traitait du pic pétrolier et de la fin du pétrole... abondant et bon marché.
" disait bien le père Bush.
Dans le même temps, un des soucis principaux de l'humanité est le réchauffement climatique. Celui-ci est anthropique (sauf pour Allègre) et en particulier dû à l'utilisation massive des énergies fossiles. Nous relargons massivement et à la vitesse V le carbone des végétaux stockés depuis des millions d'années .
L'ère du pétrole aura duré environ 150 ans soit pour l'instant 0.1% de l'histoire d'homo sapiens sapiens.

Finalement
cette fin du pétrole peut être une chance. Elle va permettre, sans doute bien trop tardivement, une nette diminution des émissions de CO2 et par la même occasion permettre une réorganisation plus saine de la société.
En effet
la croissance économique repose sur le pétrole. La raréfaction et la chèreté de ce dernier entraîne de fait une récession économique durable qui oblige à trouver un fonctionnement différent. Finis l'abondance, le gâchis, les fraises chinoises sur nos tables,
finie la mondialisation libérale créatrice d'inégalités. A ce sujet je me souviens d'Yves Cochet venu faire une conférence sur la question à l'INSA Toulouse et expliquant avec provocation et non sans un certain plaisir aux futurs ingénieurs qu'Airbus serait réduit à pas grand chose dans 10 ou 15 ans.
L'économie pourrait donc se relocaliser, les modèles de société devenir plus humaims ou du moins à taille humaine avec plus de solidarité, de liens sociaux. Plus de liens moins de biens en somme. On me rétorquera que c'est la défnition de la
décroissance... je confirme !
Cette description quelque peu idyllique de
l'après pétrole, décrite également par le très bon
Atlas environnement du Monde Diplomatique, sera en revanche certainement précédée d'une
ère de la fin du pétrole pas cher ( de l'énergie et des matières premières d'une manière générale) synonyme de conflits très durs, de guerres, de famines afin de s'accaparer les dernières réserves. Sortir de la dépendance du pétrole est aussi une période difficile pour l'économie , les entreprises, les particuliers. Si le prix monte trop brutalement, ils seront désemparés. C'est pourquoi
la taxe carbone et en particulier sur les produits pétroliers est une solution pour faire monter le prix de manière artificielle et progressive et permettre à l'économie de s'habituer et trouver des solutions de substitution. Jean-Marc Jancovici en est un chaud partisan comme il l'explique
ici. Le Grenelle semble l'avoir adoptée.
Bref, si l'espèce humaine se relève de cette période et si elle survit au réchauffement climatique et à la dégradation de l'environnement, l'optimisme est permis.
Pour illustrer ces propos, je l'accorde assez simplifiés, je vous conseille quelques documentaires. Le premier, "
The end of suburbia", qui pourrait se traduire par "la fin des grandes banlieues", explique en quoi le "rêve américain" est voué à l'échec à cause de la crise pétrolière qui se dessine (
quelques pistes pour le voir sur le forum d'Oléocène).
Le second ci-dessous "
Oil smoke and mirror" (pétrole et écran de fumée) tente de décortiquer la géopolitique mondiale autour du pétrole et son rapport avec le peut-être vrai-faux 11 septembre 2001 (hypothèse controversée mais argumentée dont les témoignages de ministres allemands et britanniques) .
Enfin, un petit extrait du documentaire "
A crude awakening, the oil crash" (un réveil brutal, le crash pétrolier) qui retrace la brève épopée de l'or noir...