
Je viens de réaliser que cette semaine se déroulait la
semaine de la mobilité. Quelle belle façon de la débuter par un
week-end à Marseille !! Je suis donc aller courir une cyclosportive (les Bosses du 13, course cycliste de masse pour les non-initiés) autour de la cité Phocéenne. N'importe qui aurait mis son vélo dans sa voiture et serait parti tranquillement par l'autoroute. Pour ma part pas de véhicules à pétrole (sauf quelques kilomètres en bus samedi soir...) mais
peu de gens peuvent comprendre ça.
Je suis parti de chez moi sur mon vélo de course et sur mon dos se trouvait mon gros sac à dos, gros parce que s'y trouvait... la housse du vélo. A la gare il a suffit de
mettre le vélo dans la housse et le tour était joué. Considéré comme un bagage standard, donc pas de surtaxe, il se place sur la plateforme prévue à cette effet et présente dans chaque wagon. A Marseille, opération inverse et direction Mazargues sur le vélo (je logeais là, près du départ/arrivée).
Et c'est là où les choses se compliquent. On dit que le vélo c'est galère à Toulouse... c'est ne pas connaître Marseille. Il est déjà
très rare d'y voir des vélos. Beaucoup de scooters en revanche. Les rues sont très larges, à plusieurs voies, des ronds points très difficiles à négocier à vélo quand on ne prend pas la première sortie. Les conducteurs y sont nerveux, pressés. Il faut dire aussi que
Marseille est une ville où le paraître est primordial, d'où l'utilité de la frime, des 4X4, de la vitesse, des imprudences et le tempérament méditerranéen doit inciter à dépasser les interdits ! J'ai ressenti une oppression perpétuelle des automobiles par leur bruit et leur agressivité.
Pour ne rien arranger, les pistes cyclables sont rares et quand elles existent, elles sont discontinues voire ignorées. Pour l'anecdote, je redescendais le boulevard Michelet et la piste, sur trottoir côté gauche, s'arrête nette. Je demande alors à une dame si cette piste reprend plus loin, elle me répond que non. Je lui dis alors "
c'est galère le vélo à Marseille", elle d'acquiescer "
ça fait quelques temps que je ne fais plus de vélo en ville".
Les couloirs de bus sont également interdits aux cyclistes (les chauffeurs le font vite comprendre !!). Quant aux panneaux de signalisation, ils s'adressent exclusivement aux bagnolles. Par exemple ce matin en retournant à la gare j'ai suivi "centre ville" mais la route me conduisait sur une voie rapide. J'ai donc du improviser pour trouver mon chemin... Bref,
peureux et maladroits à vélo s'abstenir, Marseille est une ville pour la bagnolle.Pourtant c'est une entière satisfaction que cette expérience, j'ai enfin pû t
rouver une solution à ma frustation d'aller faire des courses de vélo... en voiture, pourvoir mêler ma passion du vélo sportif, mon attachement au vélo en ville, le plaisir du train et son impact polluant bien moindre que la voiture ainsi qu'un tarif imbattable (52€ A/R). Se passer de sa voiture c'est possible mais il ne faut pas avoir craindre la vie en collectivité.
Photo : voie de bus sur la Canebière, on y voit de tout... sauf des vélos !