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Mardi 4 septembre 2007
La riposte de la décroissance à Attali n'aura pas traîné ! L'Institut d'Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable vient de créer une parodie du site de la commission de la "Libération de la croissance". Je remarque qu'ils répliquent à l'ancien conseiller de Mitterrand par la phrase de K. Boulding présent dans la bannière de ce blog, comme je le faisais la semaine dernière, énervé moi aussi par cette commission...

Dans le même temps, le mensuel la Décroissance (édité par la même équipe) est dans ma boîte aux lettres aujourd'hui ! Je vous laisse, je vais m'en délecter de ce pas...

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par Sébastien publié dans : Economie créer un trackback ajouter un commentaire
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Jeudi 30 août 2007

10-06pds1.jpgQuel joli nom que cette nouvelle commission présidée par un ancien gauchiste, Jacques Attali. 
Au début j'avais lu "libéralisation" des freins de la croissance et ça ne m'avait même pas perturbé. On est dirigé par des libéraux, qu'on a choisis, rien de plus normal de libéraliser davantage pour faire grimper le PIB !

On l'a bien compris, nos ministres et leur super chef se fixent comme objectif la croissance. Vous l'avez bien compris je ne suis pas un partisan de cette croissance à tout prix qui pour moi n'est pas viable à long terme et qui n'est pas la condition suprême pour qu'une Société (notez le S majuscule pour la Société des Hommes)  se porte bien.  
Quand je parle des dangers de la  croissance on me retourne souvent la métaphore du cycliste, évidemment. S'il n'avance plus il tombe. Bien couillon celui qui tombe à l'arrêt... Suffit de poser un pied à terre ! Si la croissance est la vitesse du cycliste alors nous accélérons, ou tentons de le faire, toujours et encore mais au bout de la route il y a un mur (les limites physiques de la planète). 2 solutions donc, soit on tombe à l'arrêt, soit on fonce dans le mur. On pourrait peut-être chercher des routes perpendiculaires...

Même si le mot de décroissance choque et agace, cette croissance perpétuelle qu'on nous vend est absurde. Il me semble indispensable d'évoluer vers d'autres buts, de réfléchir à des indicateurs alternatifs autres que le simple PIB. On pollue et on tue pour faire du PIB mais on en fait aussi en dépolluant et en soignant. Attali pense que la technologie nous sauvera et pour cela il faut de la croissance. Schématiquement, la technologie permet de construire une voiture qui émet 30% de CO2 en moins mais comme la consommation, moteur de la croissance, augmente il y a deux fois plus de voitures en circulation. Résultat, 40% de pollution en plus. Sans compter qu'il n'y aura pas assez de pétrole pour tout le monde,  à moins qu'on choisisse de conduire plutôt que de manger. 
L'environnement peut donc conditionner la croissance. Il doit être un élément central dans toute réflexion sur la croissance. 

Or, l'examen  du site web de la commission (liberationdelacroissance.fr) montre très peu de références aux limites naturelles à la croissance. Ce site fonctionne sous forme de 29 blogs permettant de créer un lieu d'échange. On remarquera à la marge 3 blogs :

- Croissance durable et ONG. La notion centrale de durabilité n'apparaît qu'ici. Quant aux ONG, je ne vois pas le rapport.

- Croissance de quoi ?. Cette question essentielle semble être rejetée en fin de liste alors que c'est la question de base. Il sera certainement question des indicateurs alternatifs.

- Les enjeux de l'environnement, frein ou moteur ?. La seule allusion à l'environnement, là encore question centrale.

Côté journaux, comme à leurs habitudes, ils prennent bien soin de dissocier croissance économique pure et dure d'un côté et interrogation sur la pertinence de cette croissance de l'autre. Là, nous sommes dans le premier cas, aucun recul et remise en question sur la viabilité de notre système. Demain, quand on annoncera que Kyoto n'est pas tenable alors ils s'émouvront de cette croissance bête et méchante dans un article de la rubrique écologie.

Le Point nous dit que "jamais, depuis 37 ans que le FMI publie ses études de conjoncture, l'économie mondiale ne s'est aussi bien portée : 4.9% en 2007" avant de préciser que "la planète est en plein boum (sic). Pour le FMI, les dangers sur la voie de l'expansion semblent reculer. L'inflation est revenue sous contrôle. Les prix du pétrole se stabilisent (...) Dommage que ces six belles années d'échappée belle n'aient pas profité à la France". 
Il interviewe Philippe Aghion, membre de cette commission, qu'il qualifie de gauche. Celui-ci préconise "le renforcement de la concurrence, en particulier dans le commerce. Les lois Royer, Raffarin ou Galland avaient pour but de protéger le petit commerce, mais elles ont eu surtout pour effet de restreindre la concurrence entre les grandes surfaces. Un signe ne trompe pas : la part du hard discount en France est de seulement 13%, contre 40% en Allemagne et 35% en Belgique" et de poursuivre "ce sont les réformes structurelles et leurs effets sur l'innovation qui assureront l'augmentation durable de notre croissance". Cela fait rêver, tous au hard discount dans une société ultra-concurentielle et ultra-libéralisée . Il conviendrait alors de définir le mot durabilité....
Nicolas Baverez , toujours dans Le Point (je ne suis pourtant pas fan de cet hebdo), aspire à une "base productive compétitive dans le grand marché et l'économie ouverte" "ce qui conduit à proscrire toute forme de protectionnisme et de dirigisme". 
Les notions environnementales, de durabilité et même de développement durable leur semblent totalement étrangères. Ils comptent sans doute sur la main invisible, chère aux libéraux, pour nous sauver.

La composition de la commission ne laisse pas la place à des spécialistes de l'environnement mais plutôt à des chefs d'entreprises, des psychologues. C'est plutôt la sous-représentation des économistes que souligne la presse. Attali cite alors Kenneth Boulding : "un économiste est un expert qui saura parfaitement vous expliquer demain pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas passé aujourd'hui". Je lui renvoie une autre citation de cet économiste, inscrite dans l'en-tête de ce blog.

Les travaux de la commission devront être rendus en même temps que ceux du Grenelle de l'Environnement, fin octobre, mais soyons certains qu'il n'y a aucune passerelle entre les deux réflexions. Les écologistes travaillent dans leur coin, se donnent bonne conscience mais les "réalités économiques" ne doivent pas être polluées ! D'ailleurs la lettre de mission de M. Attali, signée de MM. Sarkozy et Fillon, ne fait aucune allusion à l'environnement ni au développement durable. Ils proposent le soutien et l'aide de différents Ministères (économie, justice, du travail, budget) en omettant le Ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable. Ce fameux super ministère a pourtant un nom pas tout à fait hors sujet !

Illustration : croissance.. des inégalités depuis 1980. Indictateur alternatif, le BIP40.

par Sébastien publié dans : Economie créer un trackback ajouter un commentaire
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Dimanche 8 avril 2007
Voilà presque 2 ans que je suis parti du Crédit Mutuel, disons presque parti car j'ai encore un emprunt à leur rembourser.
Une banque a, selon moi, un rôle à jouer primordial dans l'éthique de la finance. Quand Sarkozy dit qu'"il faut travailler plus pour gagner plus" je suis assez d'accord avec lui pour la finance (et rien que pour ça !!!) . J'ai toujours été choqué que des rentiers vivent de la bourse et de la spéculation financière.  Alors quand la banque me dit que je gère mal mon argent et que pour elle cette notion de bonne gestion passe par la souscription d'un PEA, c'est-à-dire d'actions en bourse, je suis choqué et eux sont surpris que je sois choqué  : "mais tous nos clients nous demandent les meilleurs rendements pour leur épargne". La campagne "Banques françaises, épargnez le climat" à laquelle le Crédit Mutuel n'avait pas daigné répondre a fini de me convaincre de le quitter !

J'ai préféré intégrer la Nef (société coopérative de finance solidaire) et le Crédit Coopératif (dépositaire des comptes chèques et livret NEF) qui correspondent bien plus à mes valeurs.
La Nef reçoit l'épargne des personnes sensibles à l'épargne solidaire, sensibles à l'éthique dans la finance et la redistribue sous forme de prêts à des entreprises, associations, coopératives ayant des projets eux aussi solidaires, sociaux, environnementaux ou culturels (et maintenant aux particuliers pour des projets d'éco-construction) . Ces projets ne trouvent bien souvent pas de financement dans le circuit traditionnel. La Nef joue la transparence et chaque sociétaire sait à qui sont attribués les prêts et pour quels projets. Le site web répertorie également ces projets.
Mon choix est conforté au vu d'une nouvelle étude des Amis de la terre qui classe le comportement des banques par rapport à l'environnement en vue de la choisir.

Tout ça pour dire que la semaine dernière je recevais une publicité du Crédit Mutuel pour des prêts auto...alors que je pense plutôt à me séparer de ma voiture, on en reparlera.
Il y avait une espèce de catalogue "Sport" présentant les modèles de voitures du salon de l'auto à Genève. On pouvait y lire "l'avenir de la voiture est-il remis en question ? Bien sûr que non. Sa côte d'amour reste intacte(...). On peut faire confiance aux constructeurs pour offrir de nouvelles solutions mieux adaptées à l'époque et conformes à "l'air du temps"." Le développement durable c'est une question de mode et de marketing c'est bien connu. Henri Pescarolo écrivait  : "Malgré un discours officiel "autophobe" [ça me rappelle quelqu'un...], les Européens et surtout les Français restent passionnés par l'automobile (...). Elle est devenue l'un des moteurs du rêve. Et cette mécanique-là n'a pas de prix." L'explication du rêve automobile est donné à la page suivante "peut-être parce qu'elle est plus que jamais synonyme de liberté" Je trouve que l'image ci-contre l'illustre bien.

Evidemment le 4X4 (excusez-moi, le terme tendance est SUV) est à l'honneur avec les nouveautés françaises. On voit aussi des crossovers pour ceux qui ont du mal à choisir entre monospaces et 4X4. Bref on nous rabat les oreilles avec des arguments de sécurité, de puissance, de confort, d'évasion, de liberté. Pour finir, un article intitulé "des vertes et des pas mûres". Quel beau nom pour des prototypes, que dis-je des rêves à l'état d'images, tellement imaginaires qu'effectivement ils sont loin d'être mûrs. On peut ainsi admirer un truc entre un tracteur et une mouche, de la marque Hummer avec "un moteur thermique alimenté par des panneaux déployés recouverts d'algues vertes. La photosymntèse fait le reste". Ce Hummer O2 "restitue à l'environnement plus qu'il ne l'affecte". Ben voyons ! Nous vivons une époque moderne comme dirait l'autre !
J'ai donc bien fait de quitter cette banque.

Photo : pub pour le Crédit Mutuel issue de leur site web - pub pour un "SUV urbanproof" (à l'épreuve de la ville) aperçu en double page en seconde de couverture dans Science et Vie sur le réchauffement climatique  - la rocade toulousaine
par Sébastien Bosvieux publié dans : Economie créer un trackback ajouter un commentaire
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Dimanche 5 novembre 2006

La décroissance, voilà un sujet passionnant et polémique. L’Alternative Midi-Pyrénées invitait Serge Latouche, économiste et décroissant, vendredi 3 novembre à la salle du Sénéchal à Toulouse. L’homme, la soixantaine, est à l’aise devant une salle comble. Le public, hétéroclite, a bien répondu au rendez-vous diffusé principalement dans les milieux décroissants et de la gauche toulousaine. Compte-rendu

L’Alternative Midi-Pyrénées avoue ne pas s’être positionnée sur la logique de décroissance même si elle est consciente que les sociétés occidentales vivent à crédit sur la planète car notre empreinte écologique est supérieure aux capacités de la planète (si toute l’humanité vivait comme les Français il faudrait 3 planètes Terre). La croissance a même été remise en cause par le Club de Rome en 1970 et avec un objectif affiché de croissance « 0 » à terme. Serge Latouche va donc tenter de balayer les tenants et l'aboutissement de la décroissance.

La décroissance constitue à la fois une évidence mais aussi un blasphème. La phrase de l’économiste américain Kenneth Boulding « Toute personne croyant qu'une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste» est admise par beaucoup alors que la sortie d’un système basé sur le toujours plus, la croissance, est inconcevable pour une grande majorité et le terme décroissance est encore un gros mot.

« Nous ne voulons pas savoir ce que nous savons » résume Latouche. Tout est organisé dans notre économie autour de la production et de la consommation et cela dans une logique de toujours plus. Le système s’appuie en particulier sur la publicité qui crée des besoins, crée l’insatisfaction permanente, le jetable et ce qui conduit finalement à une accumulation de déchets. La société de croissance est donc insoutenable !!!

L’empreinte écologique en est une preuve. La terre c’est 51 milliards d’ha dont 12 bioproductifs soit 1.8 ha /terrien. Or en ce moment on utilise plus que cela au Nord mais beaucoup moins au Sud. Globalement nous entamons le capital de la terre au lieu de se contenter de ce qu’elle produit. Pour avoir un ordre de grandeur, tout le pétrole qu’on utilise sur une année représente le produit de la photosynthèse sur terre pendant 100 000 ans !!!

Nous vivons dans une société non soutenable on l’a vu mais aussi non souhaitable car au-delà des dégâts environnementaux, cette société est créatrice d’inégalités. On nous la présente comme une société de bien-être et d’abondance mais elle ne génère que stress et mal vivre.

La croissance engendre plus de dépenses qu’elle ne rapporte d’argent à cause des coûts cachés, de tous les dégâts sur la planète et sur les inégalités que l’on paiera bien un jour.


Le cercle vertueux de la décroissance


Les économistes actuels nous parlent des cercles vertueux de la croissance, il faut créer le cercle vertueux de la décroissance, créer l’utopie d’une société de décroissance. Le schéma présenté est issu d’un transparent qui mit presque le feu à la salle, au 1° degré !!! Voici le détail de chacune des 8 étapes :

Réévaluer : la société actuelle de compétition doit devenir une société de coopération. Les valeurs doivent changer : finis les héros de série TV qui sont de riches ambitieux, finis ces autres héros des temps modernes, les cost killers, ceux qui cassent les coûts en « laissant l’éthique dans leur poche ».

Reconceptualiser : un nouveau concept doit être impulsé au terme de richesse. La pauvreté doit également être reconsidérée et être bien différenciée de la misère. Le couple qui mène l’économie : rareté et abondance doit être revu. La rareté est créée par la technologie et la privatisation du vivant (OGM…) et des richesses naturelles (eau…).

Restructurer : il s’agit de sortir du capitalisme mais conserver la monnaie et les marchés qui peuvent avoir des vertus et créer du lien humain. Par exemple on pourrait transformer les usines d’automobile en usines de cogénération pour produire de l’énergie.et de la chaleur. Bref, recoloniser notre imaginaire.

Redistribuer : les différences de revenus sont monstrueuses à travers le monde et même au sein d’un même pays ou d’une même entreprise. Il faut partager mais également redistribuer un droit de tirage écologique c’est-à-dire utiliser moins de ressources naturelles au Nord pour que les pays du Sud produisent plus.

Relocaliser : penser global, agir local. L’économie doit être démondialisée, le démantèlement des services publics freiné, les circuits courts encouragés et la grande distribution contrée(alternative = AMAP par exemple). On ne peut plus admettre que le yaourt à la fraise ait parcouru 9000 km.
Relocaliser c’est aussi valable pour l’énergie en développant les apports énergétiques locaux (mini éoliennes individuelles, solaire, micro centrales de cogénération).
La réappropriation de la monnaie au niveau local doit être entreprise par la création de monnaies locales.
Pour un local vivable il faut réduire les tailles des villes, au besoin créer des municipalités dans les municipalités afin de ne pas dépasser des entités de 60 000 individus(slow cities).
Mais le local n’est pas un enfermement et ne doit pas être un repli. Cela signifie au contraire développer une culture locale, se réapproprier une langue, tisser des liens et c’est bien différent du communautarisme.
Concernant les voyages, il s’agit souvent d’un besoin créé récemment, ce besoin n’est pas incompressible ; l’ouverture d’esprit ne passe pas que par les voyages.
La relocalisation implique enfin une autonomisation du Sud. Une rupture entre Sud et Nord, rupture culturelle, pour que chacun retrouve ses repères culturels sans que le Nord n’impose ses vues et que le Sud se cale sur ce modèle. Toutefois le partenariat Nord Sud doit conduire le Sud à augmenter son empreinte écologique jusqu’à un niveau légitime.

Réduire : le programme Négawatts
prévoit la réduction de la consommation d’énergie, l’amélioration de l’efficacité de son utilisation. C’est d’ailleurs cette association qui a lancé le fameux facteur 4. de CO2.
La réduction du temps de travail est également une priorité pour permettre à tous de travailler. L’augmentation de productivité permet non pas d’accroître la production mais de libérer du temps libre.Ce gain sensible de temps doit être synonyme de vie contemplative (à opposer à vie active), culture, art, rêve mais aussi vie citoyenne.

Recycler et réutiliser : en finir avec le jetable.

Un programme aux présidentielles en 9 points

  

Latouche s’imagine alors en présidentiable et pour cela il nous livre son programme en 9 points :

 - Revenir à une empreinte écologique correspondant à une seule planète ce qui signifie pour la France à revenir aux années 60-70. On consommait des produits fabriqués localement, avec moins de transport et d’emballage, des matériaux réutilisables.

 - Internaliser les coûts : l’énergie n’est pas chère aujourd’hui et pour le transport aérien il n’y a pas de TIPP ! Il faut faire payer le coût des infrastructures, leur destruction, la destruction de l’environnement et de la santé engendrées par le transport. Ils sont responsable de 30% des émissions de CO2. Il faut multiplier par 20 le prix des transports.

 - Relocaliser : voir plus haut

 - Mise en place d’un agriculture paysanne et biologique avec pour objectif 10% d’agriculteurs en France dans la population active.

 - Transformer les gains de productivité en réduction du temps de travail. Pour produire autant on a besoin de moins de temps de travail.

 - Biens relationnels : convivialité de l’échange

 - Programme Négawwatts

 - Moratoire et inventaire de la recherche scientifique et technologique avec pour but de revoir les priorités et les réorienter dans l’intérêt de l’homme et de la planète. La technologie n’est pas mauvaise en elle-même mais elle ne doit pas servir les profits.

 - Pénaliser les dépenses de la publicité (aujourd’hui 500 milliards de $ de budget annuel juste derrière… les dépenses d’armement). La pub est une pollution matérielle, visuelle, auditive, spirituelle et mentale.

 Seulement, au bout de quelques jours, si Latouche est élu, il est assassiné. En effet la mise en œuvre de ce programme dans notre logique actuelle est impossible. Il faut réunir les conditions d’application, inverser les rapports de force, contrer les lobbies. Une société de croissance sans croissance c’est la catastrophe il faut donc sortir de la société actuelle et en construire une nouvelle.

Nous sommes des toxico dépendants de la croissance et de la société de consommation. La croissance est une drogue : elle conduit à la perte mais, conscients de cette impasse, on continue malgré tout, à la recherche du bien-être éphémère qu’elle provoque. Il faut donc en sortir et la décroissance est un pari. Un autre monde est en effet possible. Il faut basculer vers une éco-démocratie.

 

 Décroissance et anti-capitalisme

La séance des questions aborda inévitablement l’approche sociale et anti-capitaliste de la décroissance, le collectif portant une alternative anti-libérale. Pour ce qui est de la question des protections sociales, il ne s’agit pas pour Latouche de soigner toujours plus de maladies créées par l’homme, par son mode de vie mais plutôt soigner autrement en créant un milieu de vie sain.
Latouche se place clairement à gauche de la gauche mais interroge sur le sens du mot anti-capitalisme. La priorité numéro 1 est sauver la planète et en ce sens il faut remettre en cause le productivisme, ce que la gauche anti-libérale a du mal à concevoir [mon avis : les anti-capitalistes, dont je suis, ont un idéal et sont en ce sens utopistes, il est donc étrange qu’ils n’arrivent pas pour beaucoup à concevoir l’utopie d’une société qui ne repose pas sur le toujours plus. L’alternative n’est peut-être pas assez alternative en restant prisonnière du dogme consumériste et productiviste…].  

Cette logique productiviste se lit dans les propositions du collectif  selon un spectateur, on y voit 50 fois le mot développement. C’est un mot séduisant mais toxique et qui sous-entend développement économique. La croissance (quantité) est en effet l’infrastructure du développement (qualité) qui conduit à l’accumulation du capital de Marx. Le développement est une conception des pays du Nord qui se traduit dans certains pays par « rêve du blanc ». Aujourd’hui on en a fait du développement durable mais il n’y a pas de bon développement. Il ne faut également pas tomber dans le piège d’une autre croissance, plus humaine… c’est un leurre.

La décroissance est une utopie nécessaire !

Photo : Serge Latouche (source : http://bdm.typepad.com) - cartes des Casseurs de Pub

par Sébastien Bosvieux publié dans : Economie créer un trackback ajouter un commentaire
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Samedi 21 octobre 2006
Cet été en me promenant en Espagne j'ai eu de la peine en voyant des Français s'entasser dans des supermarchés construits spécialement pour eux pour y acheter de l'alcool moins taxé. Gagner également 10 centimes sur le litre de gazoil par rapport à la France soit 5€ sur un plein (ce qui suppose d'habiter à moins de 16 km pour le rentabiliser !).  Cela m'a fait réfléchir sur le sens du prix des choses et la portée politique de l'acte d'acheter. Voilà ce que j'ai cogité...

Le prix n'est autre que cet artifice qui permet de réguler l'offre et la demande. La valeur d'un objet, d'un service .... ou d'un homme est donc très arbitraire. Cette simplicité ne représente pas les vrais coûts, sociaux, environnementaux, énergétiques... C'est pourquoi il est primordial d'analyser ce qui se cache derrière un prix .

Cartier ou Lidl, on ne connaît pas le coût réel

Fabriquer un produit coûte de la main-d'oeuvre, de l'énergie, du transport, des intermédiaires... ces éléments étant eux-mêmes régis par le rapport offre/demande. En revanche, certains coûts ne sont pas inclus et sont d'ailleurs très difficiles à chiffrer. Comment chiffrer les coûts sociaux, les maladies professionnelles, le stress ? Sur le plan environnemental comment chiffrer le réchauffement climatique que vont générer les intrants et l'énergie utilisés? L'épuisement de cette énergie aura des impacts également non chiffrables. Les emballages gourmands en matières premières polluantes seront éliminés avec des coûts chiffrables mais non entièrement à la charge du fabricant. Les infrastructures routières pour les bateaux, camions ainsi que les hôpitaux et pompiers qui vont avec sont aussi une variable à prendre en compte. A l'inverse on peut aussi se demander si les subventions publiques sont bien répercutées directement sur le prix final.

Pensez-vous que les bijoux présentés ci-contre (boutique Cartier Paris 8°) coûtent réellement le prix affiché ? Pensez-vous que les ouvriers qui ont extrait les diamants sont très bien payés ? Que l'environnement a été hyper protégé dans la mine ? Rien n'est moins sûr et les mêmes diamants seront peut-être vendus dix fois moins chers dans un autre magasin moins "select". Ce prix monstrueux n'est que la rareté d'un produit adressé à des gens très riches. Le prix est alors surestimé par rapport au coût.

A l'inverse les produits "discounts" sous-estiment les coûts cachés. Ils font souvent travailler les employés dans des conditions plus que moyennes, utilisent des procédés polluants notamment en agriculture ou du moins ne se soucient pas plus que ça de l'impact sur le milieu, le prix étant plus important que tout.

Plus ça revient cher moins c'est vendu cher

Les coûts cachés sont le plus souvent supportés par l'argent public à travers les impôts, dont ceux payés par les entreprises il est vrai*. Seulement, nous importons de plus en plus de produits qui sont fabriqués à l'autre bout du monde, ont été transportés dans des navires et par camions, ont été fabriqués par des personnes exploitées et dans des usines loin d'avoir les mêmes normes environnementales et loin de payer les mêmes impôts qu'en France. Les coûts devraient en théorie être plus élevés mais le rapport offre/demande permet l'inverse. Magique.

Magique ? Enfin pas tout à fait car cette sous-estimation ou cette non prise en compte de certains coûts ne fait qu'augmenter une dette environnementale pour les générations futures et pomper l'argent public.

Bien entendu il est extrêmement difficile de calculer le vrai coût dans cette vision macro économique mais il est tout de même possible de faire attention à ses achats.

Régulièrement nous voyons des sondages dans lesquels les Français se disent prêts à payer un peu plus s'ils ont l'assurance que les conditions de travail des ouvriers seront respectées ou que l'environnement sera préservé. Mais qu'en est-il ?
Aujourd'hui le prix est devenu pratiquement le seul paramètre qui influence l'achat. On voit fleurir les "hard discounts", chacun chasse la bonne affaire... J'ai d'ailleurs remarqué qu'on a toujours besoin de se justifier lors d'un achat : "c'était en réduction, je l'ai eu moins cher, je l'ai trouvé sur un super site pas cher", comme s'il était honteux de payer un prix décent. D'ailleurs la décence du prix d'un produit, on ne la connait plus, on est par exemple habitué à payer le kg de tomates 1,5€ et l'on trouve des billets d'avions à 10€ !!!
Qu'est-ce qui motive les personnes ci-contre à payer un peu moins cher quitte à ne pas payer les taxes à la sécu ? (ces gens-là doivent être ravis que 248 spécialités pharmaceutiques soient prochainement déremboursées ou moins remboursées !)
Je pense qu'il faudrait que les habitudes d'achat changent et que le prix brut ne soit plus le seul critère d'achat. Sans doute utopiste mais il suffit de réfléchir un peu pour en voir le bien fondé.

En effet, en suivant le raisonnement précédent, si j'achète les patates les moins chères chez Lidl, seront-elles vraiment les moins chères comparées à des bio achetées sur le marché? Les patates bio ont bénéficié de moins de subventions de la PAC (qui viennent des d'impôt que j'ai payés) ; elle ne pollueront pas le sol et éviteront de construire des usines d'eau potable hyper perfectionnées, ne contiendront pas de pescticides et de nitrates qui sont cancérigènes et éviteront des soins hospitaliers chers ; elle feront vivre une exploitation agricole plus extensive et plus de paysans qui sont attachés à la terre à au maintien des paysages, feront économiser du pétrole avec lequel sont fabriqués les engrais et pesticides et qui sert au transport ; elle économiserons les dividendes sur actions et les stocks options aux actionnaires et PDG des multinationales agro-alimentaires et des grandes surfaces qui les distribuent. Et j'en ai sans doute oublié...

La patate bio locale du marché doit coûter moins chère que celle de chez Lidl produit en intensif à 1000 km

La consom'action est réservée à quelques bobos friqués nous dit Renaud dans sa dernière chanson mais je remarque que l'on voit des 4X4 sur les parkings de Lidl, que ceux qui vont au moins cher ne sont pas forcément les plus pauvres. Réfléchir à la portée de ses achats n'est pas une histoire de moyens mais surtout de conviction et de volonté. Il est nécessaire en effet de sortir de la logique "il me faut le dernier écran plat, même à crédit".

Espérer que le tout un chacun fasse systématiquement le raisonnement précédent lors de son achat n'est bien entendu pas réaliste. Moi-même je ne le suis pas pour tout et jusqu'au bout...

Nous venons de le dire, seul le prix a un impact réel sur nos habitudes, alors pourquoi ne pas imaginer taxer les produits en fonction de la distance qu'ils ont effectuée, en fonction des réglementations sociales et environnementales des pays d'origine, en fonction des techniques de fabrication ?  La patate bio locale du marché doit coûter moins chère que celle de chez Lidl produit en intensif à 1000 km !!
A terme le commerce équitable devrait être la norme. Voilà un bon moyen de rupture, un mot très présent dans la bouche de certains en ce moment !!

* Sur le total des impôts perçus par l'Etat et les collectivitées locales, la taxe professionnelle = 6.2% et l'impôt sur les bénéfices des sociétes et leurs contributions sociales = 10.1%
par Sébastien Bosvieux publié dans : Economie créer un trackback ajouter un commentaire
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