Depuis quelque temps je cherche à
m'engager plus activement
dans une association citoyenne. J'ai rencontré Artisans du Monde mercredi.
Le commerce équitable m'est venu à l'esprit assez rapidement. Seulement voilà je suis partagé.
Mon côté "radical"
et idéaliste me déconseille d'aller dans cette voie car le commerce équitable ne remet pas en cause le libéralisme, il incite les paysans locaux à exporter et à se spécialiser dans des produits pour pays riches plutôt que développer une agriculure variée et tisser les liens pour un réseau local. D'autre part
il ne remet pas en cause la mondialisation et n'encourage pas le local. On est à l'opposé de la décroissance.
En effet je vois dans l'économie trois approches :
/http%3A%2F%2Fsebos31.perso.cegetel.net%2Fimages%2Fcap-vert%2Fsantiago%2Fpm-champs.jpg)
- l
a croissance pure et dure (par exemple j'achète du jus d'orange, je ne sais pas d'où il vient mais les conditions de travail et écologique ? je m'en fous c'est le moins cher, ),
-
le développement durable (j'achète du jus d'orange qui vient du Costa Rica et qui est bio et équitable, ma conscience est sauve, je participe à la réduction des inégalités)
-
la décroissance (j'achète du jus de pomme local à un petit producteur de ma région).
Il est clair que mon idéal me conduit vers la décroissance, qui me paraît même une voie obligée avec la fin du pétrole bon marché puis sa fin pure et simple mais aussi les dégâts environnementaux que subit la planète. Le commerce équitable ne se situe pas dans cette logique. Et puis dans le commerce équitable n'est souvent équitable que la matière première, d'autant qu' Artisans du Monde ne fait que du sud-nord. Le transport, la transformation, la distribution ne sont pas équitables. Enfin il y
un aspect néo-colonisateur à penser l'économie pour les pays pauvres, à leur imposer des cahiers des charges, le commerce équitable est fait et piloté par les riches.
Idéalisme ou pragmatisme ?La personne qui m'a présenté l'assoc. et son fonctionennement est consciente de ces problèmes et semble même s'intéresser à la décroissance. Selon elle la philisophie d'Artisans du Monde est
à terme de ne plus faire de commerce équitable nord-sud mais de le développer en local, sud-sud,
nord-nord. Concernant une vision sur l'intégralité de la chaîne , ADM réfléchit à un fonctionnement en coopérative (il faut vivre de l'équitable, que ce soit une vraie alternative) et essaie de reprendre le contrôle sur la plate-forme d'import qu'elle a fondée (Solidar'monde) et qui est aujourd'hui une SA.
Ces arguments rassurent évidemment
mon côté plus "pragmatique". On ne changera pas le monde par une révolution et il faut s'attaquer au systèm
/http%3A%2F%2Fsebos31.perso.cegetel.net%2Fimages%2Fcap-vert%2Fsantoantaon%2Fseb-randi1-famille.jpg)
e libéral et marchand comme le fait le commerce équitable. Essayer d'être une vraie alternative, proposer autre chose. Car
ne pas faire du commerce équitable c'est faire du commerce traditionnel... Les AMAP sont un très bon exemple d'équitable nord-nord mais quid de la solidarité entre les peuples ? Quid du partage des richesses ? Quid des pays du sud ?
ADM s'inscrit pleinement dans cette démarche de faire changer les choses, elle
interpelle et
dénonce la grande distribution et ses pratiques, elle
sensibilise différents publics aux dérives du traditionnel, elle
informe, elle
développe le sens éco-citoyen qui finalement sont une ouverture à la décroissance. La prise de conscience débute par là.
J'attends vos remarques, conseils, expériences, votre vision des choses.
Réagissez en cliquant sur "commentaire(s)" ci-dessous.
Photos : l'agriculture diversifiée du Cap-Vert est avant tout à destination des Capverdiens (en haut) mais ne seront-ils pas tentés de spécialiser leurs cultures pour faire du commerce équitable, à destination des riches, à l'image du café (en bas) ?