière ordures ménagères et les populations n'y peuvent rien), l'impact sur l'environnement des populations est tellement faible par rapport au nôtre que nous n'avons aucune leçon à leur donner. Le simple voyage (en avion et dans une moindre mesure en train) est énorme par rapport au mode de vie de ces populations.

En revanche, les pollueurs du désert sont des touristes, directement ou indirectement (les accompagnateurs locaux). Il n'y a pas de tolérance à avoir envers eux. Les Européens en quête de soleil mais aussi de riches Saoudiens venant chasser la palombe les constituent.

J'ai bien entendu été particulièrement attentif à l'écologie lors de mon voyage. La prise de conscience semble moins évidente que chez nous. J'ai entendu une personne m'expliquer que le réchauffement climatique n'était pas si grave que ça puisque provoqué en grande partie par les vaches (ce discours existe aussi France...). Il est vrai que l'éducation, la santé, l'alimentation en eau semblent des priorités. Toutefois, les problèmes environnementaux sont à la source de problèmes sociaux mais restent considérés comme des soucis parallèles aux autres, un problème parmi d'autres....
Pourtant, les difficultés d'alimentation en eau récurrentes en sont la 10-06pds2.jpgconséquence la plus flagrante. J'ai pu constater que la palmeraie de la vallée du Drâa était en train de mourir par manque d'eau. D'une part le barrage de Ouarzazate retient trop d'eau (entre autre pour alimenter les nombreux hôtels luxueux situés près de cette ville) mais  il y a aussi l'avancée du désert, galopante et très nette depuis 10 ans selon notre guide. Entre Ouled Driss et M'Hammid (donc aux portes du désert) de somptueux hôtels très luxueux avec piscine, spa et "direction européenne" narguent la population. Ils pompent dans la nappe et traitent l'eau tandis que le puits du village ne peut plus être utilisé car le niveau de l'eau baisse et la qualité de celle-ci se dégrade.
Si le tourisme apporte des emplois, il impacte gravement  l'environnement et au final il détruit la ressource et la vie locale. Le conflit d'usage tourne rarement au profit des populations locales.

Je crois qu'il serait faux de croire que les pays pauvres sont pollués parce que sales en apparence ou parce que les grandes villes sont pleines de vieilles voitures... L'agriculture y est bio (il n'y a souvent pas de tracteur...), les déplacements peu importants (les Marocains ne viennent pas en masse faire du tourisme chez nous, de toute façon les frontières sont ouvertes à sens unique...), il n'y a pas de surconsommation . Les vrais pollueurs sont bien nous, pays riches, avec nos villes propres, nos pistes cyclables, nos tramways.... et nos hypermarchés, nos voyages en avion et hôtels de luxe !! 
Lors de nos voyages, il est important de réfléchir à l'impact engendré. Moins visiter les pays pauvres et lointains n'est pas forcément les priver de "développement". D'une part la fin de l'énergie bon marché rendra les voyages moins faciles et plus rares et puis aider ces pays peut se faire de d'autres manières, sans les rendre dépendants de nous. 

Une partie de ces populations espère elle aussi pouvoir parcourir le monde en avion en quête de sensations et "d'ouverture aux autres", d'autant plus en nous voyant nous amuser chez eux. Ce sera certainement insoutenable pour la planète et tout simplement impossible (plus de pétrole bon marché). Alors le développement que l'on doit encourager pour les pays pauvres, est-il un développement à l'occidental basé sur le gâchis, donc non durable et non soutenable ou bien est-ce un développement orienté vers la satisfaction des besoins tels la nourriture, la santé, l'éducation, un développement axé sur la culture, la coopération, le lien entre les gens ? Les relations  nord-sud doivent assurément veiller à faire ce discernement et à mettre en garde les pays pauvres contre nos erreurs.

Me revient la réflexion d'une personne rencontrée dans le train Marrakech - Fès. L'Occident s'en sort mieux dans la guerre économique mondiale, la mondialisation libérale, car c'est une société fondée sur l'individualisme, donc apte à la compétition. L'Afrique, quant à elle, a des valeurs basées sur le groupe, la famille, l'entraide et l'interdépendance des gens.

par Sébastien publié dans : Voyages créer un trackback
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