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Le blog décroissant de Sebos31.

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Vive l'essence chère !

Autour de nous beaucoup de gens s'insurgent contre le prix élevé de l'essence à la pompe alors que dans le même temps les compagnies pétrolières, qui extraient le brut, le raffinent et vendent le carburant, font de super profits (voir cet article). Il est vrai que ces bénéfices sont réalisés par des "vaches à lait".
Mais "vaches à lait" nous le sommes tous (plus ou moins...) parce que nous sommes accros à l'essence, à la voiture, nous avons adopté un mode de vie totalement dépendant de l'or noir. Il est en effet banal de faire plus de 30 kms pour aller bosser, 15 kms pour aller au supermarché ou au cinéma, voire même de prendre sa voiture pour acheter une baguette à 500m de chez soi !

Sur le plan macro-économique, combien de kilomètres parcourt notre ordinateur avant d'arriver à l'étalage ? Pour exemple, l'incendie dans le Tunnel du Mont-Blanc s'est déclaré sur un camion qui transportait des papates hollandaises en direction de l'Italie où elles auraient dû être lavées et découpées pour être vendues... en Hollande ! Sans parler des voyages en avion devenus courants, pour partir en vacances, à  l'aventure, avec l'appellation parfois d'éco-tourisme !
A ce sujet, on peut trouver sur internet des vols à 2€. Ces prix très bas deviennent normaux et le consommateur ne connaît plus la vraie valeur d'un voyage en avion et plus généralement des choses, il exige ces prix bas, en sachant qu'aucun billet ne comprend dans son tarif le coût éco-environnemental qui, lui, est et sera payé dans un avenir plus ou moins lointain par la collectivité.

La sacro-sainte croissance, incontournable à droite comme à gauche

Seulement voilà, notre système consumériste, basé sur la croissance perpétuelle, et de plus en plus libéralisé, se fragilise. Les scientifiques, les économistes (même certains libéraux) tirent la sonnette d'alarme. Ce mode de civilisation, vers lequel toute la planète semble se diriger, n'est pas viable à long et même à moyen terme. La crise pétrolière à venir sera peut-être le déclencheur de la faillite de cette croissance à laquelle tout le monde croit encore, même les partis de gauche (à l'exception d'Yves Cochet chez les Verts qui commence à aborder le sujet) et d'extrême gauche et, bien sûr, les syndicats qui demandent de la croissance et de l'activité économique. En effet le "peak oil" ou pic d'Hubbert, c'est-à-dire le moment où la production pétrolière est techniquement à son maximum, est pour bientôt ( quelques années). Après ce pic, l'offre se réduit pour une demande qui augmente, je vous laisse imaginer la courbe des cours du brut...

En étant réaliste, nous n'avons pratiquement aucune alternative au pétrole, surtout pour les transports. Il n'y a qu'un moyen de prévenir le chaos : la sobriété énergétique et son extension à tous les domaines :  la décroissance soutenable.

Le développement durable, solution ou marketing ?

Cela commence donc par se désintoxiquer de l'essence et, pour ce faire, rendre cette énergie inabordable, car c'est le porte-monnaie qui fait changer les choses. En conséquence augmenter les taxes sur l'essence serait une anticipation à la pénurie (lire cet article très intéressant) qui de toute façon obligera à restreindre notre consommation. Autant le faire dès maintenant, dans la réflexion et avant qu'on y soit contraint dans la douleur.
Il faut bien se dire également que toutes les énergies fossiles sont des stocks de CO2 emmagasinés il y des millions d'années et libérer ce gaz à effet de serre rapidement perturbe l'éco-système avec le réchauffement climatique, ce que tout le monde commence à savoir.

Beaucoup de gens pensent que la pénurie à venir est du catastrophisme et que de toute façon on trouvera la solution, l'espèce humaine a ça de génial, elle a toujours su s'adapter. Malgré tout, de plus en plus de personnes sont conscientes que la terre va mal et que notre environnement se fragilise dangereusement...Les entreprises et institutions tentent de répondre à cette inquiétude par "le développement durable" mais qui n'a rien de durable. En partant du principe qu'il ne faut surtout pas remettre en cause la croissance économique, elles mettent une petite dose d'écologie et une grande dose de com'. D'ailleurs combien de sociétés se vantent de ce "développement durable" et vont exploiter les populations du tiers-monde et faire faire des milliers de kilomètres à leurs produits ? La question  qu'elles devraient se poser est  : quelle durabilité avec quel développement ?

A tout cela je ne vois qu'une voie possible :  l'ère de la responsabilité et de la décroissance soutenable qui implique une remise en cause totale de nos logiques économiques.

Pour aller plus loin : http://www.decroissance.org/ - http://terredebrut.org/ - http://www.decroissance.info/

Photos : bientôt la fin des temples de la consommation ? (www.vivercidades.org.br) - Carrefour ne vend que des produits écologiques produits localement (www.carrefour.fr) - Le Medef n'y va pas par 4 chemins, le développement durable c'est du marketing ! (www.medef.fr)
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S
Pour faire douter les partisans de cette posture "scientiste", il suffit parfois de mettre en exergue le fait que la grande majorité des progrès techniques et scientifiques a eu lieu dans une période où l'énergie était abondante et bon marché (en gros depuis 2 siècles), ce qui a permis à l'Homme de mettre en oeuvre ses idées tous azimuts, sans limitation due à de pures contingences matérielles. Si l'énergie devient moins accessible, on peut légitimement se demander si l'homme sera encore capable de progresser au même rythme. Cette concomitance de l'utilisation massive des combustibles fossiles et du progrès des sciences n'est pas une pure coïncidence, je ne crois pas. De même, le fait que l'explosion démographique suive également une évolution en tous points parallèle à celle de la consommation d'énergie doit nous faire réfléchir sur l'importance très sous-estimée de l'énergie dans nos sociétés.
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S
Nous sommes quelques-uns maintenant à avoir acquis la conviction que notre modèle de société progressiste s'est enfermé dans une impasse, et qu'un changement de direction rapide est nécessaire. Ce que nous ne choisirons pas de faire par choix, par volonté, par anticipation, la physique nous l'imposera, comme tu le rappelles si bien (baisse de la production de pétrole, aggravation du réchauffement climatique, diminution des surfaces arables, etc.). Le rôle de la fiscalité est donc un élément de réponse pertinent dans un monde en prise directe avec l'économi(sm)e. Qui plus est, cette approche a le mérite d'être techniquement facile à mettre en place et comporte l'assurance d'effets quasi immédiats. Mais le travail essentiel n'est-il pas avant tout d'informer les citoyens à ce sujet, pour que l'assimilation habituelle taxation/confiscation personnelle cesse, et laisse place à la mise en lumière du bien de la collectivité ? Car, comme tu le soulignes, ce qu'on ne "paie" pas aujourd'hui, quelqu'un devra le régler plus tard, et les intérêts pourraient être colossaux : explosion des prix de l'énergie, chomage massif, catastrophes naturelles liées au réchauffement global, nouvelles guerres liées à l'appropriation des ressources restantes, etc. Il ne s'agit pas de faire preuve de catastrophisme, mais de clairvoyance. Le pire n'est jamais certain (heureusement), mais le meilleur non plus. Et il existe quand même aujourd'hui de nombreux indicateurs pour avoir des raisons sérieuses de s'inquiéter.<br /> Je terminerai en ajoutant que, contrairement à la croyance populaire, l'Homme n'a pas toujours su s'adapter. Son ingéniosité est certes sans pareil, mais elle ne sert pas à grand chose si les ressources naturelles ne sont plus là pour qu'il puisse la mettre à profit. En particulier si l'énergie vient à faire défaut pour alimenter son activité, et donc ses idées. Notre société moderne est frappée de myopie : elle considère que l'être humain a toujours su trouver des solutions à ses problèmes, simplement parce que c'est grosso mode le cas depuis 2 siècles, (depuis la découverte de la machine à vapeur, en fait, ce qui a permis de remplacer tout ou partie du travail humain par du travail mécanique). Le constat est en lui-même contestable sur de nombreux points, mais il es surtout dangereux de l'extrapoler ! Doit-on rappeler que l'histoire de l'humanité est bien plus longue que cela, et qu'elle a été marquée par des évolutions lentes et parfois des régressions ? Des peuples ont disparu parce qu'ils n'ont justement pas su gérer avec clairvoyance leurs ressources naturelles (l'île de Pâques en est un bon exemple). Il faut cesser de penser que plus rien ne peut arriver à notre race : la descente est toujours précédée par le franchissement du sommet ...
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S
C'est sur ce dernier point, la capacité de l'homme à s'en sortir, que j'ai pas mal de discussions. Mes interlocuteurs se reposent sur une espèce de scientisme (la science saura toujours nous venir en secours) qui pour eux rend tout le raisonnement de la décroissance soutenable du catastrophisme qui n'a pas lieu d'être.