
Aujourd'hui en
visitant
le site web de la préfecture de la Mayenne avec une collègue, nous avons été interpellés par un petit menu intutilé
"vous êtes..." sur la page d'accueil, sur la gauche. Il s'agit de choisir sa qualité de visiteur :
un particulier, un(e) élu(e), une femme, un jeune. Les deux
premières catégories sont plutôt classiques alors que les autres le sont un peu moins, disons qu'on se demande ce qu'elles viennent faire ici... Passons sur l'élu(e) mais explorons les autres
et voici ce qui me passe par la tête...
Le particulier.
Le particulier a entre 30 et 40 ans, est hétérosexuel, blanc, dynamique, bronzé (il revient de l'ïle Maurice car à Laval il n'y pas assez de soleil, à moins que ce soit les séances d'UV), propre
sur lui (même si la jupe de madame est un peu courte...) et semble financièrement assez à l'aise financièrement . En effet, ce couple est consommateur et ramène de nombreuses courses à la maison.
Nos jeunes tourteraux semblent se parler ou du moins penser à plein de choses à en juger par les bulles : leur nouvelle villa avec piscine est bientôt terminée. Il faudra d'ailleurs rechercher une
femme de ménage dans le quartier. Le jardin sera grand et ils s'amuserons avec les enfants. La famille c'est sacrée ! Ce sont aussi de bons citoyens. Ils ont voté pour Sarkozy aux deux tours
de la présidentielle et bien entendu ils lui donneront une assemblée forte en juin. D'ailleurs ils ont pris leur carte à l'UMP. Ils sont quand même bien en France, le pays de Marianne.
Je ne me retrouve donc pas trop dans le particulier Mayennais. Allons voir le jeune...
Le
jeune.
Le jeune est travailleur, dans le bâtiment. Il semble exercer un métier difficile sous la chaleur. Alors qu'il tape sur son burin il pense lui aussi... à sa jeunesse, quand il allait à l'école ; à
ses années lycées, nostalgique, c'était le bon temps et la rigolade. Lui reviennent aussi en tête ses petites amies (lui aussi est hétérosexuel) et les vacances sur la plage mais aussi les bancs de
la fac où le bonnet est de rigueur car, en manque d'argent , elle ne chauffe plus. Il faut dire qu'avec l'autonomisation des facs, celle de Laval n'a pas attiré les sponsors, c'est un université au
rabais. Alors il travaille pour se payer les frais d'inscription très élevés pour l'année prochaine. Il n'a pas intérêt à trop rêvasser, avec le nouveau contrat unique il peut être licencié d'un
jour à l'autre. D'ailleurs il ne sait pas tellement quand il termine ce boulot. Après tout c'est par le mérité, le labeur et le sacrifice que l'on réussi. Les feignants savent ce qu'ils leur reste
à faire.
Tout cela ne fait pas rêver... allons jeter un oeil du côté de la femme....
La
femme.
La femme est jeune, à des cheveux blonds et longs, comme sa fille. Elle s'occupe de ses deux enfants, de beaux enfants. Un garçon et une fille. Mignons comme tout, gentils, et surtout bien élevés.
Dans ce grand moment de bonheur lui viennent à la tête des images. Elle voit la bonne mère au foyer, gentille, soumise, toujours souriante, attentionnée, bonne cuisinière qui s'occupe de ses
enfants à la perfection mais qui s'emmerde.Qu'est-ce qu'on se fait chier au foyer. Pourtant elle avait fait des études en médecine et rêvait de devenir chirurgien. mais Jean-Charles l'avait
demandée en mariage à 23 ans et lui avait fait un premier enfant un an plus tard. Elle a donc arrêté ses études pour s'occuper de ses charmants enfants. Elle ne voudrait pas râter leur éducation et
qu'ils tombent dans la drogue et aient de mauvaises fréquentations. Il faut qu'ils réussissent et qu'ils soient cadre dans la banque comme papa ou chirurgien. En tout cas, elle n'envie pas les
femmes émancipées qui travaillent. Elle imagine souvent ce que pourrait être l'égalité homme-femme au travail... Finalement elle est quand même mieux à la salle de gym avec ses copines. Elle y
soigne sa ligne (en buvant Vittel) et tchache de la star' ac avec ses copines. Mais quand même, qu'est-ce qu'elle se fait chier comme femme au foyer !
Travail, famille, patrie. Mme Buccio, préfète de la Mayenne, est une bonne représentante du nouveau Sarkoland.