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Il y a deux types de cyclistes :
les cyclistes du dimanche c'est-à-dire ceux qui font du vélo sportif avec des montures qui dépassent souvent les 2000 euros et
les cyclistes urbains qui se déplacent sur des bicyclettes dont la qualité n'a aucune importance (vélos qui passent parfois de mains en mains...).
Les premiers se trouvent sur les routes départementales, elles en sont remplies le dimanche matin, parfois en groupe mais rarement en ville. Ce lieu est justement celui où l'on rencontre les seconds, un peu à toute heure, et l'air souvent tranquille.
Seulement ces deux espèces sont bien distinctes, ne se comprennent pas tout le temps et parfois ne s'apprécient guère. J'ai la chance de naviguer entre ces deux catégories socio-cyclistes. Je connais même assez bien chacun de ces deux mondes. Beaucoup de choses les séparent, à commencer par
la conception même qu'ils ont du vélo. Le sportif attache une grande importance à son vélo voire à son look. Il fait du vélo par passion mais par passion du sport. Si le corps humain parvient à accomplir des exploits (si possible sans dopage) avec sa seule force musculaire , le sportif n'y voit pas souvent un moyen de locomotion
performant, économique et écologique. Le sportif met sont vélo dans sa voiture pour aller chercher l'exotisme d'une colline à 50 ou 100 km de chez lui. Une fois sur sa machine, la route lui appartient et il déteste les automobilistes qui s'impatientent derrière lui ou qui bien souvent ne prennent pas le temps de s'impatienter et tentent le dépassement plus qu'aléatoire (il est plus dangereux de rouler à la campagne qu'en ville). Malheureusement, ce cycliste a la mémoire courte car une fois en ville (si possible avec son 4X4), il se comporte avec les cyclistes urbains comme les autos se comportaient avec lui quelques heures plus tôt.
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Le cycliste des villes, quant à lui, a du mal à comprendre l'intérêt de faire la course en vélo et faire 200 km en revenant au point de départ. La bicyclette est pour lui avant tout un moyen de se mouvoir en déjouant le merdier automobile urbain. Décontracté, il circule en toute liberté (libertés qu'il se donne lui-même assez souvent). Lorsqu'il prend sa voiture, il éprouve lui aussi de l'impatience derrière un groupe de cyclos qui circule (dans ses droits) à 2 de front et qui, s'il se serre, forme une longue chenille de plusieurs dizaines de mètres de long, aussi difficile à dépasser (voire plus).
Toutefois, alors que je m'entraînais, un cycliste m'a doublé, portant sur le dos un sac semblant bien rempli. Il venait de faire des courses et rentrait chez lui à 15 km de là. Nous avons entamé la conversation et nous étions tous les deux contents de trouver un cycliste à la fois du dimanche et à la fois convaincu que le vélo est le meilleur moyen de transport, en particulier écologique. Nous en sommes arrivés à la conclusion suivante :
les cyclistes sportifs devraient montrer l'exemple en ville car ils ont des avantages sur le commun des mortels : ils ont la forme physique, l'habitude et l'habileté sur le vélo, les équipements adéquates et peuvent y associer la vitesse pour encore aller bien plus vite que les autos. Je tiens également à préciser qu'un de mes meilleurs amis est double cycliste et je l'ai d'ailleurs rencontré via le cyclisme sportif. L'antagonisme que je décris plus haut, s'il est plutôt vrai, n'est donc pas absolu !
Pour ma part je crois que ma passion du vélo est avant tout l'
harmonie que j'y trouve, harmonie avec la nature, avec mon corps mais aussi un moyen d'évasion, de défoulement et de s'en mettre plein les yeux (quand d'autres s'en mettent plein la gueule...). Ces sensations je les retrouve tant sur mon "vélo de course", sans pour autant faire de courses, mais aussi en ville au gré des rues toulousaines. Amis cyclistes du dimanche, mettez-vous au vélo en ville !
Photos : Sandy Casar, Route du Sud 2006 - vélo Québec www.velo.qc.ca