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Parmi les arguments que l'on m'avance pour justifier de l'utilisation de la voiture en ville, celui-ci revient souvent : "
je ne prends pas le vélo en ville car on respire toute la pollution et les gaz d'échappement".
Heureusement la science vient à mon secours, car il est facile de comparer ce qu'inhalent un cysliste en ville et un automobiliste :
L'étude hollandaise de Van Vijnen (Int Arch Occup Environ Health, 1995) reprise par le
GRACQ.
Les polluants les plus significatifs sont exprimés en microgramme : par m³ (concentration de l'air respiré) et par heure (quantité inspirée pendant 1 heure en sachant qu'un cycliste inspire 2.3 fois plus d'air qu'un automobiliste à cause de l'effort physique).
| CO /m³ | CO /h | NO2 /m³ | NO2 /h | benzène /m³ | benzène /h | toluène /m³ | toluène /h | xylène /m³ | xylène /h |
Cycliste | 2670 | 2789 | 456 | 172 | 23 | 29 | 72 | 79 | 46 | 47 |
Automobiliste | 6730 | 3203 | 277 | 56 | 138 | 41 | 373 | 112 | 193 | 79 |
Ces résultats sont en fait tout à fait logiques car
la voiture capte l'air au niveau de la calandre donc à hauteur des pots d'échappement alors que le cycliste le prend plus haut, quand il est déjà dilué. De plus il est plus mobile, ne reste pas statique dans un embouteillage et peut choisir son itinéraire.
D'autres études aboutissent aux mêmes conclusions. Le Danois Rank publia en 2002 dans
The Science of the Environment une expérience réalisée à Copenhague en été concluant que les
concentrations en polluants dans les voitures étaient 2 à 4 fois plus importantes que dans l'air respiré par les cyclistes.
En 2002 également, la Mairie de Paris publiait des chiffres, repris par le magazine "Que Choisir". L'article avait pour but de mettre en avant la qualité médiocre de l'air dans le métro. Le tableau comparatif suivant permet de se faire une idée, unité microgramme/
m³ (attention, l'unité du CO semble fausse).
| | CO | NO | NO2 | Benzène | Toluène |
| Voiture | 10 | 409 | 77 | 65 | 288 |
| Bus | 3 | 311 | 86 | 28 | 94 |
| Vélo | 3.2 | 167 | 71 | 35 | 127 |
| Piéton | 2.9 | 144 | 57 | 27 | 92 |
| Métro (ligne1) | 2.4 | 173 | 41 | 27 | 109 |
Que dire de plus ? Peut-être que l'effort physique occasionné par la bicyclette ne peut être néfaste dans notre société MacDonaldisée, bien au contraire !
Un dernier conseil, toi qui es stressé en voiture, nerveux, qui subis une situation à laquelle tu contribues quand même un peu ou toi qui penses que la voiture est un signe extérieur de virilité, essaie de ne pas appuyer trop fort sur ta pédale de droite quand tu me doubles ou que tu démarres à un feu et que je me trouve près de toi. En effet, il est relativement plus facile d'appuyer sur ta pédale que sur les deux miennes, leur résistance étant un peu plus élevée !. Même si globalement l'air que je respire est moins pollué que le tien, le panache que tu émets à ce moment précis où toute la puissance de ton engin s'exprime (la relation entre sexe et bagnolle semble pour certains étroite !!! Grosse voiture, petit... ???) s'avère fort désagréable. Je sais que tu as envie de jouir des derniers moments qui te sont donnés à saloper nos villes mais sache que sur ton vélo tu trouveras peu de gens pour jouer au plus macho quand le feu passera au vert, soit parce qu'on ne s'arrête pas au rouge, soit parce que l'esprit de compétition n'existe plus chez le joyeux urbain !!!
Je laisse le mot de la fin à l'excellent Didier Tronchet, journaliste non sans humour, qui nous gratifiait d'un excellent ouvrage en 2000 intitulé "
Petit traité de vélosophie. Le monde vu de ma selle". Je le recommande à tous les joyeux urbains perchés sur une bicyclette, ils s'y reconnaîtront. Quant aux pauvres automobilistes, qui sont plus à plaindre qu'autre chose, qu'ils prennent garde avant de lire ce petit bijou d'humour. Ils pourraient rire jaune et user de quelques noms d'oiseaux envers l'auteur, même si la biodiversité avicole est quelque peu réduite en ville.
"
J'arrêterai la voiture pour le vélo quand il n y' aura plus de pollution. Air connu. Et grave erreur. Toutes les études le montrent : en voiture on subit AUTANT les effets de la pollution atmosphérique qu'à vélo [...]. Dès lors, comment en finir avec la pollution . Inutile d'imaginer des solutions scientifiques complexes. Un simple jeu de mots suffit, petit tour de magie sémantique, gratuit et imparable : inversons la phrase mot pour mot : Il n'y aura plus de pollution quand j'arrêterai la voiture pour le vélo."
Photo : image des Casseurs de Pub vu sur le blog antivoiture (lien en cliquant sur l'image) et rue Montardy à Toulouse devant le cinéma Utopia