
La journée a commencé, comme chaque matin de travail, par le 7/9 sur France Inter. Je me suis levé un peu plus tard que d'habitude, j'ai donc raté Jean-Marx Sylvestre, déception...En revanche, j'ai eu droit à
la chronique "Attitude" de Bernard Darniche. Elle était consacrée à l'exemple suédois en matière de voitures respectueuses de l'environnement.
L'ancien pilote de rallye place au passage un peu de pub pour la marque qu'il est allé visiter là-bas. Donc en Suède il y a une "
vraie volonté politique, une volonté de rendre la voiture propre (sic, bientôt la voiture dépolluera...).
Plutôt que de la chasser ou de l'incriminer on veut la rendre acceptable".
Sur le plan technique c'est magique, les suédois utilisent du
biogaz (ceci dit en passant pourquoi ne s'y met-on pas en France, pour le chauffage par exemple). Dans ce biogaz "
il n'y pas de carbone". Miracle de la science. Concernant le gaz naturel, il est "
magnifique pour l'environnement".
Les moyens politiques sont le prêt à taux avantageux, le crédit d'impôt, le péage à moitié prix et le stationnement gratuit "
vous vous rendez compte en ville !". Pour lui, il faut une volonté forte des politiques, "
la même que nous avons subie il y 35 ans quand on nous a obligés à rouler au diésel car c'était 50% moins cher que l'essence".
Il conclu en estimant qu'on ne fait que
"crier haro sur la voiture sans rien faire pour qu'elle devienne acceptable. Pour cela, il faut des transports en commun qui permettent d'avoir le choix. La voiture doit rester un système de déplacement privilégié mais pas utilitaire au quotidien". Cette dernière phase peut paraître encourageante mais je ne l'ai pas bien comprise.
Son raisonnement est joli, des voitures qui polluent moins c'est une très bonne chose et il faut pousser en ce sens mais ce n'est pas ur ça que je m'offusque. Il propose que la voiture soit acceptable (à quand les 4x4 acceptables en ville), que
l'on roule toujours autant. Car en étant réaliste ces voitures au biogaz resteront marginales. C'est très difficile à fabriquer pour l'automobile et puis remplacer tout le pétrole utile aux déplacements, va falloir en produire des déchets, manger des légumes, aller au toilettes... Même en polluant moins pour chaque voiture, faire autant et sans doute plus de kilomètres à l'avenir ne résoudra pas le problème.
Je replace l'analyse
croissance/développement durable/décroissance :
- croissance : continuer comme on fait....
- développement durable : rouler toujours autant mais avec du biogaz.
- décroissance : réduire ses déplacements
Du coup en sortant du boulot j
e suis allé en ville faire une ou deux courses et me promener, aller dire bonjour à ma soeur et mon neveu (absents...), flâner au soleil, rouler au gré de mes envies instantanées...
en vélo bien sûr !!! C'était le retour du travail. Des bouchons partout, 90% de voitures avec une seule personne, des files de voitures progressant moins vite qu'un homme au pas. Et bien ce spectacle sera le même avec le biogaz, il y aura toujours plus de routes, de traffic. J'étais content sur ma bicyclette, joyeux, décontracté à côté de ces conducteurs engoncés dans leur siège, stressés...
C'est un choix de vie, quoiqu'on dise. Cette dépendance à la voiture est même organisée par notre société. Et justement cette dépendance a montré
ses limites mercredi lorsque les anti-CPE ont bloqué l'accès à l'usine Airbus. Une partie de Toulouse était paralysée.
Mais les mentalités sont loin d'accepter de se passer de la bagnole, même en ville. Même Darniche trouve magnifique de se garer en ville gratuitement en ville... au biogaz. Il écarte rapidement l'hypothèse des transports en commun sous entendant qu'en l'état actuel on n'a pas le choix... Le bus devrait vous prendre devant votre porte à la seconde. Les excuses sont toutes bonnes.
La voiture ne doit donc pas rester un mode de déplacement privilégié, en particulier pour les déplacements utilitaires au quotidien.