Tous les matins au café le problème de la
saturation de la rocade toulousaine est inévitablement abordé. La plupart de mes collègues vont, seuls, dans leur
(parfois grosse) voiture au travail. Imaginez 8 m
3 pesant plus d'une tonne pour une personne, à multiplier donc par des centaines de milliers et la quantité d'énergie et donc de
CO
2 que tout cela entraîne (ou plutôt on ne peut même pas l'imaginer tellement ça doit être monstrueux). Vivement la
seconde rocade, telle est
parfois la conclusion... Bref, les trajets domicile-travail représentent un poste très important d'émission de gaz à effet de serre.
Construire toujours de routes est-il la solution ? Encourager l'utilisation des
transports en commun pour ce type de déplacement est peut-être plus bénéfique
pour l'environnement. Leur utilisation reste pourtant marginale car c'est moins souple, il n'y a pas d'arrêt devant chaque lotissement (et il n'y a pas de logique intercommunale d'urbanisme...), il
y des retards, les enfants à amener à l'école, les courses à aller faire à Carrefour au retour, ça sent mauvais, c'est bondé, etc, etc... les solutions font vite place aux excuses quand il n'y a
pas la volonté.
Depuis
la loi du 4 août 1982, l'employeur (public ou privé) doit
participer aux abonnements de tels déplacements en
région parisienne, à hauteur de 50%. En province rien...
Le
13 décembre 2000, une nouvelle loi dite
loi SRU (solidarité et
renouvellement urbain, article 109) permet de rajouter un article dans la précédente loi prévoyant la même chose en province à une différence près, le
doit
est remplacé par
peut, sans niveau de participation minimum
.
Le 30 décembre 2006, une
nouvelle loi (article 69) vient à nouveau compléter celle de 82 en introduisant le
chèque-transport. Celui-ci, non obligatoire, permet aux
employeurs de participer (contre exonération de charges sociales) au paiement de chèques-transport qu'ils mettent à la disposition de leurs salariés. Ceux-ci les utilisent pour se payer le
transport en commun (donc ceux qui habitent tout proche de Toulouse) ou, si leur domicile n'est pas dans le périmètre de transport urbain ou que leurs horaires ne leur permettent de les utiliser,
pour
acheter du carburant.

Dans la fonction publique (personnels de l'Etat et des
établissements administratifs publics de l'Etat, dont je fais partie),
un décret d'application de la loi SRU de
2000 vient de sortir le 22 décembre dernier et précise la participation de l'employeur en province. Ouf... enfin !!! depuis le temps qu'on attendait cela !!! L'Etat avait même lancé une
expérimentation de la loi, une fois celle-ci publiée et les établissements n'avaient pas le droit d'appliquer la loi d'eux-mêmes...
Avec l'arrivée de la seconde ligne de métro à Toulouse le 30 juin cela tombe à pic. Les abonnements mensuels et annuels seront donc pris en charge à hauteur de 50% dans la limite de 53 euros (si
mes souvenirs sont bons).
Ainsi, quelqu'un qui est desservi par le réseau Tisséo peut souscrire un abonnement annuel qui lui revient à 157€ (ou mensuel à 17€) lui donnant droit à des trajets illimités sur toute l'agglo
toulousaine (même hors déplacement domicile-travail).
Autre exemple de tarif, une personne qui habite à 35 km de Toulouse va payer seulement 30€ par mois. La personne qui habite Muret déboursera 21€, Montauban 41€. Réduction de
70% par rapport à la voiture !!! Rappelons qu'il y a une gare à 200m de mon lieu de travail.
Ceux qui cherchent à se loger auront tout intérêt à
intégrer dans leur choix la proximité d'une gare ou d'une ligne de transport en commun. Le
chèque-transport est en ce sens plus pervers car il n'incite pas à ce choix de lieu de vie. Au contraire, les inconditionnels de la voiture auront tout intérêt à ne pas être desservis car ils
n'auraient pas droit au chèque-transport carburant.
Les réactions à la machine à café sont extrêmement positives puisque des personnes plutôt accros à leur voiture vont l'abandonner pour cette raison.
L'argent le
nerf de la guerre, c'est donc un critère essentiel pour faire changer les habitudes. Compter sur une prise de conscience écologique ne suffit malheureusement pas.
Seul bémol, certains ne voudront pas en bénéficier car les frais réels sur la feuille d'imposition resteraient plus intéressants, disons prendre les transports en commun et déclarer prendre la
voiture reste plus intéressant...
A quand une
réduction d'impôts pour ceux qui vont travailler en vélo ou à pied ? Là, le parking à vélo exploserait, déjà qu'il est de plus en plus plein
!!!
Photo : Jérôme Bonato http://jerobonato.free.fr/ - le 38 qui dessert mon lieu de travail