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Samedi 22 décembre 2007

maroc07-375.jpgVoici un article que j'ai publié sur le site web de l'association Toulouse Vélo. Je ferai juste un ajout : munissez-vous d'un marqueur, laissez libre court à votre imagination, votre humour...  la zone blanche sous la pub attend vos jeux de mots et autres protestations anti-pub !!

Toulouse a franchi le pas du vélo en libre service. Pour ne ne pas rester ringarde face à Paris ou Lyon elle s'est donc équipée d'un système de location entièrement automatique. Les VélôToulouse gris et rouges ont envahi la ville rose depuis le 16 novembre et cela va s'accentuer puisque le système va s'étoffer pour atteindre à terme 2400 bicyclettes réparties sur 253 stations. Que du bonheur... ou presque.

On ne pourra que se réjouir que ces stations soient installées à la place de stationnements automobiles, tout un symbole, comme une espèce de passation de pouvoir. La voiture a vécu, elle aura épuisé tout notre pétrole en moins de 200 ans. Finalement le vélo précédait la voiture, il lui succèdera !
Principal avantage, l'envolée du nombre de vélos augmentera automatiquement la part modale du vélo (dans l'hypercentre) et contribuera à modifier le rapport de force vélo-auto. En effet, l'expérience montre que plus il y a de vélos, meilleure est la cohabitation, les uns ayant l'habitude des autres. Et puis les cultures changent petit à petit, le vélo appelle le vélo !
D'autre part, le partage des vélos  est une idée intéressante. Le monde de rareté dans lequel nous rentrons par l'épuisement des ressources naturelles nous obligera à moins posséder et à davantage partager. Ainsi, lors des premiers jours de fonctionnement du système, un VélôToulouse était emprunté en moyenne 4 fois par jour. En rythme de croisière, ce chiffre se monte à près de 6 pour un Vélib' parisien et même plus de 7 pour un VéloV' lyonnais.

VélôToulouse, idyllique ?
 

Vélo est évidemment synonyme de liberté et d'écologie. Et là, le tableau s'assombrit. Cyclocity, nom de ce système de location, est exploité par JCDecaux, multinationale leader mondial de l'affichage publicitaire. Or la publicité est bien l'antithèse de la liberté. Elle provoque l'asservissement mental des consommateurs, les manipule plus ou moins subtilement pour leur voler leur liberté de consomm'acteurs et leur créer des besoins afin  de les faire consommer toujours plus, cette surconsommation qui fait que 20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources. Bref, à la pollution écologique des sucettes éclairées toute la nuit avec défilement des pubs s'ajoute la pollution mentale des pubs elles-mêmes.

La publicité est en effet le fond de commerce de la dynastie Decaux qui ne souhaite absolument pas diversifier son activité vers le cycle mais utilise les vélos partagés pour imposer toujours plus de publicité ; à la fois directement en insérant de la publicité à chaque vélostation et, une première à Toulouse, sur chaque vélo mais aussi indirectement en proposant son service quasi gratuitement à la collectivité, en contrepartie du très juteux marché du mobilier urbain et de l'affichage publicitaire qui va avec (comme à Paris ou à Lyon). Toulouse a pour sa part  décidé de séparer les marchés de vélos en libre service et mobilier urbain. 

Les deux leaders mondiaux de l'affichage publicitaire, JC Decaux et l'Américain Clear Channel se tirent la bourre sur tous les marchés de mobilier urbain et par conséquence sur les marchés de vélos en livre service. A Toulouse, l'appel d'offre initial passé en 2006 a été annulé pour "motif d'intérêt général" puis relancé en 2007 à l'issue duquel JCDecaux a été choisi en juin. Si les deux leaders ne pouvaient proposer contractuellement ce service gratuitement en échange du marché mobilier urbain, ce dernier trône en arrière plab des discussions. L'exploitation des 630 abribus (mot propriété de... JCDecaux) et autres 490 panneaux d'affichage est en attente d'attribution depuis près de 3 ans suite à la guerre féroce quvelib.JPGe se livrent ces deux là. Rappelons que JCDecaux est installé depuis 1973 à Toulouse et ne souhaite pas en bouger... Il n'est donc pas étonnant qu'il se soit appliqué à mettre une main sur les vélos pour essayer de garder l'autre sur l'affichage publicitaire.

La mairie paye à l'afficheur publicitaire la coquette somme de 4.188.300 € HT par an pendant 15 ans, plus une redevance proportionnelle au taux de rotation journalier des vélos. En échange elle reçoit les recettes des locations. JC Decaux se rémunère également sur les recettes de l'abonnement (qui est élevé : 25€/an et 5€/semaine contre 5€/an et 1€/semaine à Marseille ou Lyon, même système même opérateur... sans publicité sur le vélo). Le service coûte donc environ 1745€/vélo/an à la mairie. 

A qui profite la publicité sur les stations et les vélos ?

Pas à l'utilisateur car le prix d'accès au service est relativement élevé comparé à un service similaire dans d'autres villes (Lyon, Marseille, Orléans, Rennes...). A la mairie ? Elle touche en tout et pour tout une redevance de 100€ par an pour chaque sucette (une par station) soit 25300 €/an... soir 0.6% de ce qu'elle paye à JCDecaux. Il ne reste donc que JCDecaux lui-même. Les contrats qu'il passe avec ses clients sont bien évidemment secrets, en particulier celui qui le lie pendant un an avec la banque chinoise qui s'affiche sur chaque vélo. Les VélôToulouse sont en effet les seuls vélos du genre avec de la publicité. La délibération du conseil municipal qui établit les rémunérations ne prévoit pas cette forme de publicité et donc pas les redevances logiques qui vont avec . Manquerait plus que ces publicités fassent la promotion de bagnoles !

Le marché toulousain du vélo en libre service avait une autre particularité. Parmi les 4 sociétés ayant répondu à l'appel d'offre, une avait pour "coeur de métier" la location de vélo. Il s'agit de la coopérative de production (SCOP) toulousaine Movimento. En charge actuellement de la gestion de locations "humaines" au Capitole et au Port St Sauveur, elle a développé un système de location automatisée "LISA" qui n' a rien à envier à Cyclocity. Basée sur les principes de l'économie sociale et solidaire, elle ne travaille qu'avec des PME locales (ses vélos son fabriqués à St Gaudens par exemple) dans un but d'insertion professionnelle. Sur un plan financier, il est évident qu'elle ne peut résister au mastodonte qui tire ses recettes de la publicité et dont les actionnaires court-termistes n'ont sans doute pas les mêmes logiques qu'une coopérative toulousaine. Il est regrettable que le choix se soit fait sur des critères uniquement financiers.

Business, publicité, multinationale, le cycliste urbain peut-il se retrouver longtemps dans cette conception du vélo ? La réponse semble évidente... Et encore faudrait-il parler de tous les cyclistes toulousains... Les vélos stations se font en effet rares passés les boulevards. Une fois encore, si l'hypercentre est suréquipé, les quartiers sont laissés en proie à la jungle automobile.

Dessin : Cabu dans Le Canard Enchaîné

par Sébastien publié dans : Transport créer un trackback ajouter un commentaire
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Samedi 10 novembre 2007
paris-sens-inter1.jpgLa route est un lieu public où se côtoient différents usagers. Misà part les véhicules de secours et de Police, nul n' a priorité sur l'autre. Les cyclistes sont donc en théorie des utilisateurs de la voie publique à part entière, ils y ont des devoirs mais aussi des droits.
Toutefois, les droits spécifiques des cyclistes ne sont pas très nombreux. Les conducteurs de vélo ont, par exemple, "le droit" de se faire doubler à une distance minimum (1m en agglomération et 1,5m en dehors). Ils ont également le droit de rouler à 2 de front, quand il fait jour. L'article R 431-7 du code de la route stipule en effet que "les conducteurs de cycles à deux roues sans remorque ni side-car ne doivent jamais rouler à plus de deux de front sur la chaussée.  Ils doivent se mettre en file simple dès la chute du jour et dans tous les cas où les conditions de la circulation l'exigent, notamment lorsqu'un véhicule voulant les dépasser annonce son approche.
En règle générale je me fais remettre en place lorsque je mets en pratique cette situation. On me reproche, parfois accompagné de quelques insultes, de ne pas respecter le code de la route. 
Je décide donc d'aller jeter un oeil dans les ouvrages d'apprentissage de ce code. Pour cela, il me faut bien entendu aller au rayon des livres sur l'automobile. Je tombe sur l'édition Michelin version 2008. Le constructeur de pneus anticipe pour l'an prochain, mais si la mesure la plus consensuelle du Grenelle, la réduction de 10km/h des vitesses maximum, est adoptée, ilva devoir rééditer !
Bref, je cherche avec difficulté les rubriques traitant des bicyclettes. Il faut aller dans la catégorie "autres usagers".
Voilà ce qui est écrit :"Les 2 roues sont instables et fragiles. Les vélos (...) sont utilisés par des enfants, des adolescents, parfois par des personnes âgées. Ces utilisateurs connaissent parfois mal le code de la route et il faut s'attendre à certains comportements inconscients ou dangereux :
- non-respect des signaux
- non-respect des règles de priorité
- écarts sans avertir, sans contrôler.
Ils ont tendance à se faufiler entre les voitures et à dépasser par la droite."

Je feuillette un peu l'ouvrage,  peut-être y lirai-je de tels commentaires réducteurs sur les automobilistes ou des mises en garde du genre " la voiture pollue la planète, elle est dangereuse pour les piétons et les cyclistes, paralyse lescentres-villes, est à l'origine de 5000 morts par an en France et contribue fortement au réchauffement climatique. Ne l'utilisez qu'en cas de nécessité absolue, lorsque l'utilisation d'un autre mode doux ou collectif n'est pas possible".

Si preuve il fallait, le code de la route a été fait pour les automobiles. Le cycliste est encore perçu comme un être marginal, en marge, un obstacle gênant voire un danger sur la route.  Il est grand temps qu'il soit réellement reconnu et traité comme tel et donc que ses droits soient améliorés, en particulier en ville avec un vrai code de la rue pour que celle-ci lui soit enfin rendue.


En attendant, voici le manifeste des sans-voie "irresponsables" de Vélorution que j'ai signé : 

"
Des centaines de milliers de cyclistes roulent au quotidien dans les rues des villes françaises. Ils et elles le font dans des conditions dangereuses parce que les véhicules motorisés se sont accaparé la rue, avec le soutien des pouvoirs publics et au mépris des usagers de la voirie les plus vulnérables.

Alors oui, pour essayer de devancer la meute motorisée (son bruit, ses odeurs...), il arrive aux cyclistes de passer au rouge, comme le fait n'importe quel piéton ; et alors oui, il leur arrive aussi de prendre un sens interdit, parce qu'il est moins dangereux de croiser une voiture ou une moto que de se faire doubler par elles. Mais, au nom d'un code de la route qui n'a été conçu que pour les véhicules motorisés, l'autorité publique ne trouve rien de mieux que de sanctionner ces cyclistes, au prix fort.

Je déclare que je suis l'un-e de ces cyclistes : légitime, mais illégal-e (du moins en France). Je déclare avoir brûlé un feu, avoir pris un sens interdit. Je déclare que, pour ma sécurité, je continuerai à le faire, dans le respect absolu des piétons et sans gêner les autres usagers, tant que n'aura pas été mis en place le code de la rue que nous réclamons."

 

par Sébastien publié dans : Transport créer un trackback ajouter un commentaire
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Mardi 25 septembre 2007
Voilà une initiative intéressante que j'avais remarquée il y a quelque temps sur le web et initiée par l'association Périféerique : rendre le périphérique (de Paris en l'occurrence), une journée par an, aux modes de transport doux : vélo, marche, roller. Action symbolique, sympathique, originale, écologique, de réappropriation citoyenne de l'espace public. Pour l'instant l'Etat, par l'intermédiaire de son représentant le Préfet, ne veut rien savoir.
Et si ce n'était qu'une manière de s'habituer à utiliser les rocades à vélo quand le pétrole sera devenu cher et rare ? Rêvons un peu avec leur clip...

Une telle initiative pourrait être imaginée dans toutes les villes possédant des rocades, soit un bon nombre de grandes villes. Je pense évidemment à Toulouse et sa fameuse rocade qu'un hypothétique grand contournement autoroutier viendrait soulager aux heures de pointe. On peut toujours rêver ou plutôt cauchemarder !

A propos du périphérique toulousain, il va repasser à 110 km/h le 2 octobre. Depuis 2006, la vitesse maximum les mois de juin à septembre est en effet abaissée à 90 km/h. Alors que Bordeaux est définitivement passé à 90 km/h, tout comme Nantes ou Strasbourg et quand Paris ou Lyon parlent de 70 km/h, la préfecture s'obstine à ne pas vouloir pérenniser cette diminution alors qu'elle souligne les très bons résultats de cette mesure : -10.1% de consommation de carburant soit la même proportion de CO2 rejeté en moins (4500 T en 2 mois). -10.9% de rejets d'oxydes d'azote (NOx), -9% de composés organiques volatiles (COV), -18.4% de particules en suspension.

- -
Mise à jour du 26/09 : le préfet a annoncé hier la limitation définitive du périph' à 90km/h. Je suis en retard sur l'info mais le site de la préfecture n'en faisait pas état...
- -

tabPériféerique fait également la promotion du vélo sur Paris à l'image de l'association Vélo à Toulouse. A l'occasion de la semaine européenne de la mobilité "Bougeons autrement", ils ont ainsi montré que le vélo est plus rapide que la voiture dans la capitale. La manière m'a particulièrement plu : originalité, humour, interpellation des élus, bonne visibilité. Ils ont imaginé Notre Président Sarkozy partir de l'Elysée pour son célèbre footing au bois de Boulogne, en passant chercher le premier ministre, M. Fillon à Matignon. 10 km. Le test se fera donc à 17h30 en voiture et en vélo en respectant le code de la route (vitesse, feux). Les résultats sont présentés dans le tableau ci-contre.

Par la suite, ils calculent la vitesse réelle selon Ivan illich, c'est-à-dire la distance parcourue rapportée au temps de déplacement + temps de travail nécessaire pour payer le moyen de transport. Le vélo irait ainsi à 14 km/h alors que la voiture 8 km/h. Pour ma part, j'ai refait ce calcul sur l'année avec les chiffres du tableau, je trouve une vitesse réelle à vélo de 15.7 km/h et en voiture de 8.4 km/h.

Pourquoi ne pas imaginer une telle expérience à Toulouse ?
par Sébastien publié dans : Transport créer un trackback ajouter un commentaire
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Jeudi 22 février 2007
Voilà le chiffre qui  m'a marqué la semaine dernière : 500 millions d'euros. D'un côté il s'agit d'EDF qui annonce cette somme investie sur 5 ans pour remettre à niveau ses barrages hydroélectriques et de l'autre l'emprunt envisagé par la région Midi-Pyrénées sur 50 ans pour sauver le réseau ferré secondaire régional. Rien de bien positif dans cela, plutôt du très négatif.

EDF annonce donc des profits records (5.6 milliards d'euros de bénéfices nets en 2006) alors qu'un rapport confidentiel révélé par le magazine Capital indique que près de 50% du parc des retenues hydrolectriques françaises est en mauvais voire très mauvais état. Pendant ce temps, la firme publique focalise sur l'EPR de Flamanville (à ce sujet un récent rapport anglais indique la potentielle dangerosité de cette nouvelle génération de centrales nucléaires). Je n'ose même pas imaginer l'investissement quand cette entreprise sera privatisée... EDF, comme beaucoup, se gosse avec le développement durable depuis une dizaine d'année, durée depuis laquelle EDF n'investit plus dans le renouvelable hydroélectrique...

Côté Midi-Pyrénées, l'Etat à travers RFF (Réseau Ferré de France) abandonne les voies ferrées secondaires type Toulouse-Auch. Les trains ne peuvent y circuler à plus de 30km/h sur certains tronçons ! Pas d'investissement ce qui veut dire pas de volonté politique de la part de l'Etat sur les transports moins polluants. La région va donc faire un emprunt de 500 millions d'euros sur 50 ans qu'elle remboursera en partie grâce aux recettes de la TIPP (1.1 centime par litre de super et 0.79 pour le gazole - partie de la taxe revenant à la région depuis cette année). Là encore je n'ose pas imaginer l'état du réseau si tout cela était privatisé.

Pendant ce temps, on nous parle de grand contournement autoroutier à Toulouse et Bordeaux "inventons la rocade du 21°siècle" précise même Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse. Le TGV à Toulouse sera pour 2016 (pour les parisiens qui liront ce blog, il n'y pas de ligne grande vitesse jusqu'à Toulouse, il faut 5h30 de train et plus de 63% de ce trajet se fait en avion).

Puisqu'on parle transport, le moment est bien choisit de publier quelques statistiques en Midi-Pyrénées fournies par l'ORT.

  Chiffre 2005 Evolution 2000/2005 Evolution 2004/2005
Réseau routier (autoroutes + RN+RD) 33434 km - -
Autoroutes 653 km en 2004 2000/2004 : + 30% -
Voies ferrées
1709 km (44.7% électrifiées)
-
-
Passages aux péages (13 plus gros péages) 20040/jour  dont 1916 poids-lourds (9.6%) 2001/2005 : + 32.2% (+ 22.7% PL) + 2.4% (+ 2.1% PL)
Voitures particulières 1 443 363 + 8.1% + 0.2%
Voyageurs en avion 6 441 000 dont 2 992 000 avec Paris + 9.2% + 4.1%
Voyageurs en train 12 673 392 dont 1 779 949 avec Paris + 11.9% + 3.8%
Voyageurs TER 492 558 + 9.4% +1.9%
Marchandises route 131 187 000 T (95.2% des marchandises transportées) + 14.2% - 3.7%
Marchandises par fer 4 818 000 T (4.1% des marchandises transportées) -28.6% -11%
Marchandises par air 43 000 T +30.3% + 6.5%

Les derniers chiffres pour la route : 1 voiture pour 1.9 habitants. Quand la population augmente de 8% en 15 ans, le nombre de voiture croit de 15% soit 2 fois plus vite ! Le transport représente 31% des émissions de CO2 de la région.

photo : gare Matabiau à Toulouse
par Sébastien Bosvieux publié dans : Transport créer un trackback ajouter un commentaire
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Lundi 5 février 2007
Tous les matins au café le problème de la saturation de la rocade toulousaine est inévitablement abordé. La plupart de mes collègues vont, seuls, dans leur (parfois grosse) voiture au travail. Imaginez 8 m3 pesant plus d'une tonne pour une personne, à multiplier donc par des centaines de milliers et la quantité d'énergie et donc de CO2 que tout cela entraîne (ou plutôt on ne peut même pas l'imaginer tellement ça doit être monstrueux). Vivement la seconde rocade, telle est parfois la conclusion... Bref, les trajets domicile-travail représentent un poste très important d'émission de gaz à effet de serre.

Construire toujours de routes est-il la solution ? Encourager l'utilisation des transports en commun pour ce type de déplacement est peut-être plus bénéfique pour l'environnement. Leur utilisation reste pourtant marginale car c'est moins souple, il n'y a pas d'arrêt devant chaque lotissement (et il n'y a pas de logique intercommunale d'urbanisme...), il y des retards, les enfants à amener à l'école, les courses à aller faire à Carrefour au retour, ça sent mauvais, c'est bondé, etc, etc... les solutions font vite place aux excuses quand il n'y a pas la volonté.

Depuis la loi du 4 août 1982, l'employeur (public ou privé) doit participer aux abonnements de tels déplacements en région parisienne, à hauteur de 50%. En province rien...

Le 13 décembre 2000, une nouvelle loi dite loi SRU (solidarité et renouvellement urbain, article 109) permet de rajouter un article dans la précédente loi prévoyant la même chose en province à une différence près, le doit est remplacé par peut, sans niveau de participation minimum.

Le 30 décembre 2006, une nouvelle loi  (article 69) vient à nouveau compléter celle de 82 en introduisant le chèque-transport. Celui-ci, non obligatoire, permet aux employeurs de participer (contre exonération de charges sociales) au paiement de chèques-transport qu'ils mettent à la disposition de leurs salariés. Ceux-ci les utilisent pour se payer le transport en commun (donc ceux qui habitent tout proche de Toulouse) ou, si leur domicile n'est pas dans le périmètre de transport urbain ou que leurs horaires ne leur permettent de les utiliser, pour acheter du carburant.

Dans la fonction publique (personnels de l'Etat et des établissements administratifs publics de l'Etat, dont je fais partie), un décret d'application de la loi SRU de 2000 vient de sortir le 22 décembre dernier et précise la participation de l'employeur en province. Ouf... enfin !!! depuis le temps qu'on attendait cela !!! L'Etat avait même lancé une expérimentation de la loi, une fois celle-ci publiée et les établissements n'avaient pas le droit d'appliquer la loi d'eux-mêmes...
Avec l'arrivée de la seconde ligne de métro à Toulouse le 30 juin cela tombe à pic. Les abonnements mensuels et annuels seront donc pris en charge à hauteur de 50% dans la limite de 53 euros (si mes souvenirs sont bons).
Ainsi, quelqu'un qui est desservi par le réseau Tisséo peut souscrire un abonnement annuel qui lui revient à 157€ (ou mensuel à 17€) lui donnant droit à des trajets illimités sur toute l'agglo toulousaine (même hors déplacement domicile-travail).
Autre exemple de tarif, une personne qui habite à 35 km de Toulouse va payer seulement 30€ par mois. La personne qui habite Muret déboursera 21€, Montauban 41€. Réduction de 70% par rapport à la voiture !!! Rappelons qu'il y a une gare à 200m de mon lieu de travail.

Ceux qui cherchent à se loger auront tout intérêt à intégrer dans leur choix la proximité d'une gare ou d'une ligne de transport en commun. Le chèque-transport est en ce sens plus pervers car il n'incite pas à ce choix de lieu de vie. Au contraire, les inconditionnels de la voiture auront tout intérêt à ne pas être desservis car ils n'auraient pas droit au chèque-transport carburant.

Les réactions à la machine à café sont extrêmement positives puisque des personnes plutôt accros à leur voiture vont l'abandonner pour cette raison. L'argent le nerf de la guerre, c'est donc un critère essentiel pour faire changer les habitudes. Compter sur une prise de conscience écologique ne suffit malheureusement pas.
Seul bémol, certains ne voudront pas en bénéficier car les frais réels sur la feuille d'imposition resteraient plus intéressants, disons prendre les transports en commun et déclarer prendre la voiture reste plus intéressant...

A quand une réduction d'impôts pour ceux qui vont travailler en vélo ou à pied ? Là, le parking à vélo exploserait, déjà qu'il est de plus en plus plein !!!

Photo : Jérôme Bonato http://jerobonato.free.fr/ - le 38 qui dessert mon lieu de travail
par Sébastien Bosvieux publié dans : Transport créer un trackback ajouter un commentaire
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