L'abbé Pierre est mort il y a 10 jours. Après avoir fait la une des journaux, des télés, des hebdos,le
rapport annuel de sa fondation éponyme est passé presque inaperçu. Il fait le point sur l'état du logement social en France, tandis que les tentes des Don Quichotte sont toujours en place.
A l'heure où l'actualité nous abreuve de courbes de CO
2, de températures (nous y reviendrons et puis le combat environnementaliste est aussi un combat humaniste), je reproduis ici quelques chiffres et courbes de ce rapport.
- 100 000 sans abri en France en 2006
- 974 600 personnes sans domicile personnel (hôtel, camping, cabane....)
- 2 187 000 personnes en condition de logement difficile (pas de WC, surpeuplement)
- 5 913 145 personnes en réelle fragilité à court ou moyen terme
soit au total
9 224 745 personnes pas ou mal logées, ce qui représente 14% de la population française.

- 41% des
mises en chantier de logements sociaux en 2006 contre 60 à 65% en 2002

- En France
le loyer en HLM est de 4.3€/m
2 contre 8.3€/m
2 en loyer privé (+93%). Cet écart se monte à 272% en région parisienne (5€/m
2 contre 13.6€/m
2).
- 60 % de l'augmentation des financements de logements sociaux concernent des
prêts locatifs sociaux "de Robien " c'est dire que les bénéficiaires de ces prêts sont des personnes imposées à plus de 14% et qui bénéficieront de 65% de déduction fiscale, TVA à 5.5%, exonération de taxe foncière pendant 15 ans soit la durée pendant laquelle ils doivent louer à un loyer plafonné et fixé par l'Etat. La classe moyenne selon Copé en résumé.
- 2/3 des communes soumises à la construction de logements sociaux dans le cadre de la
loi SRU du 13/12/2000 n'ont pas atteint leur objectif alors que 154 communes n'ont construit aucun logement de ce type depuis 3 ans.
Ce constat ne surprendra personne en fait car
cette misère on y est habitué et il semble qu'elle soit partie intégrante de notre système économique libéral. Il y a des gagnants et des perdants. Comme si c'était "comme ça", une fatalité. Que faire ? culpabiliser, se révolter, ne rien faire, servir la soupe populaire ? C'est la culpabilité que je ressens mais je suis persuadé que l'être humain est maître de son destin à 100%, pas forcément à titre personnel, mais la société entière fait des choix de vie. Elle penche d'un côté vers la solidarité, l'égalité et de l'autre vers l'avidité financière individuelle, vers la volonté de chacun à réussir en dominant l'autre. Il semble qu'elle ait choisi la seconde solution et que la balance y penche de plus en plus. Les laissés-de-côté de ce système sont nombreux (énormément au Sud, de plus en plus au Nord).
Je suis, pour ma part, persuadé que
ce n'est pas une fatalité même si je ne sais pas exactement comment le changement peut s'opérer. C'est juste mon intuition, ma conviction...