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Je viens de voir deux très bons films au cinéma : "It's a free world" et "Paysages manufacturés". Tous deux traitent de la mondialisation libérale et de ces
effets néfastes sur l'homme et l'environnement.
Paysages Manufacturés est un documentaire canadien qui me fait penser à "Notre pain quotidien"
dans le sens où il nous livre de très belles images de la laideur. Une grande partie des scènes prend place en Chine pour y montrer une usine monstrueuse qui fabrique des
fers à repasser et qui emploie des milliers de jeunes Chinois ou ses énormes amas de déchets électronqiues (nos ordinateurs entre autres) décortiqués dans des conditions indignes. Le
barrage des Trois Gorges est également traité, lui aussi extrêment impactant pour la nature et l'Homme. Le réalisateur, photographe à la base, montre ainsi comment l'humain a façonner son habitat
et l'a déshummaisé. Le propos ne se veut pas spécialement anti-libéral avec des revendications politiques mais montre de manière iconoclaste comment nous fonctionnons sur
cette Terre.
Chacun est mis devant ses responsabilités sans moralisation. Les fers à repasser sont en effet pour nous, les ordinateurs usagers sont les notres. Nos achats ici détruisent
l'environnement et les gens là-bas.
J'ai perçu une objection à la croissance dans ce film, en particulier avec la séquence sur le pic pétrolier. Ce n'est pas un film qui explique et donne des solutions comme celui de Al Gore mais
c'est un film qui montre sans démontrer. Certains seront d'ailleurs certainement émerveillés devant le gigantisme de certaines industries présentées.
PAYSAGES MANUFACTURES
envoyé par aooay
It's a free world est une fiction réalisée par Ken Loach. Celui-ci ne cache pas ses idées de gauche (le titre n'est pas neutre) et nous offre un cinéma engagé et fort. Le
thème est le travail des immigrés. Comment des cabinets de recrutement embauchent des travailleurs de l'Est pour des petits jobs à la journée en Angleterre. Issues de récits réels de ces
immigrés, les scènes présentent la paupérisation des travailleurs, les ravages de la flexibilité du code du travail (pronons bonnes notes à l'heure du démentellement du code du
travail).
Toutefois, le personnage central n'est pas un travailleur pauvre mais leur employeur, une jeune femme un peu paumée, qui s'improvise patron. Et c'est là la force du film, il n'est pas
manichéen sur le capitalisme : les méchants exploitants d'un côté et les gentils exploités de l'autre. Cette chef d'entreprise galère elle aussi, a une situation familiale fragile. Comme
tout un chacun ou plutôt bien plus fort que chacun, elle est capable du meilleur comme du pire. A la fois pleine de compassion et de dévouement pour les situations de détresse qu'elle
rencontre, elle participe à la création de ces situations, en toute connaissance de cause. Elle est donc tiraillée dans sa consience, ainsi que sa meilleure amie et co-dirigeante.
Loach dénnonce là aussi la société de consommation, la destruction des repères sociaux car cette femme sacrifie tout pour son travail et l'argent, y compris sa famille. Cette absence de dualité
gentils/méchants laisse le spectateur faire la part des choses. Bien sur il aura tranché et s'indignera des choix de la jeune femme mais n'est-il pas dans sa propre vie dans une situation
identique, même si c'est à un degré moindre ?
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