Le 4 février pourrait être décrété la journée européenne du déni de démocratie. En effet, le traité de Lisbonne, un temps appelé "mini traité" par Notre
Président, va être soumis au vote du Congrès réuni annuellement à Versailles. Les députés et sénateurs vont ainsi se prononcer sur un texte constitutionnel, qui a une durée illimitée,
qui engage l'avenir de son peuple et lui impose sa manière de vivre ensemble. Ce traité est l'aboutissement d'un long processus. Revenons en arrière brièvement.
En 2005, de nombreux pays avaient choisi, légitimement, de proposer au peuple l'adoption d'un traité constitutionnel européen par référendum. Les Français et les Néerlandais avaient refusé,
le processus en était resté là (il valait d'ailleurs mieux pour nos gouvernements afin de ne pas multiplier les "non"...). Nos dirigeants et la majorité de nos médias nous avaient alors expliqué
que ce n'était pas le texte qui était mauvais mais le peuple qui s'était trompé. Sur ce, Sarkozy, fraîchement élu (démocratiquement) Président de la République lance l'idée
d'un "mini-traité" ou "traité simplifié". Une commission informelle, nommée "Comité d’action pour la démocratie européenne" (ça ne s'invente pas) est alors chargée de rediscuter du traité. D.
Strauss-Kahn et M. Barnier y représentent la France. Au final, un nouveau traité est conclu en 2007 et signé par tous les pays en décembre. Reste à le ratifier. Sauf l'Irlande qui ne peut pas
faire autrement selon sa Constitution, tous les autres pays vont l'adopter par voie parlementaire. C'est donc demain que cela se passe en France.
Ce procédé est donc complètement anti-démocratie. Je rappelle à toutes fins utiles que démocratie signifie que le peuple détient la souveraineté. Celui-ci a
refusé ce texte une première fois, il aurait été légitime et démocratiquement évident qu'il adopte sa seconde version, que l'on soit pour ou contre le texte. Nicole
Fontaine tente de justifier cette absence de référendum sur le blog du traité "les Français ont été avertis :
Nicolas Sarkozy a indiqué très clairement avant son élection qu'il choisirait la voie parlementaire pour cette ratification. On notera d'ailleurs que peu de protestations se sont élevées à ce
sujet pendant la campagne présidentielle". L'hyperprésident porte bien son surnom !!!
Sur le fond, il semble que ce traité de Lisbonne soit très ressemblant avec l'ancien, en plus compliqué, les changements à la marge et uniquement sur la forme. Ce n'est pas moi qui le dit
(je ne l'ai pas lu : 145 pages de traité, 36 protocoles, 26 déclarations et les annexes soit un document de plus 230 pages, le tout très difficile à lire, jugez par vous-même), mais Valéry Giscard D'Estaing. Le père du texte initial, repris dans Wikipédia explique qu'il s'agit d'une "pâle copie » du Traité établissant une
Constitution pour l'Europe : « La conclusion vient d'elle-même à l'esprit. Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont
exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut
fouiller pour trouver ce que l'on cherche. »
La seule chance qui s'offre au processus démocratique est qu'au moins 2/5 des parlementaires votent contre ce texte et alors le référendum sera obligatoire. Vous pouvez également
signer la pétition pour demander un référendum.
Image : Wikipédia. Je rappelle que si j'ai voté CONTRE le traité en 2005, je suis POUR l'Europe, Pour une Europe démocratique, de solidarité et de coopération et non pas
une Europe au choix politique libéral constititutionalisé et basé sur la compétition.
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Agréablement surpris par ce rebond de la
gauche !!!. Effet TVA sociale, non augmentation du SMIC, franchise supplémentaire sur la santé ou tout simplement peur d'un pouvoir UMP absolu et insolent ? Ne nous y trompons pas,
si la gauche recueille 50.4% (selon CSA) des voix sur l'ensemble de la France au second tour elle ne représentera que 40% de l'assemblée nationale, c'est donc loin d'être une
victoire car l'UMP garde la majorité absolue dans l'hémicycle et n'est pas inquiétée pour mettre en oeuvre sa politique libérale.
Pour ma part, j'ai fait mon choix depuis longtemps. Guidé
par la nécessité d'une écologie politique, je vais donner ma voix au seul parti qui l'incarne, les Verts. Je leur fais confiance et j'espère vraiment qu'ils conserveront des sièges à
l'Assemblée.







