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Le blog décroissant de Sebos31.

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Une certaine lassitude et un dégout certain

Ceux qui me connaissent ne sont pas sans le savoir, je suis un passionné de cyclisme, comme pratiquant mais aussi comme spectateur. Pour rien au monde je ne raterai(s) une étape du Tour de France dans les Pyrénées. Pour rien au monde je n'aurais raté un championnat du monde devant ma télé. J'emploie en effet le passé pour cette dernière phrase car ce qui n'aurait pas du arriver est arrivé, j'ai manqué les mondiaux sur route à Salzbourg en Autriche au mois de septembre, volontairement, sans regret. Le cyclisme m'intéresse moins. Je ne peux pas dire plus car j'ai encore les anticorps (on dit en effet "être vacciné avec un rayon de bicyclette") mais la passion est retombée.

Je viens de publier une série d'articles pour Cyclismag sur le dopage en tentant d'explorer quelques pistes pour s'en sortir (introduction, changement des structures, prévention, répression... légalisation) . Pour se faire j'ai pas mal réfléchi sur le système du sport pro, sur la compétition et j'étais assez désabusé. La rédaction s'est faite sans trop de conviction, presque la mort dans l'âme.

J'éprouve donc une certaine lassitude mais surtout un dégout né du dopage, des affaires qui se multiplient et une révultion par rapport à la compétition. Je trouve le cyclisme de compétition malsain  et à l'opposé de l'idéal que j'ai de la société et de l'Homme.

Le cyclisme de haut niveau est caractéristique de la société libérale dans laquelle nous vivons : compétition entre personnes, individualisme, inégalités, rôle central de l'argent. La société exacerbe d'ailleurs la compétition à tous les niveaux et tous les âges, à commencer par l'école qui nous classe, nous hiérarchise, nous apprend à réussir individuellement plutôt qu'à coopérer, sans parler du monde de l'entreprise... On nous apprend à nous en sortir dans un monde de compétition et par là même on nous apprend la compétition. Le sport en est le paroxysme, la compétition y est il est vrai encadrée mais son but reste l'instinct primaire de domination. Je croyais l'Homme au dessus de la loi de la jungle et je pensais que sa force et son génie résidait en sa capacité à en faire fi pour développer la coopération et se soucier des plus fragiles, se donnant des valeurs telle la fraternité comme objectifs. Il est possible que la compétition sportive soit un exutoire, un défouloire pour canaliser ces relents d'instincts mais alors n'ai-je pas envi de contribuer à ce combat de coqs.

Rédacteur sur le site Cyclismag, dont le slogan est "le cyclisme à visage humain", j'ai découvert un peu mieux ce milieu du sport professionnel, avec l'objectif de mettre en valeur l'aspect humain, le destin d'homme pas forcément connus et dont le métier est d'affronter les autres sur un vélo !! La performance en tant que telle ne nous intéresse pas.
Ce microcosme est quand même spécial et je ne m'y sens pas du tout à l'aise. Hypocrisie, coups bas, les gens n'y sont souvent même pas "gentils", pas polis. Les centres de discussion sont le dopage, l'argent, les voitures et les femmes. Un monde de beauf' en somme, sans compter que sur le plan politique c'est droite à 80% ;-). Avoir des idées, des convictions, ne pas se fondre dans ce moule y est synonyme d'exclusion ou  de marginalisation.

Le cyclisme reste un beau sport et je ne cesserai de le pratiquer (vivement la traversée des Alpes en 2007 !) mais pas en compétition. J'ai rarement pris autant de plaisir à faire du vélo que cette année, que ce soit en ville pour me déplacer ou à la campagne pour le sport. Je crois également que j'irai toujours voir le Tour de France mais en prenant plus du recul. Ma collaboration avec Cyclismag ne me motive plus. J'ai trop de mal à être en phase avec les acteurs du vélo, leurs motivations et leur conception du sport, je ne comprends plus le finalité de la compétition sportive.

Photo : Route du Sud 2006, Mickael Buffaz, "petit" coureur dont presque seul Cyclismag parle même s'il ne gagne pas. Il discute ici avec Pierre, rédac'chef de Cyclismag, que j'estime beaucoup.
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A
faux, le dopage n'est pas l'image de la société libérale (y en marre que l'on tape sur la société libérale la seule à mon sens lié toujours à la démocratie exceptée la chine) puisque sous le regime communiste le dopage était une regle tout comme sous le regime nazie, et là pas de lutte anti dopage (à aussi apanage de nos socité libérale). critiquer le comportement humain est une chose le ramener à un style de vie et sur le dos de la société... pratique et facile<br /> beau site et bon vélo
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B
On peut aussi considérer qu'une certaine forme de solidarité et d'entraide anime le sport cycliste, car cela reste un sport d'équipe ! Des coéquipiers collaborent pour permettre à l'un d'entre eux de l'emporter. Il n'y a donc pas que de l'individualisme dans cette activité, fût-elle à caractère "compétitif" ...<br /> Je vois aussi la compétition comme un moteur puissant de l'excellence, qui pousse chacun à donner le meilleur de soi, et incidemment à mieux connaître ses propres limites. C'est donc aussi une incitation à l'humilité en quelque sorte.<br /> Mais, comme toi, je pense que l'excès de compétition, dans le sens où cela devient une fin pour l'homme, et non un moyen d'accomplir de belles choses, représente un grave danger. Et l'expansion du dopage, à tous les niveaux, prouve à quel point cette menace se concrétise et gangrène non seulement le sport, mais aussi la société au sens large.<br /> Mais, encore une fois, il ne faut pas oublier que c'est la dose qui fait le poison. Se tirer la bourre dans un col avec des copains cyclistes n'a rien de répréhensible à mon sens. Demander à l'homme de refouler toute envie de se mesurer aux autres, quand bien même cela se ferait dans un cadre purement "amical", je pense que c'est une forme de radicalité dangereuse.
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S
En fait je ne vise pas le cyclisme en tant que tel. J'adore ce sport, le côté sport individuel pratiqué en équipe et toutes les tactiques que ça impose.La compétition au niveau pro est pervertie par tellement de choses. Se tirer la bourre entre potes n'a rien à voir avec la compétition, il s'agit plutôt d'une émulation, la forme la plus profitable de la compétition. Elle pousse chacun à progresser sans faire de perdants ni de vrais gagnants. Je préfère mille fois une rando entre copains qu'une compétition, même de petit niveau.