
Mes vacances sont terminées depuis lundi. Mon voyage au Maroc (
photos) a donc pris fin et fut très enrichissant. J'y ai rencontré des gens très intéressants, attachants et captivants, tant dans le groupe de
Français avec qui j'ai partagé près de 10 jours, qu'au cours de mon périple, seul, à travers le Maroc et un peu l'Espagne. Le voyage par des moyens de locomotion "lents" (par rapport à l'avion)
vaut à lui seul le coup. Les rencontres y sont variées, faciles et multiples, une vision de la vraie vie, pas celle du touriste, nous est offerte, les paysages défilent à vitesse raisonnable et
laissent le temps d'admirer et d'observer.
Prendre le temps et sentir l'évolution au fil des kilomètres et des étapes n'a rien à voir avec l'avion.
C'est un peu fatiguant, il faut du temps et l'Européen toujours pressé n'en a évidemment pas ("l'homme pressé est déjà mort" nous a dit le guide dès qu'il nous a connus !). Pourtant, au retour
j'avais la crève et il y avait la grève, le train espagnol ne desservait pas le terminus prévu et le dernier train pour Toulouse était supprimé. Mais je m'en foutais, cela allait même prolonger
mon séjour et puis ce sont dans ces moments-là qu'il se passe des choses et que l'on fait des rencontres sympathiques. Je n'ai même pas ressenti dans les transports publics les "prises d'otage"
chères à TF1, RTL et compagnie. Les usagers étaient calmes et pas ouvertement hostiles et hargneux, à part quelques exceptions.
Je rentrais donc en France en période de grève et contrairement à ce que le titre peut laisser penser, dans le climat anti-grève que distille la plupart des médias, ce retour en France
n'est pas le retour dans un pays de grévistes (
voir cette excellente tribune dans Libé), de nantis, de feignants et
d'assistés. La remise en cause dans notre pays (et la plupart des pays dits riches) des
avancées sociales donc des
progrès pour l'Homme (qui résultent de
l'amélioration de la productivité), de la
solidarité, de l
'égalité,
l'intérêt général donc les
services publics sont les vrais
motifs de fond des mouvements actuels. Voilà pourquoi je n'ai pas repris le travail mardi 20 mais
me suis porté en grève et suis allé manifester à Toulouse au milieu d'un gros
cortège.
Toutefois j'ai été déçu des slogans et pancartes.
On y parlait beaucoup de pouvoir d'achat
. Je ne manifestais pas pour gagner plus (au passage, le "travailler plus pour gagner plus" se traduit dorénavant sur mon lieu de
travail par la possibilité de "racheter" 4 jours de congés) mais bien pour défendre le service public et l'intérêt général. La défense du pouvoir d'achat, que je comprends et qui est une lutte
prioritaire pour certaines catégories de personnels, me semble secondaire dans l'évolution actuelle des choses et a tendance à occulter les vrais problèmes de la fonction publique. La
volonté de gagner plus est aussi la traduction de notre mode de vie basée sur la sur-consommation, l'endettement, le matérialisme.
Cette revendication me met mal à l'aise.
Il ne faut pas que les grévistes et acteurs des mouvements sociaux adoptent les caractéristiques des anti-grèves : l'individualisme, égoïsme.
Je rentre donc en France motivé et surtout pas fataliste.
L'individualisme et le fatalisme (qui en est peut-être la conséquence) sont deux fléaux qui caractérisent notre société
et qu'il convient de combattre.
Photos : tous les billets pour 3 jours de voyage de Toulouse à Ouarzazate - le pouvoir d'achat vu sous l'angle des inégalités, pas celles des régimes de retraites mais les
vraies, celles qui se creusent (infographie Le Monde)