Voici un article que j'ai publié sur le
site web de l'association Toulouse Vélo. Je ferai juste un ajout : munissez-vous d'un marqueur, laissez libre court à votre imagination,
votre humour... la zone blanche sous la pub attend vos jeux de mots et autres protestations anti-pub !!
Toulouse a franchi le pas du vélo en libre service. Pour ne ne pas rester ringarde face à Paris ou Lyon elle s'est donc équipée d'un système de location entièrement
automatique. Les VélôToulouse gris et rouges ont envahi la ville rose depuis le 16 novembre et cela va s'accentuer puisque le système va s'étoffer pour atteindre à terme 2400 bicyclettes
réparties sur 253 stations. Que du bonheur... ou presque.
On ne pourra que se réjouir que ces stations soient installées à la place de stationnements automobiles, tout un symbole, comme une espèce de passation de pouvoir. La voiture a vécu, elle aura
épuisé tout notre pétrole en moins de 200 ans. Finalement le vélo précédait la voiture, il lui succèdera !
Principal avantage, l'envolée du nombre de vélos augmentera automatiquement la part modale du vélo (dans l'hypercentre) et contribuera à modifier le rapport de force
vélo-auto. En effet, l'expérience montre que plus il y a de vélos, meilleure est la cohabitation, les uns ayant l'habitude des autres. Et puis les cultures changent petit à petit, le vélo appelle
le vélo !
D'autre part, le partage des vélos est une idée intéressante. Le monde de rareté dans lequel nous rentrons par l'épuisement des ressources naturelles nous obligera à
moins posséder et à davantage partager. Ainsi, lors des premiers jours de fonctionnement du système, un VélôToulouse était emprunté en moyenne 4 fois par jour. En rythme de croisière, ce chiffre
se monte à près de 6 pour un Vélib' parisien et même plus de 7 pour un VéloV' lyonnais.
VélôToulouse, idyllique ?
Vélo est évidemment synonyme de liberté et d'écologie. Et là, le tableau s'assombrit. Cyclocity, nom de ce système de location, est exploité par JCDecaux, multinationale leader mondial
de l'affichage publicitaire. Or la publicité est bien l'antithèse de la liberté. Elle provoque l'asservissement mental des consommateurs, les manipule plus ou moins subtilement pour leur voler
leur liberté de consomm'acteurs et leur créer des besoins afin de les faire consommer toujours plus, cette surconsommation qui fait que 20% des habitants de la planète consomment 80% de
ses ressources. Bref, à la pollution écologique des sucettes éclairées toute la nuit avec défilement des pubs s'ajoute la pollution mentale des pubs
elles-mêmes.
La publicité est en effet le fond de commerce de la dynastie Decaux qui ne souhaite absolument pas diversifier son activité vers le cycle mais utilise les vélos partagés pour imposer
toujours plus de publicité ; à la fois directement en insérant de la publicité à chaque vélostation et, une première à Toulouse, sur chaque vélo mais aussi indirectement en proposant
son service quasi gratuitement à la collectivité, en contrepartie du très juteux marché du mobilier urbain et de l'affichage publicitaire qui va avec (comme à Paris ou à Lyon). Toulouse
a pour sa part décidé de séparer les marchés de vélos en libre service et mobilier urbain.
Les deux leaders mondiaux de l'affichage publicitaire, JC Decaux et l'Américain Clear Channel se tirent la bourre sur tous les marchés de mobilier urbain et par conséquence sur les marchés de
vélos en livre service. A Toulouse, l'appel d'offre initial passé en 2006 a été annulé pour "motif d'intérêt général" puis relancé en 2007 à l'issue duquel JCDecaux a été choisi en juin. Si
les deux leaders ne pouvaient proposer contractuellement ce service gratuitement en échange du marché mobilier urbain, ce dernier trône en arrière plab des discussions. L'exploitation
des 630 abribus (mot propriété de... JCDecaux) et autres 490 panneaux d'affichage est en attente d'attribution depuis près de 3 ans suite à la guerre féroce que se livrent ces deux là. Rappelons que JCDecaux
est installé depuis 1973 à Toulouse et ne souhaite pas en bouger... Il n'est donc pas étonnant qu'il se soit appliqué à mettre une main sur les vélos pour essayer de garder l'autre sur
l'affichage publicitaire.
La mairie paye à l'afficheur publicitaire la coquette somme de 4.188.300 € HT par an pendant 15 ans, plus une redevance proportionnelle au taux de rotation journalier des vélos. En échange elle
reçoit les recettes des locations. JC Decaux se rémunère également sur les recettes de l'abonnement (qui est élevé : 25€/an et 5€/semaine contre 5€/an et 1€/semaine à Marseille ou Lyon, même
système même opérateur... sans publicité sur le vélo). Le service coûte donc environ 1745€/vélo/an à la mairie.
A qui profite la publicité sur les stations et les vélos ?
Pas à l'utilisateur car le prix d'accès au service est relativement élevé comparé à un service similaire dans d'autres villes (Lyon, Marseille, Orléans, Rennes...). A la mairie ? Elle touche
en tout et pour tout une redevance de 100€ par an pour chaque sucette (une par station) soit 25300 €/an... soir 0.6% de ce qu'elle paye à JCDecaux. Il ne reste donc que JCDecaux lui-même.
Les contrats qu'il passe avec ses clients sont bien évidemment secrets, en particulier celui qui le lie pendant un an avec la banque chinoise qui s'affiche sur chaque vélo. Les VélôToulouse sont
en effet les seuls vélos du genre avec de la publicité. La délibération du conseil municipal qui établit les rémunérations ne prévoit pas cette forme de publicité et donc pas les
redevances logiques qui vont avec . Manquerait plus que ces publicités fassent la promotion de bagnoles !
Le marché toulousain du vélo en libre service avait une autre particularité. Parmi les 4 sociétés ayant répondu à l'appel d'offre, une avait pour "coeur de métier" la location de vélo. Il s'agit
de la coopérative de production (SCOP) toulousaine Movimento. En charge actuellement de la gestion de locations "humaines" au Capitole et au Port St Sauveur, elle a développé un
système de location automatisée "LISA" qui n' a rien à envier à Cyclocity. Basée sur les principes de l'économie sociale et solidaire, elle ne travaille qu'avec des PME locales (ses vélos son
fabriqués à St Gaudens par exemple) dans un but d'insertion professionnelle. Sur un plan financier, il est évident qu'elle ne peut résister au mastodonte qui tire ses recettes de la publicité et
dont les actionnaires court-termistes n'ont sans doute pas les mêmes logiques qu'une coopérative toulousaine. Il est regrettable que le choix se soit fait sur des critères uniquement
financiers.
Business, publicité, multinationale, le cycliste urbain peut-il se retrouver longtemps dans cette conception du vélo ? La réponse semble évidente... Et encore faudrait-il parler de tous les
cyclistes toulousains... Les vélos stations se font en effet rares passés les boulevards. Une fois encore, si l'hypercentre est suréquipé, les quartiers sont laissés en proie à la jungle
automobile.
Dessin : Cabu dans Le Canard Enchaîné
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La route est un lieu public où
se côtoient différents usagers. Mi
Périféerique fait également la promotion du vélo sur Paris à
l'image de
Voilà le chiffre qui m'a marqué la semaine dernière : 500 millions
d'euros. D'un côté il s'agit d'
Dans la fonction publique (personnels de l'Etat et des
établissements administratifs publics de l'Etat, dont je fais partie), 






