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Le blog décroissant de Sebos31.

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Max Havelaar optimiste

A l'occasion de la quinzaine du commerce équitable, l'ARPE Midi-Pyrénées( Association Régionale pour l'Environnement) prêtait ce soir ses locaux à l'association Max Havelaar pour une soirée sur le commerce équitable. Celle-ci donnait la parole à des représentants de coopératives venant de Bolivie, du Pérou, d'Haïti et des Comores. Ils étaient, je pense, invités par la société Lobodis et la SCOP Ethiquable qui achètent leur production et la vendent essentiellement en grandes surfaces. Bien entendu la présentation était une publicité pour le commerce équitable donc pas de polémique et puis les invités n'allaient pas critiquer leurs clients, ceux qui les font vivre, et ça se comprend !!! Les sujets abordés ont donc été assez superficiels.

Tous ont relevé les bénéfices indéniables du commerce équitable, tant financiers que sur le plan de l'aide au développement. J'ai vraiment ressenti leur soulagement d'intégrer un circuit court et ne plus traiter avec les "coyottes" qui sont des intermédiares peu scrupuleux et qui agissent pour le compte de multinationales et donc en situation de supériorité dans le rapport de force avec le producteur.
Leur autonomie est également assurée par la filière. Ainsi 60% des bénéfices vont en direction d'oeuvres sociales qui profitent à tous les membres d'une des coopératives représentées, comme par exemple payer l'université aux enfants des producteurs. Le responsable d'une coopérative de café au Pérou a souligné par ailleurs que sans le commerce équitable, bon nombre de petits producteurs ne seraient pas autonomes mais seraient contraints de travailler pour un grand patron terrien et dépendants de lui.

Mais l'intégration d'une filière équitable impose une qualité accrue du produit (contrôles qualité plus rigoureux), une protection de l'environnement et en particulier des sols quand la principale contrainte reste le paiement d'une taxe à FLO-Cert (Max Havelaar international) pour être certifié. Un des intervenants a bien souligné le coût élevé de ce "droit". D'autre part il était perceptible que ces coopératives travaillent pour exporter un produit "spécial riches" qui n'est pas viable économiquement dans leur propre pays.

Les multinationales restent encore timides dans cette filière et s'attachent à lutter contre l'équitable sur le terrain. Ainsi l'un de ces petits producteurs m'a expliqué qu'elles contrent les éventuelles prises de marché vers l'équitable en augmentant les prix ponctuellement afin de  conserver ces marchés en traditionnel. Pour lui il est nécessaire qu'il y ait transparence et que les consommateurs aient l'assurance que les bénéfices en bout de chaîne soient réels.

Par rapport à la labellisation en France, un membre de l'association MH m'a indiqué que la loi récente donnait une garantie à minima et donc la crainte de voir une société ou une grande surface s'emparer du terme commerce équitable en créant son propre logo avec des exigences minimums était entière. Un commerce équitable au rabais est donc à craindre.

Cette soirée, même si elle n'a pas répondu à nombre de mes interrogations de fond (voir ici...), m'a éclairé sur la réalité. La sincérité et la passion de ces producteurs m'ont montré que le commerce équitable ne doit surtout pas être une oeuvre de bienfaisance comme beaucoup le perçoivent (faire sa bonne action en achetant son paquet de café équitable est une réflexion que j'entends très souvent...) mais bien une alternative qui pèse dans le commerce mondial et que sa crédibilité et sa viabilité doivent absolument être garanties. La démarche équitable doit être incluse dans un processus alternatif éco-citoyen : l'équitable ne se limite pas qu'au sud-nord comme on veut bien nous l'expliquer encore trop souvent mais à la recherche de circuits courts (AMAP, coopératives, petits magasins...), de produits dont la production mais aussi la transformation, le transport et la distribution sont  respectueux de l'environnement et des Hommes.

Un autre monde est possible assurément et le témoignage de ces petits producteurs en est l'illustration et le tout petit commencement. Cet article se conclut sur une note optimiste, c'est assez rare pour être souligné ;-)

Photo : production de café (caféier sur la gauche de la photo) sur l'ïle de Fogo au Cap-Vert
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