Ce matin je m'engageais à ne plus suivre le Tour de France si l'étape du jour était courue à plus de 38 km/h de moyenne. Je suis soulagé car la moyenne s'élève à 32,5 km/h.
Je suis en effet soulagé car si je m'intéresse au cyclisme, et en ce moment au Tour de France qui en est le sommet, c'est avant
pour le sport cycliste, pour le geste, la tactique, le type d'effort, ce sport inviduel qui se pratique en équipe. Le principe d'économiser 30% d'énergie en s'abritant derrière un autre cycliste est le principe sur le quel repose toute la tactique !!!!.
Que la course se fasse à 45 km/h ou à 25 km/h ça ne change pas la passion. Que le vainqueur s'appelle Rasmussen comme aujourd'hui ou Dupont ce n'est pas un problème. J'aime ce sport car j'ai été "
vacciné avec un rayon de bicyclette".
Après, il est certain que le dopage cause beaucoup de mal au vélo. Je suis conscient que le jeu est truqué, j'essaye de prendre du recul. Je ne me m'extasie plus devant une performance ou un coureur sans un minimum d'analyse. Mais j'aime le vélo et c'est une passion que j'aurais du mal à abandonner.
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Aujourd'hui, on a assisté à une
superbe étape. Des échappées au long cours, des rebondissements, des attaques, des défaillances...
Le vainqueur, Rasmussen, m'inspire le doute (même si j'ai de la compassion car il a le même gabarit que moi !) quant à ses performances et notamment celles de 2005. Bon grimpeur mais pas excellent, il s'était immiscé à la 3ème place du classement général du tour 2005 avant de sombrer dans le contre-la-montre final. Il avait remporté l'étape de Mulhouse en résistant sur le plat à Jens voigt et Christophe Moreau me semble-t-il, pourtant excellents rouleurs. Pour le moins étonnant !!! De même ce coureur est capable d'être lâché du peloton en montagne sur une course et, quelques semaines plus tard, faire un festival dès que la route s'élève. Très étonnant !!! mais
sa chevauché du jour reste raisonnable. Le moyenne de l'étape est plus humaine et dans la montée finale il arrive avec 1'50" d'avance sur Sastre cette avance était de plus de 6' au pied.
La défaillance de Landis donne un côté humain à la course. On le croyait bluffeur quand il montait en queue de groupe le col de la Croix de Fer. On lui attribuait un sang froid et une confiance incroyable quand il ne contrait pas l'attaque de Menchov mais revenait lentement avec les T-Mobile dans la dernière montée. Et puis plus rien, scotché. La sorcière aux dents vertes lui a rendu visite, autrement dit la fringale, l'hypoglycémie. Je peux vous assurer que c'est terrible à vivre. Cela constitue
mon plus mauvais souvenir de vélo lors de la montée d'Hautacam à l'occasion du Dédi Pyrénéen en 2004. Plus aucune force (une fois descendu du vélo on a du mal à tenir debout), les jambes ne répondent plus et brûlent, la vue se brouille. On n'a beau manger c'est trop tard. L'américain avait du monter un pignon de 25 dents car je trouvais qu'il tournait encore les jambes dans ces moments là.
Du coup, Pereiro prend le maillot. Je ne sais que penser de lui mais soyons sûr que demain ça va attaquer et être magnifique. Dessel, premier Français, sort un peu de nul part et ce qu'il faut est très (trop) beau. Un peu de sang neuf dans le Tour de France...
Photo : Tour 2004, montée du Plateau de Beille. Rasmussen mène devant Voigt.