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Le blog décroissant de Sebos31.

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Pourquoi je serai en grève jeudi 24/01

undefinedCette grève est prévue depuis longtemps. Les syndicats avaient été reçus le 17 décembre par le ministre de la fonction publique Eric Woerth afin d'évoquer les problèmes de revalorisation des salaires dans la fonction publique. Fin de non recevoir, au moins pour l'augmentation du point. Pour voir son salaire suivre l'inflation, il faut travailler plus. Cela s'est traduit localement dans l'établissement qui m'emploie par la vente possible (et non le rachat comme disent beaucoup : si l'on achète c'est qu'on donne de l'argent contre quelque chose...) de 4 jours RTT ou congés. Cette mesure, émanation directe du leitmotiv sarkozyste, me fait peur. Sur un peu plus de 250 employés, une centaine en a profité et avec une majorité de "hautes" catégories , sans doute des cadres qui perdaient leurs jours de repos. Je pensais plutôt que les "petites" catégories se seraient jetées sur ces quelques dizaines d'euros.
Il y avait pourtant eu une belle mobilisation à la grève sur ce sujet le 20 novembre. Et puis j'ai été marqué par cette alerte du DRH au cours d'une réunion paritaire qui s'alarmait de la recrudescence récente de situations de détresse financière de certains agents.
Cela me fait plaisir que les employés ne tombent pas dans le piège du "travailler pour gagner plus". La monétarisation de congés et de RTT annonce une remise en cause très dangereuse de ces acquis et il semble que pas mal de monde en soit conscient. Alors je pense que la mobilisation de jeudi est indispensable pour s'y opposer.

Malgré cela, la simple revendication de plus de pouvoir d'achat m'embête. Comme écologiste qui se revendique décroissant je ne peux pas cautionner le toujours plus. Notre société dérive vers l'hyperconsommation. Acheter et posséder devient une fin en soi. Tout le monde veut son écran plat, son téléphone portable dernier cri et une grosse voiture. Cela crée des situations de surendettement dont la société toute entière est responsable. Ce modèle de société n'est évidemment pas viable et il faut faire attention à ne pas l'encourager en revendiquant bêtement le pouvoir d'achat.

En parallèle, le travail se précarise, les temps partiels subis se développent, la pression est mise sur le CDI pour qu'il ne soit plus la référence, il faut sacrifier sa vie de famille, son temps libre pour travailler plus, en particulier le dimanche,  pour parfois simplement  subvenir aux besoins élémentaires. De même, le démantèlement des services publics crée une énorme injustice entre les citoyens. 

 

 

Plus de libéralisme, plus de concurrence débridée demande Attali, cela se reportera évidemment sur les salariés. Aujourd'hui, des travailleurs ne peuvent pas se loger pendant que certains libéraux font la morale pour "remettre la France au travail" alors que leur capital d'actionnaire ou de propriétaire leur rapporte de plus en plus par rapport au travail.

idc-copie-1.JPGPour ma part, je ne demande pas plus de salaire. Avec mes 1500€/mois je suis le "roi du pétrole". D'ailleurs j'ai calculé mon indice des prix à la consommation sur le simulateur de l'INSEE et il augmente moins vite que la moyenne (pas de tabac et surtout pas de voiture, ça aide énormément !!!). 

C'est pourquoi il convient de prendre la revendication "pouvoir d'achat" avec des pincettes. De la même manière que la croissance ne reflète pas la santé ou le bonheur de la population d'un pays, le pouvoir d'achat ne reflète pas plus le bonheur, il peut même signifier le contraire.

Je serai jeudi en grève et dans le cortège toulousain, non pas pour demander bêtement de "travailler plus pour gagner plus" autrement dit du pouvoir d'achat sarkozyste mais pour demander plus de justice dans la rémunération des salariés, la défense des services publics. En parallèle de la revalorisation des petits salaires et des minima sociaux, il me semble indispensable de prendre  des mesures pour lutter contre la société de consommation et les inégalités. Me viennent à la tête quelques idées :

undefined- limiter la publicité
plafonner les loyers
- développer les alternatives à la voiture et les économies d'énergie pour lutter contre la perte de pouvoir d'achat qui est en partie due à ces dépenses (qui ne sont pas une fatalité).
- instaurer un salaire maximum,par exemple 5 ou 7 fois le smic et indexé sur celui-ci.
limiter le crédit : faire supporter aux banques le surendettement
- partager davantage le travail en réduisant la durée légale du travail et en rendant l'embauche obligatoire
- fermeture des magasins samedi et dimanche
- nouveaux indicateurs qui prennent en compte non seulement le revenu et la valeur ajoutée mais aussi les inégalités (ex. BIP40) et qui tente de quantifier le bonheur.

On me traitera d'utopiste voire de communiste (et je le revendique) mais je pense que l'utopie c'est de penser que notre société continuera indéfiniment son évolution actuelle.

Illustrations : BIP 40 = augmentation des inégélités ; mon idice des prix par INSEE ; infograpgie du Monde sur les inégalités

 

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S
Peu de monde hier. On sent comme une résignation générale, un certain fatalisme face au néo-libéralisme, à la société de consommation".C'est comme ça et il faut faire avec" disent mes collègues (ceux-là ne manifestent en général pas). <br /> Mais les manifestants n'étaient pas tous au RDV. Cette résignation est la porte ouverte pour aller plus loin dans le démantelèment du service public. On en revient à cette utopie dont parle Charles. Il est vrai qu'utopie ne doit pas être synonyme d'irréaliste mais au contraire d'idéal vers la quelle tendre. <br /> Je ne crois pas à la fatalisté en ce monde, je ne crois pas qu'une force de l'au-delà nous trace notre destin et nous plonge vers plus de libéralisme et de matérialisme... C'est à chacun de prendre sa part dans la réappropiation du monde. <br /> <br /> <br /> Bien d'accord avec vos remarques sur le devoir et le vouloir d'achat.<br /> <br /> @ Yanik je persiste pour le travail le WE. Travailler le WE s'est obligatoirement faire jouer la balance entre repos, temps libre, vie sociale d'un côté et argent, travailler plus pour gagner plus de l'autre. <br /> Croire que les gens sacrifiant leur dimanche pour l'argent le font par plaisir et par choix délibéré est une illusion selon moi. On en revient au vouloir et au devoir d'achat.<br /> Si effectivement quelques uns préfèrent le repos en semaine ce n'est pas une raison pour supprimer le repos dominical !<br /> <br /> J'essaie souvent de me mettre à la place d'un-e caissier-e à qui le patron dimanche de bosser le dimanche. Il ou elle va refuser 1 fois, peut-être pas 2 mais surement pas 3. Et puis dans la balance il y a un salaire double (qui n'existerait peut-être plus si le dimanche devient un jour "normal") qui est bien tentant alors même que le salaire mensuel est payé au lance-pierre... (et n'a pas d eraison d'augmenter dans la logique du TPPGP)
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C
Bien d'accord !<br /> Par contre, sur les mots : je vois plutôt l'utopie comme quelque chose de positif, vers lequel on voudrait aller : non pas l'irréalisable (comme la société actuelle pérenne) mais l'irréalisé (un peu plus comme ce que tu décris au-dessus !)
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Z
Le "mal-être" des gens résultant de l'écart entre le devoir d'achat (que la logique de la société de consommation tend à faire croître sans cesse, via la pub entre autres) et leur pouvoir d'achat, on peut chercher à diminuer ce mal-être (c'est-à-dire réduire cet écart) soit en augmentant le pouvoir d'achat, soit en diminuant le devoir d'achat. La classe politique ne s'attèle qu'à augmenter le pouvoir d'achat alors que le simple examen de l'état de notre planète nous prouve qu'il serait raisonnable de diminuer le devoir d'achat. (Et quand bien même les ressources de notre planète le permettraient, la recherche du bonheur dans la consommation croissante reste quand même insatisfaisante.)
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K
On est obnubilé par le pouvoir d'achat, synonyme de fuite en avant.<br /> <br /> Nous devrions plutôt travailler sur notre vouloir d'achat. Là aussi, il y a des "progrès" à faire.<br /> Moins d'avoir... c'est une nécessité, ça pourrait devenir une réalité au regard des problèmes économiques actuels - qui ne sont d'ailleurs pas prêts de s'estomper.
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Y
Arrête, tu vas donner des idées à la gauche !! ;o)<br /> D'accord avec toi sur beaucoup de points. <br /> Pour le travail du WE, faut voir, ya peut-être des personnes que ça intéresse de bosser à ce moment-là et d'être en repos en semaine. Et puis ya le temps passé sur les gros chantiers à démarrer le lundi et arrêter le vendredi : des périodes sans valeur ajoutée et très gourmandes en énergie improductive.<br /> <br /> A+
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