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Le blog décroissant de Sebos31.

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V'la l'François, il fait sa tournée à l'américaine !

Lundi soir j'étais au meeting de François Bayrou après avoir assisté à celui de Bové jeudi 1er mars. José était au hall 8 du Parc des expos de Toulouse alors que François dans le hall 2 (changé au dernier moment tellement il y avait de monde),  beaucoup plus grand !
Quand Bové laisse la parole à de nombreuses personnes et que le meeting ne tourne pas qu'autour de lui, Bayrou est la superstar, il n'y en a que pour lui. Arrivé au milieu de la foule sous une fanfare qui reprend des vieux tubes de dance-music, la Béarnais est très à l'aise sur l'immense podium tout orange, la couleur des libéraux, face aux 5 à 7000 personnes. Ca change des 1500 Bovétistes, la fanfare aux refrains paillards, la bière bio et les sandwichs faits maison. J'allais voir Bové plus en convaincu, même si son meeting ne m'a pas totalement convaincu et Bayrou en curieux.

Jour de Fête donc pour l'François qui fait sa tournée à l'américaine, moyens techniques assez impressionnants même si je n'ai pas d'expérience des meetings politiques. Et puis de grandes personnalités sont au rendez-vous : Jean Lassalle (l'ex gréviste de la faim) qui, il me semble, a repris la Marseillaise à la fin de tout son coffre et Patrick Sébastien, le plus applaudi, que Bayrou verrait bien en parlementaire [NDLR futur ministre de la culture ?]. Il faut dire que les élus les plus connus sont tous partis à l'UMP , "c'est être faible que se rallier au plus fort" dira-t-il.

Sur le fond, le centriste est revenu sur Airbus en disant en gros qu'il fallait que l'Etat français négocie avec l'entreprise le plan social.
Le reste de son discours aurait pu être celui d'un socialiste comme d'un UMP. Un peu de libéralisme, un peu de social. J'ai retenu en gros de la première partie, très intentionnelle, qu'il fallait "donner à la France les atouts pour se battre dans la compétition internationale", "rendre l'espoir aux Français", "créer le grand parti démocrate qui manque" et, bien sûr, dépasser les clivages droite, gauche. "Ni droite , ni gauche , la France" disait une militante qui introduisait la soirée. Il veut le changement et mettre en avant les trois catégories qu'il juge les plus importantes : les chercheurs, les entrepreneurs et les artistes. Les piliers de sa politique sont liberté, égalité, fraternité.  Ces valeurs ne sont pas naturelles mais il faut se battre pour les imposer (on sera tous d'accord...)

Pour ce qui est des propositions, il a indiqué quelques priorités.

Tout d'abord, et c'est devenu son cheval de bataille, la dette. Il s'est juré d'évoquer ce sujet à chaque fois qu'il s'exprimerait. Chaque dépense annoncée sera compensée par une économie ailleurs. Solde nul de son programme.

Lutter contre l'exclusion en créant des emplois (les fameux 2 emplois nouveaux exonérés de charges dans toutes les entreprises... applaudissements nourris). Offrir également une 2° et une 3° chance aux exclus qui ne sont pas des feignants en leur proposant une activité dans une collectivité, association... pour qu'ils retrouvent leur dignité (gros applaudissements !).

Autre point, relever le "défi de la mondialisation" grâce aux jeunes Français (énormément de jeunes dans la salle) qui doivent devenir les mieux formés au monde. Il a pris soin de caresser dans le sens du poil l'Education Nationale qu'il connaît, qu'il respecte, qu'il admire et qu'il soutient "envers et contre tout". Il s'engage à en garantir les moyens pour une école républicaine où tous les enfants en 6ième sauront lire et où l'école de campagne offrira les mêmes chances que l'école du centre de grande ville (applaudissements très nourris).

L'environnement, on y vient, ou plutôt le climat car c'est le terme qu'il a employé. La France a une responsabilité au niveau international et il s'engage à inscrire au calendrier de l'ONU ce problème très délicat car il faut discuter avec les pays pauvres. Toutefois il veut faire de la France un pays exemplaire (il a parlé d'alternatives à l'énergie ??).
Quant à la peur du retour en arrière, il n'en est pas question car il s'agit d'envisager un autre modèle de société dans lequel les délocalisations n'existeront plus à cause du coût du transport .
En résumé, plus de conscience, plus de civilisation et plus de solidarité. C'est beau mais ce ne sont que des grandes intentions  !

Pour finir l'Europe. Les ouistes sont désespérés et les nonistes désabusés car il n'y a pas eu le plan B. Il comprend le non (à cause d'un texte illisible et compliqué) et connaissait très tôt le résultat du référendum ! S'il est élu il refait un texte court, lisible, clair, simple que les Français comprendront et approuveront par référendum. [Traduction : ces couillons de Français n'ont rien compris au texte car c'est un truc de spécialiste, c'est un non de forme. On peut leur faire gober la même chose en le présentant mieux et plus simplement et ils voteront oui. J'étais alors énervé par ce discours rabâché partout.]

Gros applaudissements, la Marseillaise et voilà.

Si Bové lançait de belles idées mais pratiquement sans aucune proposition, les idées de Bayrou, moins utopistes et grandes sont illustrées par des engagements qui restent de l'ordre de l'intentionnel. Je ressens vraiment que Bayrou veut réunir ceux qui, car c'est plus facile, décrètent que droite et gauche c'est pareil et veulent du changement. Lequel ? Ils n'en savent trop rien mais sans doute Bayrou cristallise-t-il un vote contestataire "d'extrême centre". J'ai tout de mal du mal à imaginer à quoi ressemblera le parlement s'il est élu.
Pour ma part, la droite et la gauche incarnent des valeurs historiques, culturelles, philosophiques différentes. Je vois mal comment un homme, historiquement à droite, peut décréter la fin de ces différences et un consensus forcément très mou.

Je ne voterai donc pas Bayrou. Déjà parce qu'il incarne de nombreuses valeurs libérales et puis finalement il ne propose rien. Il séduit par son côté rebelle, à contre courant en apparence, son ascension assez impressionnante. Père de plein d'enfants, catholique, ancien prof, de la campagne, un peu agriculteur, ça va plaire à pas mal de monde. Pas à moi.

Photo : Bové à Toulouse aux côtés de François Simon - le hall 2 qui accueillait Bayrou, en bas le traducteur en langage des signes.
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G
Salut Seb,<br /> Assez d'accord avec tes propos concernant le coté "personnalisation" à outrance du meeting. J'étais allé il y a quelques années à un meeting de Bayrou pour les régionales et j'avais été affolé de voir que les gens devenaient quasi hystériques quand il prenait la parole ou tapait légèrement dans les mains.... Ca fait peur, tout de même, ce quasi fanatisme<br /> D'accord également avec toi pour dire qu'il reste assez vague dans ses propositions....(c'est justement ce qui lui permet de grimper dans les sondages)<br /> PAr contre, s'il est au second tour face à Sarkozy....je n'ai aucun doute et je voterai pour lui<br /> S'il est face à Royal (ce qui n'est pas exclu), j'avoue que j'hésiterai car malgrè tout, il pourrait peut être faire bouger les lignes et sortir de toutes ces anciennes pratiques douteuses de notre république. Je pense que Royal en a également la volonté mais peut être son entourage de dinosaures socialistes....
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S
Pour ma part le second tour pas d'hésitations dans le cas Bayrou - Royal ou Sarko - Bayrou. J'opte pour la seconde solution à chaque fois.Pour le premier tour c'est une autre histoire, vote anti-sarko, vote "utile" , vote de coeur, stratégie, sondages... chaud,chaud ! Quand je vois Sarko proposer la création d'un ministère de l'immigration et de l'unité nationale, stigmatiser les populations musulmanes, stigmatiser les chômeurs j'ai peur pour l'avenir...Je pense aussi pas mal aux législatives dont on ne parle presque pas mais le parlement c'est qd même lui qui gouverne !!
R
Je crois que n'importe quel esprit critique est désespéré de cette situation. Pour qui voter ???<br /> Ahh... Mais pourquoi n'y a-t-il pas eu de candidature unitaire ? J'espère qu'un jour nous arriverons à nous remettre de cet échec...
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C
Attention quand même à ne pas se laiser guider par les sondages !<br /> Ce n'est pas parce que les sondages disent un pourcentage, qu'il va se réaliser ! c'est comme ça que le 21 avril dernier......<br /> Cependant, j'avoue, j'ai un peu peur de devoir, moi aussi, voter "pour le moins pire", quitte à condamner un "petit" candidat qui m'intéresserait plus...<br /> Aïe, quel dilemme !
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Z
"Je ne vais pas voter Bayrou"...<br /> <br /> Et si à la veille du premier tour, les sondages donnent : Sarko à 33%, Le Pen à 15%, Royal à 17% et Bayrou à 22%, et le reste à moins de 2%, tu votes pour qui (sachant qu'il faut à peu près rajouter 4 à 5% aux intentions de vote de Le Pen) ?<br /> <br /> C'est triste à dire, mais je voterai Bayrou si c'est l'alternative anti-sarko qui semble la plus sûre. Et Royal si c'est elle.
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S
Si tout le monde se dit qu'il faut voter Bayrou pour lutter contre Sarko alors oui, il passera. <br /> Ca me fait aussi peur de voter  pour un petit candidat au risque d'avoir sarko au final que voter à contre coeur Bayrou ou Royal au risque de condamner à mort les petits candidats...
B
Pour une fois, Sébastien, ton argumentaire ne me paraît pas très convaincant. Jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire à moins d'accéder au pouvoir pour mettre en oeuvre (ou non) leurs promesses, tous les candidats ne font QUE des déclarations d'intention. Tu l'as souligné avec Bové par exemple. Bayrou n'en a donc pas l'exclusivité. Pour le coup, tu lui fais justement un mauvais procès d'intention ! Ce n'est pas digne de la profondeur d'analyse dont tu es coutumier. Je ressens ton article comme une analyse critique, guidée par des croyances qui te font perdre ton objectivité, et te rendent presque de mauvaise foi.<br /> Pour autant, je ne vais voter Bayrou au 1er tour des élections...<br />
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S
Je l'avoue je parts avec un apriori anti Bayrou tout silmplement parce que pour moi il a toujours été proche de l'UMP et s'en discocie depuis seulement  depuis quelques mois ou années à des fins que je souspçonnent électoralistes. Je n'ai jamais été objectif et je crois que personne ne l'est comme personne ne peut se dire apolitique.<br /> J'ai également Bové en travers, même si j'ai beaucoup d'admiration pour lui, car j'étais allé dans les collectifs pour parler du fond, faire avancer les 125 propositions qui datent de sptembre. Or, la guerre des logiques de parti ou de personne ont pris le dessus au point que je me demande si l'intérêt général les guide vraiment. Les propositions n'ont pas évoluées et Bové n'en a pas cité beaucoup au meeting. La candidature de Bové n'a pas grand sens telle que. D'un grand espoir je suis passé à un grand énervement<br /> Après il est certains que ni Bayrou, ni Bové n'ont l'exclusivité de ces intentions vagues mais chez Royal il y a quand  même eu un affinage du programme après débat (même s'ils peuvent être criticables). Les candidatures Bayrou et Bové sont plus des candidatures de contestation.<br /> Surtout ce qui m'énerve chez Bayrou c'est son changement dont j'ai du mal à voir en quoi il consiste. C'est mou. Royal et Sarko sont d'accord sur le libéralisme mais leur programme diffèrent sur la forme tout de même sensiblement. On se plaint que les alternances droite - gauche ne changent rien. Avec Bayrou plus besoin, d'alternance un mix des politiques française depuis 30 ans, que du bonheur !