
L
'article d'avant-hier sur les changements positifs à Toulouse en
matière de place rendue aux piétons et cyclistes a sucisté une
réaction sur Naturavox, me reprochant de
donner une image idyllique de Toulouse en occultant , entre autre, la place de la voiture. Je suis évidemment conscient que la politique générale du tout voiture n'est pas remise en cause.
Je le soulignais en relayant les propos d'Alternatives Economiques dans un article que j'ai écrit pour le journal de l'
Association Vélo et que je publie ici avec un peu d'avance.
Alternatives Economiques publie un mensuel qui fait référence dans la presse économique. Cette SCOP (Société Coopérative
Ouvrière de Production) édite des « hors-séries pratique » très documentés et faisant une large place aux initiatives locales. En juin dernier, ce guide était consacré au développement durable dans les collectivités publiques.
L’Edito plante le décor : « à un an des prochaines élections municipales, Alternatives Economiques a enquêté dans les vingt plus grandes agglomérations de France,
interrogeant pour cela les élus, les fonctionnaires territoriaux en charge de ces dossiers et, bien entendu, des représentants d’associations. Résultat : Angers, Grenoble, Lille, Lyon,
Nantes, Rennes et Strasbourg appliquent une politique dynamique de développement durable, tenant compte à la fois des enjeux économiques, écologiques et sociaux.
En queue de peloton : Marseille, Toulouse et Toulon. »
Ce classement, qui se base sur des indicateurs tels la part modale de la voiture dans les déplacements ou le pourcentage de logements sociaux ainsi qu’un questionnaire sur les politiques mises en
œuvre envoyé aux collectivités, permet d’attribuer 5 notes qui vont de ++++ (non décerné) à –. Toulouse se voit donc décerner la plus mauvaise note.
A première vue, il est intéressant de comparer la part modale de la voiture. Quand elle s’élève à 64% dans notre agglomération, les autres de taille comparable sont plus proches des 50%.
La rédaction n’est pas tendre avec la ville rose qui « se réveille en matière de développement durable » et montre clairement du doigt l’aberration que constitue la
construction du pont sur le Canal du Midi dans le cadre de la LMSE. Naïri Nahapétian précise que « le Grand Toulouse s’obstine (…) à maintenir le projet
extrêmement controversé de « liaison multimodale Sud-Est » (…). Il s’agit d’un pont routier dont la construction a été votée par l’agglomération, malgré les réserves par la
commission d’enquête publique. Il est inscrit au plan de déplacements urbains comme prioritaire et devrait être réalisé en 2008 (…). Ce pont routier sur le canal du Midi défigurerait un
écosystème unique, alors que des solutions alternatives de transport plus respectueuses de l’environnement ont été proposées par des associations. ».
Ce projet, que l’association Vélo ainsi que Véracruz, et les Amis de la Terre dénoncent depuis
longtemps, fait actuellement l’objet d’un recours au tribunal administratif.
Voilà qui a le mérite d’être clair et qui montre bien la bivalence du Grand Toulouse. D’un côté un affichage développement durable et une démarche Agenda 21 et de l’autre cette fuite en avant
vers le toujours plus de voitures, sans véritable volonté de changement radical sur le fond. Un chiffre illustre bien ce propos : « alors que la part de la voiture dans les
modes de déplacement n’a baissé que de… 2% entre 1996 et 2004, celles de la marche à pied et des deux-roues ayant respectivement augmenté de 1% ». Pour Alternatives Economiques,
« Toulouse reste une ville où la voiture est reine ».
Photo : rocade Toulousaine (pont du Chemin de la Salade Ponsan)