Les nouvelles sur le front de l'écologie ne sont pas les meilleures en ce moment, au delà du manque de signatures pour Dominique Voynet et la crainte qu'il n'y ait aucun candidat de l'écologie politique.
« Ce rapport va montrer que les mesures proposées par le président pour lutter contre le changement climatique et ses engagements financiers sans précédent sont efficaces ». Cette phrase de la porte-parole de la Maison-Blanche sur les questions écologiques, Kristen Hellmer, évoque le compte-rendu que les USA ont rendu à l'ONU sur ses émissions passées et prévues de gaz à effet de serre. Efficacité, disent-ils ?
Les Etats-Unis prévoient d'émettre 11% de GES de plus entre 2002 et 2012 soit l'équivalent de la décennie précédente (+ 11.6% selon EPA - ministère de l'environnement américain). Tout est donc relatif. Rappelons que le plus gros pollueur du monde devait diminuer ses rejets de 7% entre 1990 et 2012 dans le cadre du protocole de Kyoto... qu'il n'a pas ratifié.
L'autre mauvaise nouvelle qui a motivé ce billet est à la base une bonne nouvelle : l'Europe a décidé de passer à 20% d'énergies renouvelables en 2020. A titre de comparaison la moyenne en 2005 est de 6.4%. Cette décision forte (si elle dépasse le stade de l'intention) prévoyait que chaque pays se dirige vers ce chiffre. seulement Chirac, aidé par la Finlande et la Tchéquie, a fait le forcing avec succès pour que les pays disposant du nucléaire aient un objectif moindre dans la mesure où cette énergie dégage beaucoup moins de CO2.
Du coup, moi qui n'étais pas radicalement anti-nucléaire, ma vision de ce que devrait être la politique énergétique française évolue. Effectivement, le nucléaire est tellement puissant qu'il occulte toutes les autres alternatives. Se réfugier dans l'argument (le seul) des rejets moindres de CO2 est insuffisant pour s'emballer pour ce type d'énergie même si je maintiens qu'une sortie précipitée et trop rapide pourrait être une erreur. Mes récents doutes sur l'intérêt de se lancer à corps perdu dans l'EPR se confirment. J'irai donc samedi manifester contre ce nouveau type de réacteur et pour que la France lance une vraie politique énergétique alternative.