
A l'issue du déjeuner, ma mère me demande sans trop savoir si
j'allais faire un col en guise de sortie cycliste dominicale. D'ordinaire, à cette période, il faut prévoir un équipement très chaud. La montagne attend en général mars pour rencontrer des
vélos gravir ses pentes. Et bien j'ai décidé de faire un (petit) col : les Ares (798m). La douceur est tellement impressionnante que je ne vais pas me refuser ce plaisir. Même la dame de la météo
dans la petite lucarne a dit qu'il avait fait
15°C à Superbagnères.
Je pars donc de St-Gaudens, ville située en surplomb de la vallée de la Garonne, au pied des Pyrénées. Cette situation, exacerbée par une splendide vue sur la montagne, fait qu'il y a pas mal de
4X4 (pourtant ce n'est pas une ville riche, peu d'emplois aux salaires mirobolants...). Je suis rapidement impressionné par le nombre de pubs pour les voitures au bord de la route. L'une d'elle
retient mon attention : un 4X4 est garé en créneau entre deux éléphants. Un slogan apparaît en bas "
Pour les accros de la ville". Voilà qui m'énerve. Alors que les 4X4 sont
largement dénoncés dans les villes, les constructeurs, Volkswagen en l'occurrence qui se vante en parallèle d'être vertueux sur le plan écologique, utilisent l'argument du 4X4 en ville.
Quelques dizaines de minutes plus loin, je me retrouve sur la route du col des Ares, juste en bas de la montagne emblématique du Comminges : le Cagire. Il se dresse devant moi, face nord du haut
de ses 1912m. Et bien
il n'y a pratiquement pas de neige, c'en est effrayant en janvier, je n'avais jamais vu cela. Ce sommet paraît tel qu'il est habituellement au mois de mai
quand les dernières neiges offrent d'ultimes reflets blancs. Je me remémore aussitôt cette publicité pour le 4X4.
Pour moi le lien de cause à effet est évident.
L'Humain est pourtant un génie. Mais comment peut-il se voiler la face de la sorte ? Qu'est-ce qui fera changer nos habitudes et notre inconscience ? Je repense à
la grenouille du film
d'Al Gore. Plongée dans de l'eau bouillante, elle a le réflexe de sauter immédiatement pour fuir. En revanche, plongée dans le l'eau froide, elle ne bouge pas malgré le réchauffement
progressif de l'eau. La planète commence à sérieusement chauffer et nous ne bougeons pas.
Sur cette réflexion pessimiste, je tombe sur une publicité sur internet. Voici le

début :
"LE JOUR OÙ LE MONDE SE RETROUVERA À COURT D'ÉNERGIE
Restez les bras croisés et perdez tout...
... ou agissez AUJOURD'HUI... (...)
La suite ici
On remarquera tout de même une explication du pic pétrolier et quelques
chiffres intéressants même si aucune source n'apparait.
Toutefois nous atteignons des sommets en matière de cynisme. Est-ce cela aussi le génie humain ? Comment ne pas craindre pour l'avenir de l'Humanité avec de tels comportements qui, je le crains,
ne sont pas isolés ?