Salavador Puig Antich était un activiste gauchiste espagnol
sous Franco. Il s'ai fait arrêter par la police, une fusillade éclate, Salador est grièvemement blessé mais un policier est mort. Emprisonné, il sera condamné à mort après un procès expédié par l'armée en 1974. Sa famille, son avocat, ses amis soulèvent ciel et terre pour le faire gracier.
Salvador est interprété par
Daniel Brühl, l'acteur allemand que l'on a pu voir dans Good Bye Lenin ou The Edukators. Il est d'une extrême justesse dans ce rôle.
Le réalisateur n'en fait pas un héros, ne glorifie pas ses engagements radicaux. De la même manière, il montre la fragilité des oppresseurs comme ce gardien de prison qui est porté à réfléchir sur le sens de son engagement pro-Franco.
Le film dure 2h mais les scènes sont bien équilibrées pour exposer l'évolution de Salvador. La partie en prison est bien entendue plus longue et
les scènes finales paraissent une éternité. Elles sont diffcilement soutenables. Certaines personnes étaient effondrées dans la salle, surtout les espagnols exilés qui ont connu le franquisme je pense. Il n'y a pourtant pas là de scènes sanguinolantes mais cette dureté fait partie du devoir de mémoire. Des personnes ont subi et subissent encore à travers le monde ce type de répression.
Il faut préciser que la famille demande toujours en Espagne la révision du procès.
Ce film est présenté dans le cadre du
festival Cinespana pour lequel il est en compétition. Il vient d'y remporter le prix du public. En Espagne, où il est déjà sorti, il rencontre un réel succès. En fin de séance,
toute la salle a applaudi spontanément, ce qui reste rare au cinéma.
Pourtant une petite
polémique est née du générique de fin. On y voit des images de manifs anti-CPE et de l'attentat du 11 septembre ou de Ben Laden. Pour ma part j'ai été interpellé par ces images mais pas choqué. Au début du film il y avait bien des images de luttes anciennes : Mai 68, Woodstock, Che Guevara... Je pense que le réalisateur évoque
les luttes actuelles et quelque part
le terrorisme est une lutte, certes illégitime et condamnable, entre deux civilisations. Personnellement il m'est venu à ce moment-là à l'esprit Guantanamo ou Abou Ghraib, des prisons où le sort des prisonniers est peut-être aussi arbitraire que celui de Salvador Puig Antich.
Des films comme celui-ci ont un
vrai rôle historique. Cet homme a été exécuté peu de temps avant que je naisse, donc à une époque toute proche, et à l'école on ne nous a pas beaucoup parlé de la période Franco post seconde guerre mondiale, comme s'il y avait un tabou sur les évènements récents. Pour que l'histoire ne se reproduise pas...