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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 22:40
Voilà le chiffre qui  m'a marqué la semaine dernière : 500 millions d'euros. D'un côté il s'agit d'EDF qui annonce cette somme investie sur 5 ans pour remettre à niveau ses barrages hydroélectriques et de l'autre l'emprunt envisagé par la région Midi-Pyrénées sur 50 ans pour sauver le réseau ferré secondaire régional. Rien de bien positif dans cela, plutôt du très négatif.

EDF annonce donc des profits records (5.6 milliards d'euros de bénéfices nets en 2006) alors qu'un rapport confidentiel révélé par le magazine Capital indique que près de 50% du parc des retenues hydrolectriques françaises est en mauvais voire très mauvais état. Pendant ce temps, la firme publique focalise sur l'EPR de Flamanville (à ce sujet un récent rapport anglais indique la potentielle dangerosité de cette nouvelle génération de centrales nucléaires). Je n'ose même pas imaginer l'investissement quand cette entreprise sera privatisée... EDF, comme beaucoup, se gosse avec le développement durable depuis une dizaine d'année, durée depuis laquelle EDF n'investit plus dans le renouvelable hydroélectrique...

Côté Midi-Pyrénées, l'Etat à travers RFF (Réseau Ferré de France) abandonne les voies ferrées secondaires type Toulouse-Auch. Les trains ne peuvent y circuler à plus de 30km/h sur certains tronçons ! Pas d'investissement ce qui veut dire pas de volonté politique de la part de l'Etat sur les transports moins polluants. La région va donc faire un emprunt de 500 millions d'euros sur 50 ans qu'elle remboursera en partie grâce aux recettes de la TIPP (1.1 centime par litre de super et 0.79 pour le gazole - partie de la taxe revenant à la région depuis cette année). Là encore je n'ose pas imaginer l'état du réseau si tout cela était privatisé.

Pendant ce temps, on nous parle de grand contournement autoroutier à Toulouse et Bordeaux "inventons la rocade du 21°siècle" précise même Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse. Le TGV à Toulouse sera pour 2016 (pour les parisiens qui liront ce blog, il n'y pas de ligne grande vitesse jusqu'à Toulouse, il faut 5h30 de train et plus de 63% de ce trajet se fait en avion).

Puisqu'on parle transport, le moment est bien choisit de publier quelques statistiques en Midi-Pyrénées fournies par l'ORT.

  Chiffre 2005 Evolution 2000/2005 Evolution 2004/2005
Réseau routier (autoroutes + RN+RD) 33434 km - -
Autoroutes 653 km en 2004 2000/2004 : + 30% -
Voies ferrées
1709 km (44.7% électrifiées)
-
-
Passages aux péages (13 plus gros péages) 20040/jour  dont 1916 poids-lourds (9.6%) 2001/2005 : + 32.2% (+ 22.7% PL) + 2.4% (+ 2.1% PL)
Voitures particulières 1 443 363 + 8.1% + 0.2%
Voyageurs en avion 6 441 000 dont 2 992 000 avec Paris + 9.2% + 4.1%
Voyageurs en train 12 673 392 dont 1 779 949 avec Paris + 11.9% + 3.8%
Voyageurs TER 492 558 + 9.4% +1.9%
Marchandises route 131 187 000 T (95.2% des marchandises transportées) + 14.2% - 3.7%
Marchandises par fer 4 818 000 T (4.1% des marchandises transportées) -28.6% -11%
Marchandises par air 43 000 T +30.3% + 6.5%

Les derniers chiffres pour la route : 1 voiture pour 1.9 habitants. Quand la population augmente de 8% en 15 ans, le nombre de voiture croit de 15% soit 2 fois plus vite ! Le transport représente 31% des émissions de CO2 de la région.

photo : gare Matabiau à Toulouse
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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 22:21
Tous les matins au café le problème de la saturation de la rocade toulousaine est inévitablement abordé. La plupart de mes collègues vont, seuls, dans leur (parfois grosse) voiture au travail. Imaginez 8 m3 pesant plus d'une tonne pour une personne, à multiplier donc par des centaines de milliers et la quantité d'énergie et donc de CO2 que tout cela entraîne (ou plutôt on ne peut même pas l'imaginer tellement ça doit être monstrueux). Vivement la seconde rocade, telle est parfois la conclusion... Bref, les trajets domicile-travail représentent un poste très important d'émission de gaz à effet de serre.

Construire toujours de routes est-il la solution ? Encourager l'utilisation des transports en commun pour ce type de déplacement est peut-être plus bénéfique pour l'environnement. Leur utilisation reste pourtant marginale car c'est moins souple, il n'y a pas d'arrêt devant chaque lotissement (et il n'y a pas de logique intercommunale d'urbanisme...), il y des retards, les enfants à amener à l'école, les courses à aller faire à Carrefour au retour, ça sent mauvais, c'est bondé, etc, etc... les solutions font vite place aux excuses quand il n'y a pas la volonté.

Depuis la loi du 4 août 1982, l'employeur (public ou privé) doit participer aux abonnements de tels déplacements en région parisienne, à hauteur de 50%. En province rien...

Le 13 décembre 2000, une nouvelle loi dite loi SRU (solidarité et renouvellement urbain, article 109) permet de rajouter un article dans la précédente loi prévoyant la même chose en province à une différence près, le doit est remplacé par peut, sans niveau de participation minimum.

Le 30 décembre 2006, une nouvelle loi  (article 69) vient à nouveau compléter celle de 82 en introduisant le chèque-transport. Celui-ci, non obligatoire, permet aux employeurs de participer (contre exonération de charges sociales) au paiement de chèques-transport qu'ils mettent à la disposition de leurs salariés. Ceux-ci les utilisent pour se payer le transport en commun (donc ceux qui habitent tout proche de Toulouse) ou, si leur domicile n'est pas dans le périmètre de transport urbain ou que leurs horaires ne leur permettent de les utiliser, pour acheter du carburant.

Dans la fonction publique (personnels de l'Etat et des établissements administratifs publics de l'Etat, dont je fais partie), un décret d'application de la loi SRU de 2000 vient de sortir le 22 décembre dernier et précise la participation de l'employeur en province. Ouf... enfin !!! depuis le temps qu'on attendait cela !!! L'Etat avait même lancé une expérimentation de la loi, une fois celle-ci publiée et les établissements n'avaient pas le droit d'appliquer la loi d'eux-mêmes...
Avec l'arrivée de la seconde ligne de métro à Toulouse le 30 juin cela tombe à pic. Les abonnements mensuels et annuels seront donc pris en charge à hauteur de 50% dans la limite de 53 euros (si mes souvenirs sont bons).
Ainsi, quelqu'un qui est desservi par le réseau Tisséo peut souscrire un abonnement annuel qui lui revient à 157€ (ou mensuel à 17€) lui donnant droit à des trajets illimités sur toute l'agglo toulousaine (même hors déplacement domicile-travail).
Autre exemple de tarif, une personne qui habite à 35 km de Toulouse va payer seulement 30€ par mois. La personne qui habite Muret déboursera 21€, Montauban 41€. Réduction de 70% par rapport à la voiture !!! Rappelons qu'il y a une gare à 200m de mon lieu de travail.

Ceux qui cherchent à se loger auront tout intérêt à intégrer dans leur choix la proximité d'une gare ou d'une ligne de transport en commun. Le chèque-transport est en ce sens plus pervers car il n'incite pas à ce choix de lieu de vie. Au contraire, les inconditionnels de la voiture auront tout intérêt à ne pas être desservis car ils n'auraient pas droit au chèque-transport carburant.

Les réactions à la machine à café sont extrêmement positives puisque des personnes plutôt accros à leur voiture vont l'abandonner pour cette raison. L'argent le nerf de la guerre, c'est donc un critère essentiel pour faire changer les habitudes. Compter sur une prise de conscience écologique ne suffit malheureusement pas.
Seul bémol, certains ne voudront pas en bénéficier car les frais réels sur la feuille d'imposition resteraient plus intéressants, disons prendre les transports en commun et déclarer prendre la voiture reste plus intéressant...

A quand une réduction d'impôts pour ceux qui vont travailler en vélo ou à pied ? Là, le parking à vélo exploserait, déjà qu'il est de plus en plus plein !!!

Photo : Jérôme Bonato http://jerobonato.free.fr/ - le 38 qui dessert mon lieu de travail
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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 18:12
Cette semaine j'ai utilisé ma voiture en ville. Cela faisait quelques mois que ça ne m'était pas arrivé. Après la culpabilisation de participer à cette grande foire automobile, j'ai réellement ressenti de la frustration, coincé au fond de mon siège à subir la rue, attendre dans la file de voitures, impuissant. J'avais heureusement prévu environ le double de temps que ce que je mets à vélo d'habitude. A 17h un jeudi ce n'est pas très fluide !!! Quand j'ai vu un vélo me doubler, que j'ai redoublé par la suite mais qui ensuite m'a définitivement dépassé, j'ai ressenti de la jalousie, je me suis dit qu'il fallait vraiment être inconscient pour s'enfermer dans une bagnolle, se couper du monde par individualisme ou pour je ne sais quelle raison !!!

Je stigmatise la voiture comme la bête immonde pour interpeller et provoquer bien sur mais pour moi son omniprésence est réellement le symbole de l'évolution de la société : dépendance, domination, compétition, pollution, société de consommation, dévoreuse d'argent, différentiation  sociale, superficialité, machisme... A travers quelques images glanées à droite à gauche, voici ce que veut dire voiture pour moi.

La voiture est synonyme de liberté nous dit-on !!!
Il est écrit en bas "shift city life" (changer la ville) et  rejets CO2 160g/km (soit un D sur l'étiqutte énergie qui va de A à G)
Comment le voiture s'approprie l'espace piétonnier. Remarquez, elle s'est serrée, peut-être pour ne pas gêner la circulation sur la chaussée !!
Avenue de la Grande Armée à Paris, un 4X4 et une Porsche sur le trottoir, pour que les piétons aussi voient qu'ils sont riches !!!
La voiture ne pollue pas et en plus elle sent bon !!!! (parking souterrain François 1er à Paris 8 chez les bourgeois) Ce monsieur sur la droite est fier de nous présenter comment bloquer à la fois la piste cyclable et la chaussée !

Vous avez pu voir à l'occasion de mes précédents articles que le risque élevé d'accidents à vélo et la pollution respirée importante tenaient plus de la croyance populaire que de la réalité. La voiture est une aberration, on vient de le voir, alors êtes-vous convaincus par le vélo ? Se croise-t-on bientôt dans les rues toulousaines ?

La conclusion pour Didier Tronchet, tirée de son ouvrage "Petit traité de vélosophie"

Le préalable d'une ville sans voitures permet donc avant tout la libération de l'imaginaire. Car sur une table rase, tout redevient possible. L'horizon urbain nettoyé dégagera aussi l'horizon mental. Sur cette chaussée libre, dans cette ville qui nous paraîtra tout à coup plus vaste, toutes les folies imaginatives pourront enfin se déployer. C'est peut-être cette fois au niveau individuel, personnel, que le territoire urbain sera investi. La rue réinventée par ceux qui la vivent, comme ce vieux rêve de " la terre à ceux qui la travaillent". Cette réappropriation de la rue pourrait se révéler une belle prise de la Bastille.
Après tout, c'est dans la rue qu'ont toujours commencé les révolutions."
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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 22:41
Voilà une question que j'aime beaucoup car j'y réponds facilement. Ce n'est pas le vélo qui est dangereux mais bien la voiture !!!
Après le préjugé de la pollution comme excuse pour ne pas pédaler, je vais tenter de casser aujourd'hui celui des risques très importants de chutes et de blessures pour le cycliste.

Il est tout à fait légitime de se poser quelques questions avant d'enfourcher une bicyclette et de se jeter dans l'arène.

Ai-je plus de risques d'être blessé en vélo qu'en voiture ?

Tout d'abord il faut savoir que le vélo représente 4% des déplacements en France, 4% des blessés graves et un peu moins de 4% des tués dans des accidents de la route. A titre de comparaison, les motards sont respectivement à 2%, 30%, 21%.


Moto > 50
Scooter, cyclomoteur 10-35
Vélo 1.5-2
Voiture 1
Piéton 0.5-1
Transport en commun
~0
Risque d'être tué ou blessé gravement en ville (G. Wolf 1991)
 
Année Tués Blessés
1970 795 13157
1980 659 13418
1990 401 8257
2000 255 5927
2002 211 4571
2003 190 4851
2004 167 4427
2005
180
4587
Les morts et blessés en France à vélo (Sécurité Routière)

Le tableau de gauche indique un risque plus élevé en vélo qu'en voiture. Toutefois ces chiffres de 1991 sont à rapprocher à ceux du tableau de droite. Les diminutions sont nettes au fil des années et entre 2001 et 2004 le nombre de tués a diminué de 30% pour les cyclistes et seulement 15% pour l'ensemble des usagers.
Il est important de noter que le nombre de morts a augmenté entre 2004 et 2005 (tableau de droite) même si cette recrudescence des morts en ville a touché surtout les piétons et les motards. La cause première est l'excès de vitesse (65% des infractions en 2005 en ville contre 53% en 2004).

Alors les mauvaises langues me rétorqueront que les accidents sont plus fréquents en ville qu'à la campagne. C'est exact mais ils sont 5 fois plus graves en rase campagne ( 11.1 tués pour 100 victimes) qu'en ville (2.1 tués pour 100 victimes et même 1.3 tués/100 victimes en agglomération de plus de 20 000 habitants).

Il est donc incontestable que la crainte des accidents de vélo en ville est psychologique (fragilité, pas de carrosserie) et historique (3 fois plus de blessés en 1970 qu'aujourd'hui) et non fondée sur une réalité.

Qu'en est-il de la gravité des blessures ?

Les catégories d'âges ne sont pas toutes égales face à l'accident de vélo. Les jeunes de moins de 14 ans sont particulièrement exposés, tout comme les plus de 65 ans alors que la tranche d'âge qui statistiquement risque le moins est la tranche 25-39 ans.

Gravité Cycliste Voiture Piéton
Faible à moyenne 92% 93% 84%
Forte 8% 7% 16%
Blessure au crâne 17% 24% 26%
Tués
0,4% 1,3% 2,3%
Etude réalisée en 2004 et 2005 par l'ONISR  en Rhone-Alpes

Il apparaît donc clairement que les accidentés à vélo sont moins gravement touchés que les autres catégories d'usagers.

Tués/100 victimes Cyclistes 3,78
Voitures 5.39
Piétons 4.46
Sécurité Routière 2005

Ces chiffres issus de l'ensemble des accidents en France en 2005 mettent en évidence de façon plus large que les cyclistes sont proportionnellement moins fatalement touchés.

Et le port du casque ?

La troisième ligne de l'avant-dernier tableau est assez intrigante puisqu'elle met clairement en évidence que les lésions au crâne sont sensiblement moindres en vélo qu'en voiture ou à pied. Si le port du casque est indispensable chez les enfants, il s'avère moins nécessaire chez les adultes. Le rendre  obligatoire devrait concerner prioritairement  les piétons et les automobilistes ! A noter qu'en Australie le nombre de cyclistes a diminué de 30% après que le casque ait été rendu obligatoire. Le vélo en ville est tout de même synonyme de liberté et la contrainte d'un casque enlève cette sensation. Je précise que je ne le porte pas en ville mais toujours pour la pratique sportive où les risques sont bien plus grands.

Dois-je attendre qu'il y ait plus de cyclistes pour m'y mettre ?

Non bien sûr car il  existe en effet une cercle vertueux du vélo. Plus la part modale du vélo est importante par rapport à la voiture et moins il y a d'accidents. Les automobilistes adaptent leur conduite et peuvent moins s'imposer car moins en surnombre. Bien entendu cela dépend aussi des infrastructures cyclables. Plus elles sont présentes et plus il y aura de cyclistes et inversement. A ce niveau, Paris est une ville correcte à vélo, comme Toulouse alors que Marseille est plutôt difficile.

D'après les stats de 96 à 98

3 enseignements :

- Plus il y a de cyclistes en proportion des autres moyens de transport et moins les accidents sont graves

- Le port du casque n'est pas probant

- La France se fait remarquer (en liaison avec l'insécurité routière d'une manière générale)
Pour appuyer ce dernier point, il est à noter qu'en 2004, les cyclistes étaient présumés responsables par les forces de l'ordre dans 35.8% des accidents, ce taux s'élevant à 46.4% pour l'ensemble des accidents de la circulation.

Le phénomène de diminution des risques d'accidents est aussi visible avec la distance parcourue en moyenne par les cyclistes. Plus les cyclistes sont habitués à se déplacer à vélo et moins ils ont de chance d'avoir un accident.

Finalement, le principe est un peu le même que la pollution. Tant que les automobilistes persisteront dans leur boîte en fer alors le danger et la pollution seront présents en ville. A l'inverse s'ils l'abandonnent, que du bonheur !!!

Photos : Liu Tao http://www.chine-nouvelle.com cette photo fit polémique car le photographe aurait été au courant qu'il y avait un trou dans la chaussée ! - Bush tout égratigné...l'inexpérience est facteur de risque et personne n'est  à l'abri http://membres.lycos.fr/wotraceafg/
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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 12:27
Parmi les arguments que l'on m'avance pour justifier de l'utilisation de la voiture en ville, celui-ci revient souvent  : "je ne prends pas le vélo en ville car on respire toute la pollution et les gaz d'échappement".

Heureusement la science  vient à mon secours, car il est facile de comparer ce qu'inhalent un cysliste en ville et un automobiliste :

 L'étude hollandaise de Van Vijnen (Int Arch Occup Environ Health, 1995) reprise par le GRACQ.
Les  polluants les plus significatifs sont exprimés en microgramme : par m³ (concentration de l'air respiré) et par heure (quantité inspirée pendant 1 heure en sachant qu'un cycliste inspire 2.3 fois plus d'air qu'un automobiliste à cause de l'effort physique).


CO  /m³ CO /h NO2  / NO2 /h benzène  / benzène /h toluène  / toluène /h xylène  / xylène /h
Cycliste
2670
2789
456
172
23
29
72
79
46
47
Automobiliste
6730
3203
277
56
138
41
373
112
193
79

Ces résultats sont en fait tout à fait logiques car la voiture capte l'air au niveau de la calandre donc à hauteur des pots d'échappement alors que le cycliste le prend plus haut, quand il est déjà dilué. De plus il est plus mobile, ne reste pas statique dans un embouteillage et peut choisir son itinéraire.

D'autres études aboutissent aux mêmes conclusions. Le Danois Rank publia en 2002 dans
The Science of the Environment une expérience réalisée à Copenhague en été concluant que les concentrations en polluants dans les voitures étaient  2 à 4 fois plus importantes que dans l'air respiré par les cyclistes.

En 2002 également, la Mairie de Paris publiait des chiffres, repris par le magazine "Que Choisir". L'article avait pour but de mettre en avant la qualité médiocre de l'air dans le métro. Le tableau comparatif suivant permet  de se faire une idée, unité microgramme/ (attention, l'unité du CO semble fausse).

  CO NO NO2 Benzène Toluène
Voiture 10 409 77 65 288
 Bus 3 311 86 28 94
Vélo 3.2 167 71 35 127
Piéton 2.9 144 57 27 92
Métro (ligne1) 2.4 173 41 27 109

Que dire de plus ? Peut-être que l'effort physique occasionné par la bicyclette ne peut être néfaste dans notre société MacDonaldisée, bien au contraire !

Un dernier conseil, toi qui es stressé en voiture, nerveux, qui subis une situation à laquelle tu contribues quand même un peu ou toi qui penses que la voiture est un signe extérieur de virilité, essaie de ne pas appuyer trop fort sur ta pédale de droite quand tu me doubles ou que tu démarres à un feu et que je me trouve près de toi. En effet, il est relativement plus facile d'appuyer sur ta pédale que sur les deux miennes, leur résistance étant un peu plus élevée !. Même si globalement l'air que je respire est moins pollué que le tien, le panache que tu émets à ce moment précis où toute la puissance de ton engin s'exprime (la relation entre sexe et bagnolle semble pour certains étroite !!! Grosse voiture, petit... ???) s'avère fort désagréable. Je sais que tu as envie de jouir des derniers moments qui te sont donnés à saloper nos villes mais sache que sur ton vélo tu trouveras peu de gens pour jouer au plus macho quand le feu passera au vert, soit parce qu'on ne s'arrête pas au rouge, soit parce que  l'esprit de compétition n'existe plus chez le joyeux urbain !!!

Je laisse le mot de la fin à l'excellent
Didier Tronchet, journaliste non sans humour,  qui nous gratifiait d'un excellent ouvrage en 2000  intitulé "Petit traité de vélosophie. Le monde vu de ma selle". Je le recommande à tous les joyeux urbains perchés sur une bicyclette, ils s'y reconnaîtront. Quant aux pauvres automobilistes, qui sont plus à plaindre qu'autre chose, qu'ils prennent garde avant de lire ce petit bijou d'humour. Ils pourraient rire jaune et user de quelques noms d'oiseaux envers l'auteur, même si la biodiversité avicole est quelque peu réduite en ville.

"J'arrêterai la voiture pour le vélo quand il n y' aura plus de pollution. Air connu. Et grave erreur. Toutes les études le montrent : en voiture on subit AUTANT les effets de la pollution atmosphérique qu'à vélo [...]. Dès lors, comment en finir avec la pollution . Inutile d'imaginer des solutions scientifiques complexes. Un simple jeu de mots suffit, petit tour de magie sémantique, gratuit et imparable : inversons la phrase mot pour mot : Il n'y aura plus de pollution quand j'arrêterai la voiture pour le vélo."

Photo : image des Casseurs de Pub vu sur le blog antivoiture (lien en cliquant sur l'image) et rue Montardy à Toulouse devant le cinéma Utopia
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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 18:39

La semaine dernière, au cours de mes vacances parisiennes, j'ai souhaité assister à l'enregistrement d'une émission télé, simple curiosité. Je suis allé voir "C dans l'Air" qui est diffusée sur la 5  mais qui est enregistrée (en direct tous les jours.. sauf le vendredi) dans les locaux d'Europe 1. Le sujet du jour portait sur les biocarburants.

J'ai pu en apprendre plus sur les mesures du "flex fuel" annonçées par Thierry Breton en préambule du salon de l'Auto et à grand renfort de com. Mais le débat fût, selon moi, peu intéressant car n'abordant pas les limites de cette alternatives.


Le flex fuel ou E85, c'est une essence type super SP 95 dans laquelle il y 85% de bioéthanol issu de la culture de betterave en France ou encore de canne à sucre au Brésil (pays en avance sur ce sujet). Seulement, la France favorise le diesel, qui représente 70 % des ventes, sans parler du transport routier qui lui aussi est au fuel... Les raffineurs investissent donc actuellement  dans la fabrication du gazoil pour alimenter cette demande grandissante. Il y a donc inadéquation avec la politique des motorisations.

Une des principales limites des biocarburants sera le choix entre rouler ou manger. En effet, la surface agricole est nettement insuffisante pour que les biocarburants remplacent le pétrole. De plus qu'en est-il de l'écobilan avec ces betteraves qui seront cultivées de manière intensive à grand renfort d'engrais chimiques issus... du pétrole et qui risquent de développer la monoculture, d'appauvrir les sols et de les polluer, tout comme les nappes et les rivières ? Comme le disait Jean-marc Jancovici, reprit par Libé "les bioarburants sont un intéressant problème de poliique agricole mais un élément négligeable d'une politique énergétique". Les aides de la PAC devant cesser aux environs de 2013, les subventions que l'on apportera sans doute à cette agriculture productiviste seront un moyen détourné de faire perdurer notre politique agricole perverse.

Si l'on prend le cas du Brésil qui s'est lancé dans la culture à grande échelle de la canne à sucre, les conséquences négatives sont importantes : déforestation (et relargage de CO2 dont la forêt amazonienne est un grand réservoir), immenses exploitations agricoles aux mains de quelques propriétaires ayant pour conséquence, outre les nuisances environnementales décrites plus haut,  l'obligation pour des petits paysans d'abandonner leur activité pour devenir ouvriers agricoles à la merci de ces magnats.

 

Mais ce qui me gêne le plus dans l'annonce de "flex fuel", c'est qu'elle présente au public cette voie énergétique comme LA solution au problème de la disparition du pétrole et du réchauffement climatique. Je crois qu'on en est très loin, c'est un leurre et ce type de communication peut même avoir un effet très contre-productif. En effet, on dit aux gens qu'ils peuvent utiliser sans souci, la conscience tranquille, leur voiture avec une dose (7.5% objectif 2010) de bioéthanol. On ne remet absolument pas en cause la place de la voiture et du transport en général dans notre mode de  fonctionnement et nos habitudes. L'énergie la moins polluante et qui n'est pas en voie de disparition, c'est pourtant bien celle que l'on n'utilise pas...

 

Pour l'anecdote, il est déjà difficilement compréhensible que ce soit une vedette du gaspillage du pétrole et de la pollution qui soit en charge de dossier, Alain Prost. Il ne me semble pas que celui-ci se soit repenti, en effet en 2006 il commente les GP de F1 et parraine le Trophée Andros. C'est un peu comme si on demandait à Floyd Landis ou Richard Virenque de s'occuper de la lutte antidopage ou bien à Charles Pasqua de coordonner un projet de loi contre les malversations financières !!!

 

Pour essayer d'être constructif, voici quelques propositions de mesures visant à réduire la consommation pétrolière dans le transport. Les biocarburants sont à considérer en parallèle voire dans un second temps. J'ai puisé mon inspiration sur le blog de Corinne Lepage, le site des Verts , le livre de Jean-Marc Jancovici "Le Plein s'il vous plaît" et "Graine de possibles" de Nicolas Hulot et Pierre Rabhi.

- Rétablissement d'une vignette auto dont les bénéfices seraient alloués à un budget transparent

- Surtaxe CO2 bien plus élevée qu'actuellement (allant par exemple de 1% à 30% du prix de la voiture)  démarrant dès 120g CO2/km.

- Taxation des marchandises (intérieure et importation) au  km parcouru et à la tonne et selon le mode de transport.

- Moratoire sur la construction de nouvelles routes, autoroutes, rocades

- Taxation des énergies fossiles en augmentation annuelle plus importante que l'inflation de manière à nous préparer au pic pétrolier à venir

- Prime ou crédit d'impôt pour les personnes abandonnant leur voiture personnelle au profit de l'autopartage, du vélo...

- Brider les moteurs à la vitesse maximum autorisée

- Réduire les vitesses maximales sur le réseau routier (110 - 100 - 80 - 40)

- Règlementer la publicité sur les voitures, motos... au même titre que celle pour le tabac ou l'alcool

- Créer une carte mobilité intégrant les émissions de CO2 et alimentant un livret d’épargne CO2 pour les plus économes.

- Prise en charge par l'employeur de 50% des frais de transport en commun pour se rendre au travail, l'autre moitié par le budget.

- Taxation des employeurs en fonction du ratio nombre d'employés / nombre de voitures particulières pour se rendre au travail.

- Budget ainsi abondé alloué au développement d'énergies alternatives, aux transports en commun et aux transports des marchandises moins polluants. Transparence absolue de ce budget.

Photos : le 4X4 à taille humaine dans l'esprit des biocarburants - campagne à Toulouse pour l'utilisation du vélo.

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Published by Sébastien Bosvieux - dans Transport
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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 23:40
Les titres de Libé, j'ai essayé mais je ne suis pas au niveau. Je donne donc dans le titre type hebdomadaire racoleur. De toute façon, ce que je vais vous présenter aurait mérité une publication dans une revue scientifique de haut niveau. Les chiffres que je vous présente sont issus d'une étude des plus sérieuses et rigoureuses réalisée durant un déplacement professionnel que j'ai effectué mardi et mercredi.

Mon employeur (établissement public) met à disposition des véhicules de service de marque Peugeot 307 essence 7ch 1.6L 110ch. Ceci dit au passage il se met en porte-à-faux avec une circulaire de Dominique de Villepin datée du 28 sptembre 2005 et demandant que les véhicules acquis rejettent moins de 140g de CO2/ km. Les 307 en question dégagent 174 g d'après l'ADEME...

Ces jolies voitures, un peu grosses à mon goût, possèdent la climatisation et sont équipées d'un petit ordinateur de bord qui permet de faire des moyennes de consommation d'essence et de vitesse. Je peux ainsi parcourir une distance donnée en connaissant ma vitesse et ma consommation, dans les limites de la fiabilité et de la précision de l'équipement.
C'est donc sur l'autoroute Toulouse-Bordeaux (A61), sur les sections planes, sans vent et peu encombrées, que je vais essayer de comparer les différences de consommation avec et sans clim'. Faut bien s'occuper en voiture !!!

Je me cale à 119km/h et roule hyper régulier. Je mets alors le compteur à "0" et relève les chiffres au bout d'environ 10km. Au moindre ralentissement ou variation de relief, soit je note les chiffres si la distance est supérieure à 5 km soit j'annule. Je fais ce test sans clim puis avec, en alternant. Dans le cas de la clim, j'attends qu'elle se mette en route et que l'air soit bien frais avant de commencer le test.

Avec 4 essais totalisant 45 km, je consomme sans climatisation  6,64 L/100km. Les 4 essais donnent  avec la clim' 7,61 L/100km.
Conclusion, mettre la clim' à près de 120 km/h augmente la consommation d'essence (et les rejets polluants qui en découlent) de 14,5%. Pas négligeable !
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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 14:04

Contrairement à ce que j'entends fréquemment (source bouche à oreille), l'essence à la pompe augmente moins que le prix du baril de brut pour la simple et bonne raison que la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) est une taxe fixe et non un pourcentage.

Super 0,6396 €/L

Gazole 0,4169 €/L

Sans plomb 0,5892 €/L

Fioul domestique 0,0566 €/L

fioul lourd 0,1850 €/T

GPL  0,0599€/L

Essence avion 0,3236 €/T

Carburéacteur (avions) 0 €/L

On pourra noter que le kérosène pour l'aviation commerciale n'est pas taxé.

Les camions de plus de 7,5 T, les engins agricoles ainsi que les bus peuvent bénéficier du remboursement d'une partie de la TIPP.

En France les taxes représentent 66,9% du prix du sans plomb 95 et 57% du prix du gazole en 2005. En 1995 cette taxation s'élevait respectivement à 80,2% et 72,5%. La TIPP représente un revenu pour l'Etat qui sert aux infrastructures routières et qui est en baisse régulière.

On entend également souvent qu'il est interdit de mettre de l'huile dans son moteur car non assujetti à la TIPP. Les biocarburants sont autorisés et bénéficient d'une TIPP spécifique mais doivent être fabriqués dans des installations agréées par l'Etat (ce qui peut se comprendre...). Le montant de la TIPP s'échelonne entre 0,25?/L à 0,33?/L selon qu'il s'agisse d'ester méthylique eu éthylique (huile), d'alcool et s'ils sont mélangés au gazone ou au supercarburant.

Source : http://www.industrie.gouv.fr

Ces quelques précisons pour clarifier les "on dit". On est donc loin d'une énergie fossile de plus en plus taxée comme certains l'estiment urgente afin de nous préparer à l'avenir !

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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 00:14
La journée a commencé, comme chaque matin de travail, par le 7/9 sur France Inter. Je me suis levé un peu plus tard que d'habitude, j'ai donc raté Jean-Marx  Sylvestre, déception...En revanche, j'ai eu droit à la chronique "Attitude" de Bernard Darniche. Elle était consacrée à l'exemple suédois en matière de voitures respectueuses de l'environnement.

L'ancien pilote de rallye place au passage un peu de pub pour la marque qu'il est allé visiter là-bas. Donc en Suède il y a une "vraie volonté politique, une volonté de rendre la voiture propre (sic, bientôt la voiture dépolluera...). Plutôt que de la chasser ou de l'incriminer on veut la rendre acceptable".
Sur le plan technique c'est magique, les suédois utilisent du biogaz (ceci dit en passant pourquoi ne s'y met-on pas en France, pour le chauffage par exemple). Dans ce biogaz "il n'y pas de carbone". Miracle de la science. Concernant le gaz naturel, il est "magnifique pour l'environnement".
Les moyens politiques sont le prêt à taux avantageux, le crédit d'impôt, le péage à moitié prix et le stationnement gratuit "vous vous rendez compte en ville !". Pour lui, il faut une volonté forte des politiques, "la même que nous avons subie il y 35 ans quand on nous a obligés à rouler au diésel car c'était 50% moins cher que l'essence". 
Il conclu en estimant qu'on ne fait que "crier haro sur la voiture sans rien faire pour qu'elle devienne acceptable. Pour cela, il faut des transports en commun qui permettent d'avoir le choix. La voiture doit rester un système de déplacement privilégié mais pas utilitaire au quotidien". Cette dernière phase peut paraître encourageante mais je ne l'ai pas bien comprise.

Son raisonnement est joli, des voitures qui polluent moins c'est une très bonne chose et il faut pousser en ce sens mais ce n'est pas ur ça que je m'offusque. Il propose que la voiture soit acceptable (à quand les 4x4 acceptables en ville), que l'on roule toujours autant. Car en étant réaliste ces voitures au biogaz resteront marginales. C'est très difficile à fabriquer pour l'automobile et puis remplacer tout le pétrole utile aux déplacements, va falloir en produire des déchets, manger des légumes, aller au toilettes... Même en polluant moins pour chaque voiture, faire autant et sans doute plus de kilomètres à l'avenir ne résoudra pas le problème.

Je replace l'analyse croissance/développement durable/décroissance :
- croissance : continuer comme on fait....
- développement durable : rouler toujours autant mais avec du biogaz.
- décroissance : réduire ses déplacements

Du coup en sortant du boulot je suis allé en ville faire une ou deux courses et me promener, aller dire bonjour à ma soeur et mon neveu (absents...), flâner au soleil, rouler au gré de mes envies instantanées... en vélo bien sûr !!! C'était le retour du travail. Des bouchons partout, 90% de voitures avec une seule personne, des files de voitures progressant moins vite qu'un homme au pas. Et bien ce spectacle sera le même avec le biogaz, il y aura toujours plus de routes, de traffic. J'étais content sur ma bicyclette, joyeux, décontracté à côté de ces conducteurs engoncés dans leur siège, stressés...
C'est un choix de vie, quoiqu'on dise. Cette dépendance à la voiture est même organisée par notre société.  Et justement  cette dépendance a montré ses limites mercredi lorsque les anti-CPE ont bloqué l'accès à l'usine Airbus. Une partie de Toulouse était paralysée.

Mais les mentalités sont loin d'accepter de se passer de la bagnole, même en ville. Même Darniche trouve magnifique de se garer en ville gratuitement en ville... au biogaz. Il écarte rapidement l'hypothèse des transports en commun sous entendant qu'en l'état actuel on n'a pas le choix... Le bus devrait vous prendre devant votre porte à la seconde. Les excuses sont toutes bonnes.

La voiture ne doit donc pas rester un mode de déplacement privilégié, en particulier pour les déplacements utilitaires au quotidien.
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19 février 2006 7 19 /02 /février /2006 00:45
Autour de nous beaucoup de gens s'insurgent contre le prix élevé de l'essence à la pompe alors que dans le même temps les compagnies pétrolières, qui extraient le brut, le raffinent et vendent le carburant, font de super profits (voir cet article). Il est vrai que ces bénéfices sont réalisés par des "vaches à lait".
Mais "vaches à lait" nous le sommes tous (plus ou moins...) parce que nous sommes accros à l'essence, à la voiture, nous avons adopté un mode de vie totalement dépendant de l'or noir. Il est en effet banal de faire plus de 30 kms pour aller bosser, 15 kms pour aller au supermarché ou au cinéma, voire même de prendre sa voiture pour acheter une baguette à 500m de chez soi !

Sur le plan macro-économique, combien de kilomètres parcourt notre ordinateur avant d'arriver à l'étalage ? Pour exemple, l'incendie dans le Tunnel du Mont-Blanc s'est déclaré sur un camion qui transportait des papates hollandaises en direction de l'Italie où elles auraient dû être lavées et découpées pour être vendues... en Hollande ! Sans parler des voyages en avion devenus courants, pour partir en vacances, à  l'aventure, avec l'appellation parfois d'éco-tourisme !
A ce sujet, on peut trouver sur internet des vols à 2€. Ces prix très bas deviennent normaux et le consommateur ne connaît plus la vraie valeur d'un voyage en avion et plus généralement des choses, il exige ces prix bas, en sachant qu'aucun billet ne comprend dans son tarif le coût éco-environnemental qui, lui, est et sera payé dans un avenir plus ou moins lointain par la collectivité.

La sacro-sainte croissance, incontournable à droite comme à gauche

Seulement voilà, notre système consumériste, basé sur la croissance perpétuelle, et de plus en plus libéralisé, se fragilise. Les scientifiques, les économistes (même certains libéraux) tirent la sonnette d'alarme. Ce mode de civilisation, vers lequel toute la planète semble se diriger, n'est pas viable à long et même à moyen terme. La crise pétrolière à venir sera peut-être le déclencheur de la faillite de cette croissance à laquelle tout le monde croit encore, même les partis de gauche (à l'exception d'Yves Cochet chez les Verts qui commence à aborder le sujet) et d'extrême gauche et, bien sûr, les syndicats qui demandent de la croissance et de l'activité économique. En effet le "peak oil" ou pic d'Hubbert, c'est-à-dire le moment où la production pétrolière est techniquement à son maximum, est pour bientôt ( quelques années). Après ce pic, l'offre se réduit pour une demande qui augmente, je vous laisse imaginer la courbe des cours du brut...

En étant réaliste, nous n'avons pratiquement aucune alternative au pétrole, surtout pour les transports. Il n'y a qu'un moyen de prévenir le chaos : la sobriété énergétique et son extension à tous les domaines :  la décroissance soutenable.

Le développement durable, solution ou marketing ?

Cela commence donc par se désintoxiquer de l'essence et, pour ce faire, rendre cette énergie inabordable, car c'est le porte-monnaie qui fait changer les choses. En conséquence augmenter les taxes sur l'essence serait une anticipation à la pénurie (lire cet article très intéressant) qui de toute façon obligera à restreindre notre consommation. Autant le faire dès maintenant, dans la réflexion et avant qu'on y soit contraint dans la douleur.
Il faut bien se dire également que toutes les énergies fossiles sont des stocks de CO2 emmagasinés il y des millions d'années et libérer ce gaz à effet de serre rapidement perturbe l'éco-système avec le réchauffement climatique, ce que tout le monde commence à savoir.

Beaucoup de gens pensent que la pénurie à venir est du catastrophisme et que de toute façon on trouvera la solution, l'espèce humaine a ça de génial, elle a toujours su s'adapter. Malgré tout, de plus en plus de personnes sont conscientes que la terre va mal et que notre environnement se fragilise dangereusement...Les entreprises et institutions tentent de répondre à cette inquiétude par "le développement durable" mais qui n'a rien de durable. En partant du principe qu'il ne faut surtout pas remettre en cause la croissance économique, elles mettent une petite dose d'écologie et une grande dose de com'. D'ailleurs combien de sociétés se vantent de ce "développement durable" et vont exploiter les populations du tiers-monde et faire faire des milliers de kilomètres à leurs produits ? La question  qu'elles devraient se poser est  : quelle durabilité avec quel développement ?

A tout cela je ne vois qu'une voie possible :  l'ère de la responsabilité et de la décroissance soutenable qui implique une remise en cause totale de nos logiques économiques.

Pour aller plus loin : http://www.decroissance.org/ - http://terredebrut.org/ - http://www.decroissance.info/

Photos : bientôt la fin des temples de la consommation ? (www.vivercidades.org.br) - Carrefour ne vend que des produits écologiques produits localement (www.carrefour.fr) - Le Medef n'y va pas par 4 chemins, le développement durable c'est du marketing ! (www.medef.fr)
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