Arcelor-Mittal provisoirement oublié (l
ire l'article à ce sujet), voilà que la France nous ressort son patriotisme économique. Cette fois-ci
pas de pays du tiers-monde qui va nous faire travailler pour quelques roupis mais l'Italie et son principal fournisseur d'électricité Enel. C'est Suez qui est visé.
La parade de nos gouvernants ? Créer rapidement un groupe plus gros que l'italien pour éviter le rachat et préserver "
l'indépendance énergétique" de la France et la sécurité d'approvisionnement selon Galouzeau de Villepin. En un temps record,
GDF va donc absorber SUEZ pourtant sensiblement plus gros que lui.
Après avoir séparé le gaz et l'électricité (GDF - EDF) voilà qu'on associe à nouveau ces deux secteurs puisque l'électricité est devenue un secteur clé pour SUEZ depuis qu'elle a racheté le numéro 1 belge Electrabel... (
le patriotisme économique est, bien entendu, à sens unique).
La privatisation est un sujet sensible. Les Français ne comprennent pas encore bien que l'on peut associer service public, égalité de tous les citoyens face à un service et profit financier. Ce n'est qu'une question de communication, patience... d'ailleurs on parle de Sarkozy président, les Français commencent donc à comprendre !!! Le beurre et l'argent du beurre c'est possible. Et Sarko va même nous vendre la crémière avec une bonne dose de populisme !
Pour calmer les esprits hostiles à la privatisation d'EDF et GDF, notre ministre de l'intérieur avait donc promis que ces deux fleurons de l'industrie énergétique française ne seraient pas complètement privatisés. La loi du 9 août 2004 impose même
une participation de l'Etat au capital supérieur à 70%.
Le sauvetage de SUEZ est donc une belle opportunité de se lancer dans la privatisation complète de GDF. Un amendement va être voté très prochainement pour faire sauter tous les freins précédemment cités. La situation est urgente, pas le temps d'en discuter, il faut sauver l'économie française ! Le patriotisme économique a quand même bon dos...