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Le blog décroissant de Sebos31.

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Le Pressentiment

Des pressentiments on en éprouve souvent  pour les films. Le réalisateur, les acteurs, l'affiche, la bande annonce, l'histoire... Le Pressentiment ne pouvait que m'inspirer de bonnes choses. L'air toujours détaché, engagé, marrant...j'ai toujours aimé Daroussin comme acteur, en particulier chez Guédiguian.
Le voilà des deux côtés de la caméra et avec un sujet original : changer de vie sociale. Pas le truc éculé de gagner des millions mais l'inverse, balancer ses millions. Un livre est à l'origine du film, écrit par Emmanuel Bové et avec le même titre.

Ce film aborde beaucoup de questions que, j'imagine, la majorité des gens se pose. Quel sens donner à sa vie ? Quel est le rôle des autres ? Qu'est-ce qu'une vie accomplie ? Peut-on vraiment changer sa vie ? Faut-il assumer sa vie ?
Cette dernière question, Charles, le héros, n'y arrive pas. Après avoir décidé de plaquer sa vie d'avocat dans la haute bourgeoisie, il s'installe dans un quartier populaire de Paris pour essayer d'écrire, de faire le point. On le sent complètement détaché car Charles a toujours l'air absent. Sa présence dans cet immeuble modeste est remarquée, il n'a pas tout à fait le profil et puis quelques détails le trahissent : tenue vestimentaire, langage. Toujours est-il qu'il trouve la sérénité, qu'il trouve des gens attachants et entiers en face de lui. Daroussin peint par cette occasion le portrait de deux classes sociales de façon antagoniste (il n'y a pas besoin de voir le film pour se douter vers où va son coeur). C'est acide par moments, marrant , caricatural à d'autres, il joue sur les couleurs et les mouvements.

D'une manière générale, le rythme est lent et rend le film délicieusement décalé comme pour mieux montrer la frénésie de la vie que Charles fuit. On le voit  juché sur son vélo en observateur avisé de cette agitation.
Et puis Charles a des soucis. La vie est plus rude chez les "pauvres", c'est un combat. Charles qui lui ne subit pas la pression financière ne fait qu'observer tout ça , en devient finalement acteur, aide les uns et les autres.

Ce film est un gros coup de coeur. Les amateurs de Daroussin seront comblés. Il faut se laisser porter et alors on passe un magnifique moment qui réveille plein d'interrogations. Finalement on a  tous songé à un moment ou à un autre d'être à la place de Charles. Soit pour partir aider les plus démunis, soit pour fuir la consumérisme ou je ne sais quoi encore !

A Toulouse il ne passe qu'à l'ABC en ce moment. Ce cinéma associatif est en grand danger car il doit faire urgemment des travaux de mise aux normes dont il n'a pas les moyens. Les collectivités restent réservées quant à leurs subventions. L' ABC est un des seuls cinés indépendants de la ville rose qui ne roule pas pour le profit mais pour le cinéma, le vrai, celui de tous les cinéastes.
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