
Ma pratique de la bicyclette m'amène à
formuler quelques rappels en matière de partage de la route à l'attention des usagers d'engins à moteur.
Sachez que
la route appartient à tout le monde et que son partage doit se faire dans le respect et la courtoisie. Il n'y a pas d'usager prioritaire par la taille de son véhicule,
son poids ou sa puissance. Un vélo a autant le droit de circuler qu'une voiture, fusse-t-elle le 4X4 des aventuriers des temps modernes. Sur mon vélo
je ne dois donc pas être considéré
comme un obstacle mais comme un usager ordinaire, que je me déplace en ville ou que je fasse du sport à la campagne.
Je passe vite fait sur l'interdiction du portable et l'obligation d'indiquer ses changements de direction au moyen du clignotant. C'est la base mais les cyclistes en sont souvent
victimes. Même chose pour le stationnement sur les pistes cyclables (et les trottoirs, je suis aussi piéton...).
Article R412-19 "Lorsque des lignes longitudinales continues axiales ou séparatives de voies de circulation sont apposées sur la chaussée,
elles interdisent aux conducteurs leur
franchissement ou leur chevauchement."
Article R414-4 IV "Pour effectuer le dépassement, il doit se déporter suffisamment pour ne pas risquer de heurter l'usager qu'il veut dépasser. I
l ne doit pas en tout cas s'en approcher
latéralement à moins d'un mètre en agglomération et d'un mètre et demi hors agglomération s'il s'agit d'un véhicule à traction animale, d'un engin à deux ou à trois roues, d'un piéton,
d'un cavalier ou d'un animal."
Quand une voiture est dotée de 4 roues, d'amortisseurs et de suspensions, un vélo de route est très rigide, possède deux roues de 23 mm de large. En conséquence, un vélo ne peut pas rouler
dans les trous, sur les plaques d'égouts trop saillantes ou des obstacle tels pierres, branches, gravillons et ne peut donc garder sa ligne exactement.
Ces deux articles font qu'
il est la plupart du temps impossible de doubler quand il y a une ligne blanche. Le dépassement est en effet le point sensible de la cohabitation
véhicule à moteur/cycle. Trop souvent les conducteurs dépassent "à l'arrache", sur une ligne continue, alors qu'il y a quelqu'un en face, dans un virage, sans visibilité et alors ils rasent
immanquablement le cycliste. Les 1.5 mètres sont peu respectés.
Article R413-17 III. - "
Sa vitesse doit être réduite : 1° Lors du croisement ou du dépassement de piétons ou de cyclistes isolés ou en groupe".
Il ne faut pas faire comme au feu orange, accélérer et passer avant qu'il passe au rouge. De plus l'écart de vitesse créé un appel d'air, comme une aspiration, d'autant plus fort que la
différence de vitesse est élevée et que le volume du véhicule est important
Le point le plus sensible, les cyclistes en groupe. Qu'on se le dise,
il est autorisé de rouler à 2 de front :
Article 431-7 " Les conducteurs de cycles à deux roues sans remorque ni side-car ne doivent
jamais rouler à plus de deux de front sur la chaussée.
Ils doivent se mettre en file simple dès la chute du jour et dans tous les cas où les conditions de la circulation l'exigent, notamment lorsqu'un véhicule voulant les dépasser
annonce son approche."
Le dépassement de deux cyclistes roulant à 2 s'effectue souvent selon la procédure suivante : la voiture arrive, déboite (souvent sans se soucier de la ligne continue) dans une grande accélération
(avec fumée noire si possible), klaxonne soit en dépassant soit en déboitant pour dépasser (mais dans un cas comme dans l'autre c'est trop tard, ça fait même souvent sursauter le cycliste), frôle
les cyclistes (je soupçonne de temp en temps par vengeance avec la certitude quà 2 de front c'est interdit ) et se rabat en accélerant toujours à fond. La manoeuvre se conclue souvent par des
grands gestes du conducteur quand ce n'est pas un doigt d'honneur (auxquels je réponds par un gentil bonjour la plupart du temps).
Et oui, rouler à deux de front est autorisé et s'est d'ailleurs sympathique parce fque aire une sortie de 4 heures avec un copain et rouler l'un derrière l'autre sans pouvoir se parler c'est plutôt
morose. De toute façon, 1 ou 2 de front, la voiture doit s'assurer qu'il n'y est personne sur la voie inverse, que la signalisation l'autorise au dépassement et laisser 1.5 mètres donc à la limite
autant qu'elle est à doubler une longueur moins importante, ce sera plus rapide.
La bonne procédure devrait être celle-là. La voiture arrive, freine et donne un petit coup de klaxonne sympathique pour se signaler (le coup de klaxon d'information sympa est bref, celui de
colère est plus long et souvent répétitif). Les cyclistes de rangent si la visibilité est mauvaise ou la route étroite. La voiture dépasse si la signalisation et la visibilté sont bonnes. Pas si
compliqué et tellement moins dangereux et stressant, tant pour l'automobiliste que le cycliste...
Derniers
petits conseils de cyclistes :
- ne dépassez pas un cycliste à l'approche d'un rond-point ou d'un dos-d'âne, il les passe plus vite que vous et vous le serrerez à coup sûr (pour le rond-point s'est parfois terrible).
- avant de vouloir dépasser à tout prix dans le plus grand stress en ville, sachez que le cycliste vous dépassera au feux ou au bouchon suivant, vous n'aurez rien gagné...
- beaucoup de voitures sont très courtoises avec les motos et se serrent à leur venue, pourquoi pas avec les cyclistes ?
Photo : dépassement plus que "limite" - http://montpellier.fubicy.org
A propos de vélo en ville : Hallucinant le nombre de commentaires à 2 francs, souvent haineux et hargneux, à propos du vélo à Paris : sur cet article de Rue89
J'ajouterais : en vélo en ville, quand il n'y a pas de piste cyclable, que la route est assez étroite, je ne roule pas trop sur le bord, je prends ma place sur la route (qui est à tout le monde), sinon, la bagnole énervée me serre de très près. Du coup elle s'énerve derrière, fait vroum-vroum avec son gros moteur, puis dés qu'elle peut, me double (avec la grosse fumée dont tu parles)... puis je la retrouve au feux rouge.